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Des édifices ordonnés : les cristaux

État cristallin, maille cubique simple et cubique à faces centrées, compacité, masse volumique, roches et minéraux, cristaux dans le vivant (programme d'enseignement scientifique de 1re)

À propos de cette page
Ces exercices corrigés sur « Des édifices ordonnés : les cristaux » en première permettent de s'entraîner et de vérifier ses acquis en . Ils suivent le programme officiel de première et sont classés par difficulté (facile, moyen, difficile). Au programme : L'essentiel, Le chlorure de sodium, modèle de l'état cristallin, Réseaux cubique simple et cubique à faces centrées, Masse volumique et polymorphisme. Chaque exercice est suivi d'une correction rédigée, à déplier une fois la recherche faite au brouillon. Cet entraînement aide à mémoriser les méthodes, repérer ses erreurs et gagner en confiance avant un contrôle. Exercices gratuits proposés par un professeur particulier à Marseille pour réviser en première.

Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.

Exercice 1 — De la maille à la roche : la péridotite

Facile

Un géologue décrit un échantillon de péridotite, roche du manteau terrestre, à quatre échelles :
(1) un bloc de 30 cm, formé de grains verts et de grains noirs ;
(2) un grain vert de 3 mm, limité par des faces planes, dans lequel les atomes sont empilés régulièrement ;
(3) l'olivine, silicate de formule (Mg,Fe)2SiO4, qui a la même organisation dans tous les grains verts ;
(4) un parallélépipède d'environ 0,8 nm de côté dont la répétition dans les trois directions reconstitue tout le grain vert.

  1. a) Associer chacune des descriptions (1) à (4) à l'un des termes : maille, cristal, minéral, roche. Justifier chaque association.
  2. b) Classer les objets (1), (2) et (4) par taille croissante, puis estimer le nombre de mailles alignées le long d'un côté du grain vert.
  3. c) La péridotite est-elle formée d'un seul minéral ? Justifier.

a) (1) est une roche : c'est un assemblage de nombreux grains. (2) est un cristal : un objet unique, aux faces planes, dans lequel les atomes sont empilés de façon régulière. (3) est un minéral : une espèce définie à la fois par sa composition chimique (sa formule) et par son organisation cristalline, commune à tous les grains verts. (4) est la maille : le plus petit motif dont la répétition périodique reconstitue le cristal.

b) Maille (0,8 nm) < cristal (3 mm) < roche (30 cm). Nombre de mailles le long d'un côté du grain : 3×10−30,8×10−9≈3,8×106. Environ 4 millions de mailles sont alignées le long d'un côté du grain.

c) Non. Les grains verts sont des cristaux d'olivine, mais les grains noirs ont un autre aspect : ils appartiennent à un autre minéral (un pyroxène dans la péridotite). La péridotite est une roche formée de plusieurs minéraux.

Exercice 2 — Le contact des atomes dans l'aluminium

Facile

L'aluminium cristallise dans le réseau cubique à faces centrées. Le paramètre de maille vaut a = 405 pm ; les atomes sont modélisés par des sphères dures tangentes.

  1. a) Préciser, en justifiant, le long de quelle direction de la maille les atomes sont en contact.
  2. b) Montrer que a2=4r, puis calculer le rayon r d'un atome d'aluminium.
  3. c) Déterminer la coordinence d'un atome d'aluminium en expliquant le dénombrement.

a) Sur une face, l'atome central est au milieu de la diagonale : il est à la distance a22≈0,71a de chaque sommet, alors que deux sommets voisins sont séparés de a. Les atomes les plus proches sont donc un atome de sommet et un atome de centre de face : le contact se fait le long d'une diagonale de face.

b) La diagonale d'un carré de côté a vérifie, d'après le théorème de Pythagore, d2=a2+a2=2a2, soit d=a2. Le long de cette diagonale se succèdent un rayon (atome de sommet), un diamètre 2r (atome du centre de la face) et un rayon (autre sommet) : d=r+2r+r=4r. Donc a2=4r. Alors r=a24=405×1,4144≈143 pm. r ≈ 143 pm.

c) Considérons un atome situé à un sommet. Ses plus proches voisins sont les atomes des centres des faces qui se rejoignent en ce sommet, à la distance a22≈286 pm (plus courte que a=405 pm). Par ce sommet passent trois plans perpendiculaires ; dans chacun, le sommet est commun à 4 faces carrées (appartenant à des mailles voisines), dont les 4 centres sont des plus proches voisins. 3×4=12. La coordinence vaut 12.

