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Spécialité HGGSP · Classe de Terminale

Populismes, crises et démocratie libérale

Thème 9 — La démocratie : valeurs et pratiques. Axe 2 : avancées et reculs des démocraties (Tle spécialité HGGSP)

À propos de cette page
Ces exercices corrigés sur « Populismes, crises et démocratie libérale » en terminale permettent de s'entraîner et de vérifier ses acquis en spécialité hggsp. Ils suivent le programme officiel de terminale et sont classés par difficulté (facile, moyen, difficile). Au programme : La démocratie libérale : un régime fondé sur l'État de droit, Forces et fragilités structurelles des démocraties, Le populisme : définir une notion polémique, Les ressorts de la montée des populismes. Écris ta réponse puis clique sur « Vérifier » : la correction est immédiate et tolère majuscules, espaces et ponctuation. Cet entraînement aide à mémoriser les méthodes, repérer ses erreurs et gagner en confiance avant un contrôle. Exercices gratuits proposés par un professeur particulier à Marseille pour réviser spécialité hggsp en terminale.

Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.

Exercice 1 — Définir les notions clés

Donnez une définition précise et nuancée de chacune des notions suivantes du thème.

  1. Démocratie libérale
  2. État de droit
  3. Populisme
  4. Démocratie illibérale
Méthode : une bonne définition donne le sens, ajoute un auteur ou une date de référence, et précise une nuance.
Démocratie libérale : régime qui associe la souveraineté du peuple (élections libres, pluralistes, régulières) et l'État de droit (séparation des pouvoirs, libertés individuelles, justice indépendante, protection des minorités). La règle de la majorité y est limitée par des droits fondamentaux et des contre-pouvoirs. Héritage des Lumières (Montesquieu, DDHC 1789).
État de droit : système dans lequel la puissance publique est elle-même soumise au droit ; une hiérarchie des normes (Constitution au sommet) est garantie par un juge indépendant. Nul, pas même le gouvernement, n'est au-dessus des lois.
Populisme : selon Cas Mudde, idéologie « mince » opposant un « peuple pur » à une « élite corrompue » et invoquant la volonté générale du peuple. Ce n'est pas une idéologie complète : il se greffe sur une idéologie hôte (nationalisme à droite, socialisme à gauche). Il peut être de droite ou de gauche.
Démocratie illibérale : expression popularisée par Fareed Zakaria (1997) et revendiquée par Viktor Orbán (2014). Régime issu d'élections mais qui vide l'État de droit de sa substance (justice et médias contrôlés, contre-pouvoirs affaiblis) tout en gardant l'apparence démocratique.

Exercice 2 — Replacer les repères chronologiques

Associez chaque date à l'événement correspondant et expliquez sa portée pour le thème en une phrase.

  1. 1933
  2. 1974
  3. 2008
  4. 2016
Méthode : mémorisez les repères du programme et reliez chaque date à un enjeu (fragilité, démocratisation, crise).
1933 : accession légale d'Hitler au pouvoir, par les urnes, sous la République de Weimar. Illustre le « paradoxe de la tolérance » (Popper) : une démocratie peut être détruite par ses ennemis élus.
1974 : Révolution des Œillets au Portugal ; début de la « troisième vague » de démocratisation (Huntington) qui touche l'Europe du Sud, l'Amérique latine puis le bloc soviétique.
2008 : crise financière mondiale ; le creusement des inégalités et le sentiment de déclassement nourrissent la défiance et la montée des populismes.
2016 : Brexit (référendum) au Royaume-Uni et élection de Donald Trump aux États-Unis ; année emblématique de la poussée populiste dans les démocraties occidentales.

Exercice 3 — Identifier les acteurs et leurs apports

Pour chaque auteur ou acteur, indiquez son domaine et l'apport précis pour lequel il est mobilisé sur ce thème.

  1. Montesquieu
  2. Cas Mudde
  3. Fareed Zakaria
  4. Levitsky et Ziblatt
Méthode : reliez chaque nom à un concept ou un ouvrage ; citer un auteur avec sa thèse vaut beaucoup au Bac.
Montesquieu : philosophe des Lumières, De l'esprit des lois (1748) ; théorise la séparation des pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire) : « il faut que le pouvoir arrête le pouvoir ». Fondement de l'État de droit.
Cas Mudde : politiste, définit le populisme comme une idéologie « mince » opposant le « peuple pur » à l'« élite corrompue », greffée sur une idéologie hôte. Référence pour analyser rigoureusement le populisme.
Fareed Zakaria : politologue américain, popularise en 1997 la notion de démocratie illibérale : des régimes élus qui ne respectent pas l'État de droit ni les libertés.
Levitsky et Ziblatt : politistes de Harvard, How Democracies Die / La Mort des démocraties (2018) ; montrent que les démocraties meurent aujourd'hui « par les urnes », lentement, par érosion interne plutôt que par coup d'État.

Exercice 4 — Distinguer notions et mécanismes

Répondez en quelques lignes argumentées à chacune des questions de réflexion suivantes.

