Géographie — Thème 5 : La puissance américaine face aux défis mondiaux et aux contestations dans les Amériques
Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.
Traitez le sujet sous la forme d'une composition organisée (introduction, développement en parties, conclusion) appuyée sur des exemples précis et datés.
Analysez le document à l'aide des questions, en mobilisant vos connaissances sur la puissance américaine et ses contestations.
Exercice 1 — Composition — La puissance des États-Unis et ses contestations depuis 1991
Corrigé — plan détaillé, méthode et connaissances attendues.
Méthode. Le sujet appelle une réponse nuancée : il ne s'agit ni de glorifier la puissance américaine ni d'annoncer son effondrement, mais de montrer une puissance dominante mais de plus en plus disputée. Évitez le catalogue ; chaque exemple doit servir une idée.
Introduction. Accroche : la formule d'Hubert Védrine qualifiant les États-Unis d'« hyperpuissance » (1999). Contexte : la dissolution de l'URSS (1991) ouvre un « moment unipolaire ». Problématique : les États-Unis sont-ils encore une hyperpuissance incontestée, ou une puissance que d'autres acteurs contestent désormais ? Annonce du plan.
I. Une domination écrasante et multidimensionnelle après 1991.
• Hard power : premier budget militaire mondial (≈ 40 % des dépenses mondiales), réseau de bases, porte-avions, OTAN.
• Puissance économique et monétaire : premier PIB mondial, dollar comme monnaie de réserve (« privilège exorbitant »), Wall Street.
• Soft power : Hollywood, GAFAM, universités de rang mondial, langue anglaise, modèle démocratique libéral (« fin de l'Histoire » de Fukuyama, 1992).
II. Une puissance contestée de l'extérieur.
• Contestations étatiques : Chine (montée économique, Route de la Soie, mer de Chine), Russie (Ukraine 2014 et 2022), BRICS, États du Sud refusant l'alignement.
• Contestations non étatiques et limites du hard power : terrorisme jihadiste (11 septembre 2001), enlisements en Irak (2003-2011) et Afghanistan (2001-2021), anti-américanisme.
• Unilatéralisme et perte de légitimité : invasion de l'Irak sans mandat de l'ONU, surveillance de la NSA (révélations de 2013).
III. Une puissance discutée jusque dans son arrière-cour américaine et de l'intérieur.
• Dans les Amériques : hégémonie héritée de la doctrine Monroe (1823) et de l'ACEUM, mais résistances (Cuba et l'embargo depuis 1962, « socialisme du XXIe siècle » et ALBA, percée des investissements chinois).
• Contestations internes : polarisation politique, assaut du Capitole (2021), débats isolationnisme / interventionnisme qui affaiblissent le soft power.
• Déclin relatif : part dans le PIB mondial passée d'environ 50 % (1945) à environ 25 %.
Conclusion. Les États-Unis restent la première puissance mondiale, sans rival qui les égale dans tous les domaines à la fois ; mais le « moment unipolaire » s'efface au profit d'un monde multipolaire où Washington doit négocier plutôt que dicter. Ouverture possible : la rivalité sino-américaine comme structure du XXIe siècle.
Exercice 2 — Analyse de document — La rivalité sino-américaine vue de Pékin
Corrigé — réponses attendues et méthode.
Q1 — Présentation et précautions. Nature : déclaration officielle d'un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, prononcée en conférence de presse en 2022. Précaution : il s'agit d'une source partiale et institutionnelle, qui exprime le point de vue de l'État chinois ; elle doit être lue de manière critique, comme un discours de propagande visant à valoriser la Chine et à délégitimer les États-Unis, et non comme une analyse neutre.
Q2 — Reproches adressés aux États-Unis. Le texte accuse Washington d'une « mentalité de guerre froide » et d'une « logique de bloc », de brandir une prétendue « menace chinoise » pour « justifier le maintien de leur hégémonie », et d'incarner « l'époque où un seul pays imposait sa loi au monde ». Autrement dit, la Chine dénonce l'unilatéralisme et la volonté américaine de préserver un ordre unipolaire à son profit.
Q3 — Les nouvelles routes de la soie comme instrument de puissance. Lancée en 2013, la Belt and Road Initiative finance des infrastructures (ports, voies ferrées, télécommunications) en Asie, en Afrique et en Amérique latine. Elle crée des réseaux de dépendance économique et politique concurrents de l'influence américaine, sans recours à la force : c'est un puissant levier d'influence (forme de soft power et de puissance économique) qui projette la Chine à l'échelle mondiale et défie directement le leadership des États-Unis, y compris dans leur traditionnelle zone d'influence latino-américaine.
Q4 — Discours et réalité. L'affirmation est à nuancer fortement. Officiellement, la Chine se présente comme un acteur du « développement partagé » ; en réalité, sa montée en puissance militaire (mer de Chine méridionale), son ambition d'affaiblir le rôle du dollar, son rôle moteur au sein des BRICS et le « rêve chinois » de Xi Jinping traduisent bien une volonté de rééquilibrer, voire de contester, la primauté américaine. Le discours « non hégémonique » relève donc d'une stratégie de communication destinée à rassurer les pays du Sud, alors même que la Chine se pose en rival systémique des États-Unis.
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