Exercice 3 — Le polonium, un cristal cubique simple

Facile

Le polonium est le seul élément qui, dans les conditions usuelles, cristallise dans le réseau cubique simple. L'arête de sa maille vaut a = 335 pm ; les atomes sont des sphères dures tangentes.

  1. a) Déterminer la population de la maille.
  2. b) Calculer le rayon d'un atome de polonium.
  3. c) Donner la coordinence d'un atome de polonium en justifiant.
  4. d) Calculer le volume d'un atome et celui de la maille, en déduire la compacité, puis la fraction du volume de la maille qui est vide.

a) Les atomes n'occupent que les 8 sommets, chacun partagé entre 8 mailles : N=8×18=1. La maille contient 1 atome.

b) En cubique simple, deux atomes de sommets voisins se touchent le long de l'arête : a=2r, donc r=3352=167,5 pm. r ≈ 168 pm.

c) Un atome touche ses voisins situés à la distance a sur chacun des trois axes, de part et d'autre : 3×2=6. La coordinence vaut 6.

d) Vatome=43πr3=43π×(167,5×10−12)3≈1,97×10−29 m³ et Vmaille=a3=(335×10−12)3≈3,76×10−29 m³. C=1×1,97×10−293,76×10−29≈0,52, ce qui correspond bien à π6. Compacité ≈ 0,52 : environ 48 % du volume de la maille est vide.

Exercice 4 — Masse volumique de l'argent

Moyen

L'argent cristallise dans le réseau cubique à faces centrées. Données : a = 409 pm ; M(Ag) = 107,9 g/mol ; NA = 6,02 × 1023 mol−1 ; masse volumique mesurée de l'argent : 10,49 g/cm³.

  1. a) Calculer la masse d'un atome d'argent.
  2. b) En déduire la masse d'une maille.
  3. c) Calculer le volume d'une maille en m³.
  4. d) Calculer la masse volumique de l'argent prévue par ce modèle et la comparer à la valeur mesurée.

a) La masse d'un atome est la masse molaire divisée par la constante d'Avogadro, avec M en kg/mol : m=MNA=107,9×10−36,02×1023≈1,792×10−25 kg. m ≈ 1,792 × 10−25 kg.

b) La maille CFC contient N=8×18+6×12=4 atomes. mmaille=4×1,792×10−25≈7,169×10−25 kg.

c) a=409×10−12 m =4,09×10−10 m, donc V=a3=(4,09×10−10)3≈6,842×10−29 m³.

d) ρ=mmailleV=7,169×10−256,842×10−29≈1,048×104 kg/m³, soit 10,48 g/cm³. Écart relatif avec la valeur mesurée : |10,48−10,49|10,49≈0,1 %. Le modèle CFC rend compte de la masse volumique de l'argent à 0,1 % près.

Exercice 5 — La maille du chlorure de sodium

Moyen

Dans la maille cubique du chlorure de sodium, les ions Cl− occupent les sommets et les centres des faces ; les ions Na+ occupent les milieux des arêtes et le centre du cube. Données : a = 564 pm ; M(Na) = 23,0 g/mol ; M(Cl) = 35,5 g/mol ; NA = 6,02 × 1023 mol−1.

  1. a) Déterminer le nombre d'ions Cl− appartenant à une maille.
  2. b) Déterminer le nombre d'ions Na+ appartenant à une maille, puis vérifier la cohérence avec la formule du composé.
  3. c) Déterminer la coordinence de l'ion Na+ situé au centre du cube et la plus courte distance entre un ion Na+ et un ion Cl−.
  4. d) Calculer la masse volumique du chlorure de sodium.

a) 8 ions aux sommets (contribution 1/8) et 6 aux centres des faces (contribution 1/2) : 8×18+6×12=4. 4 ions Cl− par maille.

b) 12 ions aux milieux des arêtes, chaque arête étant commune à 4 mailles, et 1 ion au centre, qui appartient entièrement à la maille : 12×14+1=4. 4 ions Na+ par maille. La maille contient autant de Na+ que de Cl− : les charges +4 et −4 se compensent, la maille est neutre et la proportion 1 pour 1 correspond à la formule NaCl.

c) Les ions Cl− les plus proches de l'ion central sont ceux des centres des 6 faces, tous à la distance a2. Coordinence 6 ; distance 5642=282 pm.

d) La maille contient 4 « unités » NaCl de masse molaire 23,0+35,5=58,5 g/mol : mmaille=4×58,5×10−36,02×1023≈3,887×10−25 kg. V=(564×10−12)3≈1,794×10−28 m³. ρ=3,887×10−251,794×10−28≈2,17×103 kg/m³. ρ ≈ 2,17 g/cm³.