  1. En quoi une démocratie illibérale se distingue-t-elle d'une démocratie libérale, alors que les deux organisent des élections ?
  2. Pourquoi peut-on dire que le populisme n'est ni de droite ni de gauche par nature ?
  3. Qu'est-ce que le « paradoxe de la tolérance » et que révèle-t-il sur la fragilité des démocraties ?
Méthode : annoncez la notion, illustrez par un exemple précis, concluez sur l'enjeu.
1. Les deux régimes tiennent des élections, mais la démocratie libérale les complète par l'État de droit (séparation des pouvoirs, justice indépendante, libertés, pluralisme). La démocratie illibérale (Orbán) garde le vote mais vide ces garanties de leur substance : la majorité élue contrôle la justice et les médias et écrase les contre-pouvoirs. L'élection ne suffit donc pas à faire une démocratie.
2. Le populisme est une idéologie « mince » (Cas Mudde) : il fournit le schéma « peuple vs élite » mais se greffe sur une idéologie hôte. À droite, il devient nationaliste et identitaire (immigration) ; à gauche, anti-élites économiques et social. Sa logique structurelle (anti-élites, peuple unanime, défiance des contre-pouvoirs) est commune aux deux.
3. Le paradoxe de la tolérance (Karl Popper) : une démocratie qui tolère sans limite ses ennemis risque d'être détruite par eux. Exemple : Hitler accède légalement au pouvoir en 1933. Il révèle que la liberté qui fait la force de la démocratie peut aussi la rendre vulnérable, d'où le débat sur les limites à poser aux forces antidémocratiques.

Exercice 5 — Analyse de document — la démocratie illibérale revendiquée

Lisez cet extrait, puis répondez aux questions d'analyse.

  1. Document : Viktor Orbán, Premier ministre hongrois, discours de Băile Tușnad (Roumanie), 26 juillet 2014 (extrait traduit et adapté).
    « La nouvelle démocratie que nous construisons en Hongrie est un État illibéral, un État non libéral. Cela ne nie pas les valeurs fondamentales du libéralisme comme la liberté ; simplement, il ne fait pas de cette idéologie l'élément central de l'organisation de l'État. Il s'appuie sur une approche nationale spécifique. [...] Les sociétés fondées sur le principe de l'État libéral ne pourront probablement pas rester compétitives dans les décennies à venir. »
  2. Présentez le document (auteur, nature, date, contexte) et dégagez sa thèse principale.
  3. Expliquez ce que recouvre l'expression « État illibéral » employée par Orbán, en la confrontant à la définition de la démocratie libérale.
  4. En quoi ce discours et la pratique du pouvoir en Hongrie illustrent-ils un « recul démocratique » ? Apportez vos connaissances.
Méthode (analyse de document) : présenter, expliquer en répondant à la consigne, puis ouvrir avec ses connaissances ; ne jamais paraphraser.
Présentation : discours politique du Premier ministre hongrois Viktor Orbán, prononcé le 26 juillet 2014. C'est une prise de position assumée, dans le contexte d'une réélection et de réformes contestées par l'UE. Thèse : Orbán revendique de construire un État « illibéral », opposé au modèle libéral occidental qu'il juge dépassé.
Explication : en se disant « illibéral », Orbán affirme conserver la démocratie au sens du vote et de la nation, mais rejette le libéralisme politique (primauté de l'État de droit, des libertés individuelles, des contre-pouvoirs). Or la démocratie libérale repose précisément sur l'union des deux : sans État de droit (justice indépendante, presse libre, pluralisme), le régime n'est plus une démocratie pleine mais une démocratie de façade fondée sur la seule majorité.
Ouverture (recul démocratique) : dans les faits, le pouvoir hongrois a réformé la Cour constitutionnelle, mis au pas une grande partie des médias, modifié la loi électorale et stigmatisé les ONG « financées de l'étranger ». C'est l'illustration du backsliding analysé par Levitsky et Ziblatt (2018) : une démocratie meurt « par les urnes », par érosion graduelle. L'UE a réagi par la procédure de l'article 7 (2018) et le gel de fonds au titre de la conditionnalité de l'État de droit (2020).

Exercice 6 — Débat de synthèse — l'UE face aux reculs démocratiques

Construisez une réponse argumentée et nuancée à la question posée, en présentant les enjeux.

  1. L'Union européenne dispose-t-elle des moyens de défendre efficacement l'État de droit chez ses membres ? Présentez les outils, leurs limites, puis nuancez.
Méthode : outils / limites / nuance, avec exemples précis.
Les outils : l'UE se définit comme une « communauté de droit » (article 2 du traité sur l'UE). Elle dispose de l'article 7 (suspension possible des droits de vote d'un État, procédure lancée contre la Pologne en 2017 et la Hongrie en 2018), de la Cour de justice de l'UE (qui a sanctionné la réforme de la justice polonaise) et de la conditionnalité de l'État de droit (2020), qui permet de geler des fonds européens (appliquée à la Hongrie).
Les limites : l'article 7 exige l'unanimité (hors État visé) pour les sanctions les plus lourdes, ce qui permet aux États illibéraux de se protéger mutuellement (Hongrie et Pologne) : la procédure est de fait paralysée. L'UE est aussi tiraillée entre la défense de ses valeurs et le respect de la souveraineté des États membres.
Nuance : faute d'efficacité du levier politique, l'UE s'appuie de plus en plus sur les leviers juridiques (CJUE) et financiers (conditionnalité), plus contraignants car ils touchent au portefeuille. Le bilan reste mitigé : l'UE freine les reculs sans toujours les empêcher, ce qui pose la question de la cohérence entre ses valeurs affichées et ses moyens réels.
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