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Annales du brevet · 2013 · Français - questions et dictée

Sujet du brevet 2013 de français - questions et dictée — Polynésie (session de remplacement) (Série générale)

Français - questions et dictée · Série générale · Polynésie · session 2013 de remplacement · 4 pages · sujet officiel

Corrigé

Corrigé détaillé rédigé par Ben, professeur particulier. Chaque question est justifiée comme on l'attend le jour de l'épreuve.

Questions — L'homme que Loana devait épouser (Célestine Hitiura Vaite, L'Arbre à pain) (15 pts)

1) a) Le mot « pratiquants » vient du verbe « pratiquer » (c'est un participe présent employé comme adjectif). Des catholiques « pratiquants » sont des croyants qui ne se contentent pas de croire : ils respectent les rites de leur religion, en particulier la messe du dimanche. Le texte le confirme aussitôt : « Ils allaient à la messe à Sainte-Thérèse » (l. 6).

1) b) Deux mots de la même famille : pratiquer et pratique (on pouvait aussi citer « pratiquement », « praticable », « praticien »).

2) a) Le verbe « chantait » est conjugué à l'imparfait de l'indicatif.

2) b) Il s'agit d'un imparfait d'habitude (valeur itérative) : il exprime une action répétée régulièrement dans le passé.

2) c) L'indice temporel qui justifie cette valeur est le complément circonstanciel de temps « tous les dimanches matin » (l. 11).

3) Au sens propre, un « coup de foudre » est la chute de la foudre. Ici, l'expression est employée au sens figuré : elle désigne un amour soudain et très fort, ressenti dès le premier regard. Auguste tombe immédiatement amoureux de Loana, comme le montre la suite : « Tous les dimanches il était là, assis au premier rang, et il admirait Loana » (l. 14-15).

4) « Il admirait Loana et il ne faisait que ça. » Le mot « et » est une conjonction de coordination ; il relie deux propositions indépendantes et ajoute ici une insistance (Auguste ne fait rien d'autre qu'admirer Loana).

5) La mère d'Auguste aborde la tatie de Loana pour se renseigner sur la jeune fille dont son fils est tombé amoureux : elle veut savoir si Loana ferait une bonne épouse pour lui. Le texte l'indique clairement : « juste après la messe, la mère d'Auguste a engagé la conversation avec la tatie de Loana » (l. 17-18) et « Elle voulait en savoir un peu plus sur la jeune fille » (l. 18). C'est une démarche de famille, qui prépare une éventuelle demande en mariage.

6) Il s'agit du discours direct : les paroles de Tatie sont rapportées telles qu'elle les a prononcées. On le voit à la ponctuation (le verbe de parole « a dit » suivi des deux-points et des guillemets), au présent d'énonciation (« c'est », « va »), au déterminant de la 1re personne « ma » dans « ma nièce » (l. 18), à l'interjection « Ah » et aux marques de l'oral (« c'est pas le genre », sans le « ne » de la négation, l. 19).

7) Tatie a dit que sa nièce était une très bonne fille, qu'elle allait à la messe tous les dimanches et que ce n'était pas le genre à traîner sur la route.

Changements : suppression des deux-points, des guillemets et de l'interjection « Ah » ; « ma » devient « sa » (3e personne) ; le présent devient l'imparfait (« était », « allait », « n'était ») par concordance des temps, car le verbe introducteur « a dit » est au passé ; chaque proposition rapportée est introduite par « que » ; la négation est complétée (« ne… pas »), car le discours indirect n'imite plus l'oral.

⚠ Piège. Au discours indirect introduit par un verbe au passé, le présent passe à l'imparfait : « elle va » devient « elle allait », pas « elle va ». Et pense à répéter « que » devant chaque proposition rapportée.