Exercice 6 — Trois minéraux de formule Al₂SiO₅

Moyen

Trois minéraux des roches métamorphiques ont la même formule chimique, Al2SiO5.

MinéralAndalousiteSillimaniteDisthène
Masse volumique (g/cm³)3,153,243,60

  1. a) Expliquer pourquoi l'andalousite, la sillimanite et le disthène sont trois minéraux différents alors qu'ils ont la même formule.
  2. b) Un cristal de masse 18,7 g déplace 5,20 cm³ d'eau lorsqu'on l'immerge. Identifier le minéral en justifiant.
  3. c) Calculer le volume occupé par 1,000 kg d'andalousite, puis par 1,000 kg de disthène. En déduire la variation relative de volume lors de la transformation de l'andalousite en disthène.
  4. d) Lors d'un enfouissement profond, les roches subissent de fortes pressions. Justifier lequel des trois minéraux est alors favorisé.

a) Un minéral se définit par sa composition chimique et par son organisation cristalline. Les trois minéraux ont la même composition mais des structures différentes : c'est un cas de polymorphisme, que révèlent leurs masses volumiques différentes. Ce sont trois minéraux distincts.

b) ρ=mV=18,75,20≈3,60 g/cm³. Cette valeur coïncide avec celle du disthène (écart d'environ 0,1 %) et s'éloigne de plus de 10 % de celles des deux autres minéraux. Le cristal est du disthène.

c) V=mρ. Andalousite : V1=10003,15≈317 cm³ ; disthène : V2=10003,60≈278 cm³. Variation relative : V2−V1V1=277,8−317,5317,5≈−0,125. Le volume diminue d'environ 12,5 %.

d) Une forte pression favorise l'arrangement qui occupe le moins de volume pour une même masse, c'est-à-dire le plus dense. Le disthène, de masse volumique la plus élevée, est favorisé en profondeur.

Exercice 7 — Retrouver l'arête de la maille du platine

Moyen

Le platine cristallise dans le réseau cubique à faces centrées. Données : masse volumique ρ = 21,45 g/cm³ ; M(Pt) = 195,1 g/mol ; NA = 6,02 × 1023 mol−1.

  1. a) Exprimer la masse volumique du platine en kg/m³.
  2. b) Montrer que l'arête a de la maille vérifie a3=4MNA×ρ.
  3. c) Calculer a en picomètres.
  4. d) En déduire le rayon d'un atome de platine.

a) 1 g/cm³ =10−3 kg10−6 m3=103 kg/m³, donc ρ = 2,145 × 104 kg/m³.

b) La masse volumique du cristal est celle d'une maille : ρ=N×ma3 avec N=4 en CFC et m=MNA. Donc ρ=4MNA×a3, et en isolant a3 : a3=4MNA×ρ.

c) a3=4×195,1×10−36,02×1023×2,145×104≈6,044×10−29 m³, d'où a=6,044×10−293≈3,924×10−10 m. a ≈ 392 pm.

d) En CFC, les atomes sont tangents le long d'une diagonale de face : a2=4r, donc r=a24=392,4×1,4144≈139 pm. r ≈ 139 pm.

Exercice 8 — Gabbro et basalte : un même magma, deux histoires

Difficile

Document 1 — Deux roches de même composition chimique, observées au microscope.
• Roche A (gabbro, massif mis au jour par l'érosion) : cristaux jointifs de plagioclase (un feldspath) et de pyroxène, de 2 à 6 mm, visibles à l'œil nu ; aucune zone non cristallisée.
• Roche B (basalte, coulée de lave) : quelques cristaux d'olivine de 1 à 2 mm, dispersés dans une pâte formée de microlites de plagioclase (moins de 0,05 mm) et de plages de verre.
Document 2 — Modélisation. De la vanilline fondue est déposée sur des lames de verre préalablement portées à différentes températures ; on mesure la durée de solidification et la taille des cristaux obtenus.

