Géographie — Thème 4 : ressources, conflits et enjeux géopolitiques dans une région stratégique du monde (programme de Terminale)
Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.
Exercice 1 — Composition — Le Proche et Moyen-Orient, un espace marqué par des conflits récurrents
Corrigé — Plan détaillé :
Introduction : Accroche (ex. : guerre à Gaza 2023-2024, conflits au Yémen, Syrie). Définition : foyer de conflits = concentration de conflits armés chroniques. Problématique : Pourquoi le Proche et Moyen-Orient concentre-t-il des conflits armés répétés ? Quels facteurs structurels expliquent cette instabilité durable ? Annonce du plan.
I. Des ressources et des frontières disputées à l'origine des tensions
A. Des hydrocarbures convoités : 60 % des réserves mondiales, détroit d'Ormuz, OPEP, guerres pour le pétrole (Irak 1990, 2003). Malédiction des ressources.
B. Des frontières héritées de la décolonisation : accords Sykes-Picot (1916), création arbitraire de frontières ignorant les réalités ethniques et religieuses, question kurde.
C. La question palestinienne non résolue : 1948 (Nakba, 1re guerre), 1967 (occupation), échec des accords d'Oslo (1993-2000), colonisation, blocus de Gaza, conflit de 2023-2024.
II. Des rivalités de puissances qui alimentent les guerres par procuration
A. La fracture sunnite/chiite : Iran (chiite, révolution 1979) vs Arabie Saoudite (sunnite, wahhabite), proxy wars au Yémen, en Irak, au Liban.
B. L'islamisme politique et le terrorisme : Al-Qaïda (11 septembre 2001), émergence de Daech (2014), califat, défaite militaire 2019 mais persistance du risque.
C. Les ingérences extérieures : États-Unis (Irak 2003), Russie (Syrie 2015), Turquie (Syrie), France/Royaume-Uni (Libye 2011). Conséquences déstabilisatrices.
III. Un espace en recomposition, entre persistance des conflits et nouvelles dynamiques
A. Des États faillis et des crises humanitaires (Liban, Yémen, Libye, Syrie).
B. Des signes de recomposition : accords d'Abraham (2020), rapprochement irano-saoudien (2023, médiation chinoise).
C. Des obstacles persistants : question palestinienne, prolifération des milices non étatiques, compétition des grandes puissances.
Conclusion : Synthèse + ouverture (rôle croissant de la Chine comme médiateur ? Fin de la Pax americana ?)
Connaissances attendues : Dates clés (1948, 1967, 1973, 1979, 1990, 2001, 2003, 2011, 2014, 2020, 2023), acteurs (Iran, Arabie Saoudite, Israël, Turquie, États-Unis, Russie, OLP/Hamas, Hezbollah, Daech), concepts (foyer de conflits, guerre par procuration, État failli, malédiction des ressources, islamisme politique).
Exercice 2 — Analyse de document(s) — La question palestinienne dans les relations internationales
Corrigé — Analyse de documents :
Question 1 — Présentation des documents :
Doc. 1 : Résolution officielle du Conseil de sécurité de l'ONU, adoptée le 22 novembre 1967, peu après la guerre des Six Jours (juin 1967) qui a vu Israël occuper Gaza, la Cisjordanie, le Sinaï et le Golan. C'est le texte de référence du droit international sur le conflit israélo-arabe.
Doc. 2 : Tableau statistique montrant l'évolution du nombre de colons israéliens en Cisjordanie de 1972 à 2023, période de multiplication par ~70 du nombre de colons.
Question 2 — La résolution 242 :
La résolution 242 pose deux principes : i) le retrait israélien des « territoires occupés lors du récent conflit » ; ii) la reconnaissance de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de tous les États de la région, avec des « frontières sûres et reconnues ». Elle est un texte de référence car reconnue par toutes les parties, mais elle reste inachevée car Israël n'a jamais retiré ses forces de Cisjordanie ni de Gaza (jusqu'en 2005). De plus, son libellé ambigu (en anglais, « withdrawal from territories » sans article défini) a permis à Israël d'en contester la portée.
Question 3 — Analyse du graphique :
Description : progression quasi-continue de la colonisation : de ~10 000 en 1972 à 700 000 en 2023, soit une multiplication par 70. Aucune interruption notable, même après Oslo (1993) où le nombre de colons continue d'augmenter. Accélération dans les années 2000-2020. Conséquences pour la paix : la colonisation contrevient au droit international (résolution 2334 ONU, 2016) et rend la solution à deux États de plus en plus difficile à mettre en œuvre, car elle fragmente le territoire palestinien.
Question 4 — Mise en relation et connaissances :
La résolution 242 (1967) fixe le cadre juridique d'un règlement, mais le doc. 2 montre qu'il n'a jamais été appliqué : au lieu de se retirer, Israël a multiplié les colonies. La question palestinienne est centrale car : elle structure les alliances (Iran/résistance vs pays du Golfe/accords d'Abraham) ; elle alimente la radicalisation et le djihadisme ; elle cristallise les divisions de la communauté internationale ; et elle est l'une des sources des crises humanitaires récurrentes (guerres à Gaza : 2008-2009, 2012, 2014, 2021, 2023-2024). Tant qu'elle n'est pas résolue (solution à deux États ou autre), elle restera un facteur d'instabilité régionale.
Méthode attendue : Citer les documents (numéro, ligne), croiser les deux documents, apporter des connaissances extérieures pour dépasser les documents.
Cours particuliers de histoire-géographie à Marseille, en présentiel ou à distance — un prof qui s'adapte à ton rythme et reprend ce qui coince.