8) Tatie parle d'Auguste : la « sacrée pièce » (l. 25) est le beau poisson que Loana a « pêché », c'est-à-dire le bon parti qu'elle a su attirer. Cette métaphore de la pêche reprend une idée déjà présente au début du texte : une fille qui chante à l'église « a toutes les chances de se pêcher un bon mari » (l. 8), et le mari de Tatie était lui-même « une bonne prise » (l. 9). La remarque révèle une femme pragmatique, un peu calculatrice, qui voit le mariage comme une bonne affaire à conclure, mais aussi une femme malicieuse et pleine d'humour : elle parle « avec un clin d'œil » et « en riant » (l. 24).

9) Pour Tatie, la famille compte autant que le jeune homme lui-même : épouser quelqu'un d'une famille honorable, c'est assurer à Loana une bonne réputation et une vie stable. Loana est orpheline (« Après la mort de sa mère », l. 4) et vit chez une tatie « éloignée » (l. 4) : un mariage avec un homme de bonne famille lui offrirait une place respectable. C'est d'ailleurs le premier argument cité : « la tatie comptait bien sûr que Loana dirait oui, parce qu'Auguste venait d'une famille très respectable » (l. 26-27). Dans ce milieu catholique traditionnel, la réputation est essentielle, puisque Tatie elle-même vante celle de sa nièce : « c'est pas le genre à traîner sur la route » (l. 19-20).

10) « Irréprochables » se décompose ainsi : ir- (préfixe de sens négatif, forme de « in- » devant un r) + reproch- (radical, celui du nom « reproche » et du verbe « reprocher ») + -able (suffixe signifiant « qui peut être ») + -s (marque du pluriel). Des manières irréprochables sont donc des manières auxquelles on ne peut faire aucun reproche : elles sont parfaites, d'une politesse impeccable.

11) « Pense » est conjugué à l'impératif présent (2e personne du singulier). Il a ici une valeur de conseil insistant, presque d'ordre : Tatie pousse sa nièce à réfléchir sérieusement à la demande, comme le confirme la phrase suivante « Il faut y penser sérieusement » (l. 30-31).

11) (deuxième question numérotée 11) « qui avait fixé la date et l'heure » (l. 32-33) est une proposition subordonnée relative, introduite par le pronom relatif « qui », dont l'antécédent est le nom « Tatie ». Elle a pour fonction complément de l'antécédent « Tatie ». Elle s'insère ici dans la tournure de mise en relief « C'est… qui », qui insiste sur le fait que c'est Tatie, et non Loana, qui décide de tout.

12) Selon Tatie, on ne se marie pas d'abord par amour, mais selon des critères raisonnables. Le premier est la religion : le bon mari se trouve « à l'église » (l. 8) et Auguste est « un catholique très pratiquant » (l. 28). Viennent ensuite la respectabilité de la famille (« une famille très respectable », l. 27) et la situation sociale, c'est-à-dire un métier stable (« il avait un bel avenir devant lui comme instituteur », l. 27-28). Enfin, les qualités personnelles comptent aussi, mais en dernier : « en plus, il avait un visage agréable et des manières irréprochables » (l. 28-29). Les sentiments de Loana ne sont jamais évoqués : pour Tatie, le mariage est une « bonne prise » (l. 9), une affaire bien menée entre familles, où la réputation de la jeune fille et la position du jeune homme comptent plus que l'amour.

Réécriture — Remplacer « le jeune homme », « Auguste » et « ils se sont assis » par « elles » (5 pts)

Texte réécrit

« En attendant, on a décidé qu'elles viendraient en visite. C'est Tatie qui avait fixé la date et l'heure.
Elles sont arrivées à six heures précises comme l'avait demandé Tatie – elles sont arrivées avec une plante en pot pour Tatie, qui ne s'y attendait pas du tout.
Elles se sont assises à la table de la cuisine : Auguste et Tatie d'un côté et Loana de l'autre. »

Changements : « que le jeune homme » devient « qu'elles » (élision de « que » devant la voyelle) ; « viendrait » devient « viendraient » (accord du verbe avec le sujet pluriel) ; « Auguste est arrivé » devient « Elles sont arrivées » ; le pronom « il », qui reprenait Auguste, devient lui aussi « elles » : « elles sont arrivées » (l'auxiliaire « être » se met au pluriel et le participe passé employé avec « être » s'accorde avec le sujet, au féminin pluriel : « arrivées ») ; « Ils se sont assis » devient « Elles se sont assises » (verbe pronominal : le participe passé s'accorde ici avec le sujet, au féminin pluriel).