Température de la lame (°C)Durée de solidification (s)Taille moyenne des cristaux
54aucun cristal visible au microscope
25150,15 mm
50600,7 mm
702402,5 mm

  1. 1. Décrire la structure de chaque roche (cristallisation totale ou partielle, taille des cristaux, présence de verre) et la nommer.
  2. 2. Exploiter le document 2 pour établir la relation entre la durée de solidification et la taille des cristaux.
  3. 3. En déduire, en justifiant, les conditions de refroidissement du gabbro.
  4. 4. Expliquer l'origine des deux tailles de cristaux et du verre observés dans le basalte.
  5. 5. Un élève affirme : « le verre du basalte est un liquide figé, ce n'est pas un solide ». Expliquer son erreur.

1. Le gabbro est entièrement cristallisé : ses cristaux sont jointifs, de taille millimétrique, sans verre ; c'est une structure grenue. Le basalte n'est que partiellement cristallisé : il présente deux générations de cristaux (grands cristaux d'olivine, ou phénocristaux, et microlites très petits) et du verre ; c'est une structure microlitique.

2. Plus la lame est chaude, plus la vanilline met de temps à se solidifier (de 4 s à 240 s) et plus les cristaux sont gros (de cristaux invisibles à 2,5 mm). Pour une solidification très rapide (4 s), aucun cristal ne se forme : la vanilline se fige sans ordre. Plus le refroidissement est lent, plus les cristaux sont grands ; un refroidissement très rapide donne un solide amorphe.

3. Le gabbro ne contient que de gros cristaux et pas de verre : d'après le document 2, sa solidification a été lente, laissant aux atomes le temps de s'ordonner en grands cristaux. Un refroidissement lent n'est possible qu'à l'abri de la surface, dans une roche encaissante chaude : le gabbro s'est formé par refroidissement lent d'un magma en profondeur ; il affleure aujourd'hui grâce à l'érosion.

4. Les phénocristaux d'olivine ont eu le temps de grandir : ils se sont formés lors d'une première phase de refroidissement lent, dans le réservoir magmatique en profondeur. Lors de l'éruption, le reste du magma, liquide, a refroidi très vite au contact de l'air : il n'a pu former que de minuscules microlites, et la fraction qui s'est solidifiée le plus vite a donné du verre. Le basalte témoigne d'un refroidissement en deux temps : lent en profondeur, puis rapide en surface.

5. Le verre a une forme propre et ne s'écoule pas : c'est un solide. Ce qui le distingue d'un cristal n'est pas son état physique mais son organisation : ses atomes sont empilés sans ordre géométrique, sans maille qui se répète. Le verre est un solide amorphe, pas un liquide.

Exercice 9 — Le fer change de maille à 912 °C

Difficile

Document 1 — Deux structures du fer. En dessous de 912 °C, le fer α a une maille cubique centrée : un atome à chacun des 8 sommets et un atome au centre du cube ; les atomes sont tangents le long d'une grande diagonale du cube. Au-dessus de 912 °C, le fer γ a une maille cubique à faces centrées. À 912 °C, les arêtes valent aα = 290,4 pm et aγ = 364,7 pm.
Document 2 — Dilatométrie. Une barre de fer chauffée s'allonge régulièrement ; lorsqu'elle atteint 912 °C, sa longueur diminue brusquement, puis elle recommence à s'allonger.
Données : M(Fe) = 55,8 g/mol ; NA = 6,02 × 1023 mol−1 ; compacité du réseau CFC : 0,74.

  1. 1. Déterminer la population de la maille du fer α.
  2. 2. Montrer que la compacité du fer α vaut π38 et en donner une valeur approchée.
  3. 3. Calculer la masse volumique du fer α et celle du fer γ à 912 °C.
  4. 4. Expliquer l'observation du document 2 et estimer la variation relative de volume du fer lors de la transformation α → γ.
  5. 5. Un élève prévoit : « les compacités sont dans le rapport 0,74 / 0,68 ≈ 1,09, donc la masse volumique du fer γ est 9 % plus grande que celle du fer α ». Expliquer pourquoi ce raisonnement est faux, en calculant le rayon atomique dans chaque structure.

1. 8 atomes aux sommets, chacun partagé entre 8 mailles, et 1 atome au centre, qui appartient entièrement à la maille : N=8×18+1=2. 2 atomes par maille.

2. La grande diagonale D est l'hypoténuse d'un triangle rectangle dont les côtés de l'angle droit sont une diagonale de face (a2) et une arête (a) : D2=2a2+a2=3a2, donc D=a3. Elle contient un rayon, le diamètre de l'atome central et un autre rayon : a3=4r, soit r=a34. Volume occupé : 2×43πr3=83π×33a364=π38a3. Donc C=π38≈0,68. Compacité du fer α ≈ 0,68.

