Cohésion sociale, inégalités et politiques de solidarité en France contemporaine (programme de Première)
Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.
Exercice 1 — Définitions essentielles
Corrigé :
1. La solidarité sociale désigne l'ensemble des liens, mécanismes et institutions qui unissent les membres d'une société pour faire face collectivement aux risques et aux inégalités (principe : chacun contribue selon ses moyens, reçoit selon ses besoins). On distingue la solidarité spontanée (entraide informelle, bénévolat, famille) et la solidarité institutionnalisée (organisée par l'État : cotisations, prestations sociales, lois). (2 pts)
2. La solidarité mécanique est propre aux sociétés traditionnelles peu différenciées : le lien social repose sur la ressemblance des individus (mêmes croyances, mêmes modes de vie). La solidarité organique est propre aux sociétés modernes industrialisées : le lien repose sur l'interdépendance née de la division du travail (comme les organes d'un corps, chacun a une fonction complémentaire). (2 pts)
Exercice 2 — Analyse d'un mécanisme de redistribution
Corrigé :
1. La redistribution verticale transfère des ressources des ménages à hauts revenus vers les ménages à bas revenus (exemple : impôt progressif sur le revenu qui finance le RSA). La redistribution horizontale transfère des ressources entre individus selon leur situation de vie, sans que le critère de revenu soit central (exemple : les actifs en bonne santé cotisent pour rembourser les soins des malades ; les actifs sans enfants cotisent pour financer les allocations familiales). (3 pts — 1 pt définition verticale + 1 pt définition horizontale + 1 pt exemples corrects)
2. La redistribution réduit les écarts de revenus et d'accès aux services (santé, éducation, logement), limitant ainsi les risques d'exclusion sociale et d'anomie (affaiblissement du lien social). En assurant à chacun un minimum de ressources et d'accès aux droits, elle permet à tous les membres de la société de participer à la vie commune, renforçant ainsi la cohésion. (2 pts)
Exercice 3 — Les modèles d'État-providence
Corrigé :
1. Esping-Andersen (1990) distingue trois modèles :
• Libéral (États-Unis, Royaume-Uni) : protection sociale minimale, rôle central du marché, ciblage des aides sur les plus pauvres.
• Corporatiste/conservateur (France, Allemagne, Italie) : droits sociaux liés au statut professionnel, rôle important des cotisations et de la famille.
• Social-démocrate (Suède, Danemark) : protection universelle et généreuse pour tous, financement par l'impôt. (3 pts — 1 pt par modèle correctement présenté)
2. La France appartient au modèle corporatiste : les droits sociaux (retraite, maladie, chômage) sont principalement conditionnés à une activité professionnelle et financés par des cotisations sociales assises sur les salaires. La famille occupe aussi un rôle important (politique familiale active). (2 pts)
Exercice 4 — Question de réflexion argumentée
Corrigé :
Le développement attendu doit articuler trois grandes idées :
I. Les inégalités sociales menacent la cohésion sociale
Les inégalités économiques (revenus, patrimoine), sociales (accès à l'éducation, à la santé) et territoriales (déserts médicaux, ségrégation socio-spatiale) se cumulent et fragilisent le lien social. Durkheim avait théorisé le risque d'anomie : l'effritement des normes collectives dans les sociétés modernes. Les inégalités excessives génèrent exclusion, sentiment d'injustice et défiance envers les institutions, phénomènes susceptibles de rompre la cohésion. (2 pts)
II. La solidarité institutionnalisée comme réponse collective
L'État-providence, né en France en 1945 avec la Sécurité sociale, organise une redistribution des ressources pour compenser les inégalités. La redistribution verticale (RSA, impôt progressif) réduit les écarts de revenus ; la redistribution horizontale (assurance maladie, retraites) mutualise les risques de la vie. Des données : la redistribution permet de réduire le taux de pauvreté d'environ 24 % à 14 %, et de diviser par presque deux le coefficient de Gini. (2 pts)
III. Les limites et débats
La solidarité institutionnalisée n'est pas sans limites : le non-recours aux droits (environ 1/3 des ayants droit du RSA), le débat sur la 'trappe à pauvreté' ou l'assistanat, le poids financier de la dépense sociale (~32 % du PIB). Des acteurs complémentaires (associations, familles, collectivités) contribuent aussi à la solidarité. Enfin, les défis contemporains — vieillissement démographique, inégalités territoriales, solidarité internationale — appellent à adapter les mécanismes de solidarité. (2 pts)
Barème : 2 pts par idée principale correctement développée et illustrée.
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