⚠ Piège. N'oublie pas le deuxième « il est arrivé » : il désigne aussi Auguste, il doit donc devenir « elles sont arrivées ». En revanche, ne touche pas à « C'est Tatie qui avait fixé… » ni à la fin de la dernière phrase (« Auguste et Tatie d'un côté… ») : la consigne ne les vise pas, et chaque modification inutile ou faute de copie coûte 0,5 point.
Dictée

Dictée : pas de corrigé, le texte est lu par l'examinateur.

Conseils pour le jour J

Le sujet annonce que « toutes les réponses doivent être rédigées et justifiées » : même pour une question sur 0,5 point, réponds par une phrase complète et appuie-toi sur une citation entre guillemets avec son numéro de ligne. Les questions 8, 9 et 12 se répondent en partie : le thème de la « pêche » au mari (l. 8, 9 et 25) et la liste des qualités d'Auguste (l. 26-29) te donnent la matière de la dernière question, qui demande justement de « tenir compte de vos réponses précédentes ».

Attention à la numérotation du sujet : il y a deux questions 11. Traite-les toutes les deux, dans l'ordre, sans en sauter une. Pour la grammaire, nomme précisément ce qu'on te demande : le temps ET le mode (« imparfait de l'indicatif », « impératif présent »), la nature ET la fonction de la proposition.

Garde au moins 15 minutes pour la réécriture et sa relecture : elle vaut 5 points, soit un tiers des questions, et chaque erreur ou faute de copie retire 0,5 point. Recopie le passage lentement, puis vérifie un par un les accords au féminin pluriel (« viendraient », « arrivées », « assises »).

Extrait du sujet (début du texte)

MINISTERE DE L’EDUCATION Direction des Enseignements Secondaires POLYNESIE FRANCAISE SESSION 2013 S U J E T DNB G 13-11 SÉRIE GÉNÉRALE EXAMEN : DIPLÔME NATIONAL DU BREVET ÉPREUVE : QUESTIONS - DICTÉE DURÉE : 1 heure 30 COEFFICIENT : 1,25 NB DE PAGE(S) : 4 SUJET DNB G 13-11 DIPLÔME NATIONAL DU BREVET QUESTIONS - DICTÉE 5 10 15 20 25 30 35 L’homme que Loana devait épouser Dans ce chapitre, Loana, la mère de l’héroïne se souvient de sa demande en mariage à Tahiti. Voici l’histoire de la demande en mariage de Loana. Après la mort de sa mère, Loana est allée vivre chez une tatie éloignée et son mari, un Irlandais. La tatie et son mari étaient des catholiques très pratiquants(…) Ils allaient à la messe à Sainte -Thérèse, et Tatie a inscrit Loana à la cho rale de la paroisse parce qu’à son avis, Loana avait une voix magnifique et puis une fille qui chante pour le Bon Dieu a toutes les chances de se pêcher un bon mari – à l’église. Tatie, elle, n’avait pas rencontré son mari à l’église mais c’était une bonne prise quand même. Elle avait eu de la chance. Alors Loana chantait dans la chorale à l’église tous les dimanches matin. Un beau jour, Auguste et sa famille ont commencé à venir régulièrement à la messe à Sainte-Thérése – avant, ils allaient à la cathédrale. Pour Auguste, ça a été le coup de foudre. Tous les dimanches il était là, assis au premier rang, et il admirait Loana : il ne faisait que ça. Elle ne le remarquait même pas, elle était trop occupée avec les cantiques. 1 Un jour, juste après la messe, la mère d’Auguste a engagé la conversation avec la tatie de Loana. Elle voulait en savoir un peu plus sur la jeune fille, et Tatie a dit : « Ah ma nièce, c’est une très bonne fille. Elle …

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