3. Masse d'un atome : m=55,8×10−36,02×1023≈9,269×10−26 kg.
Fer α : ρα=2×9,269×10−26(290,4×10−12)3=1,854×10−252,449×10−29≈7,57×103 kg/m³.
Fer γ : ργ=4×9,269×10−26(364,7×10−12)3=3,708×10−254,851×10−29≈7,64×103 kg/m³.
ρα ≈ 7,57 × 103 kg/m³ et ργ ≈ 7,64 × 103 kg/m³.

4. À 912 °C, le fer passe de la structure α à la structure γ, plus dense. La masse de la barre ne change pas, donc son volume diminue brutalement, et sa longueur aussi : c'est ce que montre le document 2. Pour une même masse, V=mρ, donc VγVα=ραργ=7,577,64≈0,99. Le volume diminue d'environ 1 %.

5. Le rapport des compacités ne donnerait celui des masses volumiques que si les atomes avaient le même rayon dans les deux structures. Or rα=aα34=290,4×1,7324≈125,7 pm et rγ=aγ24=364,7×1,4144≈128,9 pm : le modèle des sphères dures attribue à l'atome un rayon un peu plus grand en CFC (où il a 12 voisins) qu'en cubique centré (8 voisins). Comme ρ=C×m43πr3, on a ργρα=0,740,68×(125,7128,9)3≈1,09×0,93≈1,01, en accord avec la question 3. Le gain de compacité est presque compensé par l'augmentation du rayon apparent des atomes : la masse volumique n'augmente que d'environ 1 %.

Exercice 10 — Une coquille de moule en aragonite

Difficile

Document 1 — Deux minéraux de formule CaCO3.

MinéralOrganisation cristallineMasse volumique (g/cm³)
Calcitemaille rhomboédrique2,71
Aragonitemaille orthorhombique2,93
Document 2 — Mesure. Un fragment de la couche nacrée d'une coquille de moule, débarrassé de sa matière organique, a une masse de 3,48 g. Immergé dans l'eau d'un tube gradué de précision, il fait monter le niveau de 20,00 mL à 21,19 mL.
Document 3 — Chauffage. Chauffée vers 450 °C, l'aragonite se transforme en calcite, sans variation de masse.

  1. 1. Déterminer la masse volumique du fragment et identifier le minéral qui le constitue.
  2. 2. Expliquer pourquoi deux minéraux de même formule ont des masses volumiques différentes.
  3. 3. Prévoir le volume du fragment après un chauffage à 450 °C, puis sa variation relative de volume.
  4. 4. Un élève affirme : « la coquille de moule est un minéral ». Expliquer en quoi cette affirmation est inexacte.
  5. 5. Citer deux autres structures cristallines produites par des êtres vivants et préciser leur nature chimique.

1. Volume du fragment : V=21,19−20,00=1,19 mL =1,19 cm³. ρ=3,481,19≈2,92 g/cm³. Écart avec l'aragonite : 2,93−2,922,93≈0,3 % ; avec la calcite : 2,92−2,712,71≈8 %. Le fragment est constitué d'aragonite.

2. La masse volumique dépend de la masse contenue dans une maille et du volume de cette maille. Calcite et aragonite contiennent les mêmes ions Ca2+ et CO32−, mais disposés différemment (mailles de formes différentes) : l'empilement de l'aragonite est plus serré. À composition identique, c'est l'organisation cristalline qui fixe la masse volumique.

3. La masse reste 3,48 g et le minéral devient de la calcite : V′=3,482,71≈1,28 cm³. Variation relative : 1,284−1,191,19≈+0,08. Le volume augmente d'environ 8 % : la transformation en calcite, moins dense, fait gonfler le fragment, ce qui explique les fissures qui apparaissent dans une nacre chauffée.

4. Un minéral est une espèce définie par sa composition chimique et son organisation cristalline. La coquille, elle, est une structure fabriquée par un être vivant : un assemblage de très nombreux cristaux (ici d'aragonite) liés par de la matière organique. La coquille contient un minéral, l'aragonite, mais n'en est pas un, de même qu'une roche formée de cristaux n'est pas un minéral.

5. Par exemple : les os et les dents, qui contiennent des cristaux d'hydroxyapatite (un phosphate de calcium) ; les calculs rénaux, souvent formés de cristaux d'oxalate de calcium ; les otolithes de l'oreille interne, en carbonate de calcium.

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