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Histoire-Géographie · Classe de Terminale

Le Proche et Moyen-Orient : un foyer de conflits

Géographie — Thème 4 : ressources, conflits et enjeux géopolitiques dans une région stratégique du monde (programme de Terminale)

À propos de cette page
Ces exercices corrigés sur « Le Proche et Moyen-Orient : un foyer de conflits » en terminale permettent de s'entraîner et de vérifier ses acquis en histoire-géographie. Ils suivent le programme officiel de terminale et sont classés par difficulté (facile, moyen, difficile). Au programme : Une région au cœur de la géopolitique mondiale, Des ressources pétrolières et gazières convoitées, La question palestinienne : un conflit central, Des rivalités de puissances régionales. Écris ta réponse puis clique sur « Vérifier » : la correction est immédiate et tolère majuscules, espaces et ponctuation. Cet entraînement aide à mémoriser les méthodes, repérer ses erreurs et gagner en confiance avant un contrôle. Exercices gratuits proposés par un professeur particulier à Marseille pour réviser histoire-géographie en terminale.

Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.

Exercice 1 — Situer les lieux stratégiques

Localisez et caractérisez chacun des espaces géographiques suivants en précisant pourquoi il revêt une dimension stratégique.

  1. Le détroit de Bab el-Mandeb.
  2. Le plateau du Golan.
  3. La péninsule du Sinaï.
  4. Le fleuve Euphrate et la question de l'eau.
  5. La région du Kurdistan.
Méthode. Pour chaque espace : situez-le (pays/frontières), puis associez-lui un enjeu (énergie, eau, sécurité, identité).

Bab el-Mandeb : détroit séparant la péninsule Arabique (Yémen) de la Corne de l'Afrique (Djibouti, Érythrée), reliant la mer Rouge au golfe d'Aden. C'est un verrou maritime du commerce mondial vers le canal de Suez ; les attaques de navires par les Houthis depuis 2023 en montrent la vulnérabilité.
Plateau du Golan : hauteur frontalière entre la Syrie et Israël, conquise par Israël en 1967 puis annexée en 1981 (non reconnu par l'ONU). Enjeu militaire (position dominante) et hydraulique (ressources en eau).
Sinaï : péninsule égyptienne occupée par Israël en 1967, restituée à l'Égypte par les accords de Camp David (1979). Illustre qu'un règlement négocié de territoires occupés est possible.
Euphrate : fleuve né en Turquie, traversant la Syrie et l'Irak. Les barrages turcs (projet GAP) réduisent le débit en aval : l'eau devient une arme géopolitique (« guerres de l'eau »).
Kurdistan : aire de peuplement kurde répartie sur la Turquie, l'Irak, l'Iran et la Syrie. Peuple sans État, les Kurdes nourrissent des revendications autonomistes (PKK en Turquie, FDS en Syrie) qui déstabilisent plusieurs frontières.

Exercice 2 — Dater des événements non vus en cours

Datez précisément chacun des événements suivants et reliez-le à son contexte régional.

  1. Les accords Sykes-Picot de partage du Proche-Orient.
  2. La déclaration Balfour favorable à un foyer national juif.
  3. Le premier choc pétrolier déclenché par l'embargo de l'OPEP.
  4. Le traité de paix entre Israël et la Jordanie.
  5. L'explosion du port de Beyrouth.
Méthode. Raccrochez chaque date à une logique : héritage colonial (1916-1917), arme du pétrole (années 1970), processus de paix bilatéraux, crises contemporaines.

Accords Sykes-Picot : 1916 — accord secret franco-britannique de partage des zones d'influence dans l'Empire ottoman ; à l'origine de frontières artificielles.
Déclaration Balfour : 1917 — le Royaume-Uni se déclare favorable à l'établissement d'un « foyer national juif » en Palestine.
Premier choc pétrolier : 1973 — pendant la guerre du Kippour, les pays arabes de l'OPEP décrètent un embargo et quadruplent les prix : le pétrole devient une arme diplomatique.
Traité Israël-Jordanie : 1994 — second traité de paix d'Israël avec un État arabe (après l'Égypte en 1979).
Explosion du port de Beyrouth : 4 août 2020 — catastrophe révélatrice de la faillite de l'État libanais.

Exercice 3 — Définir des notions complémentaires

Définissez avec précision chacune des notions suivantes en une à deux phrases.

  1. Un État rentier.
  2. Le panarabisme.
  3. Le wahhabisme.
  4. Un goulet d'étranglement (ou « point de passage stratégique »).
  5. La diplomatie du « soft power » appliquée au Qatar.
Méthode. Une définition réussie = mot-genre + trait distinctif + exemple ou repère régional.

État rentier : État dont les revenus proviennent majoritairement de l'exploitation et de l'exportation d'une ressource (ici les hydrocarbures) plutôt que de la fiscalité sur le travail ; ex. : les monarchies du Golfe, qui achètent la paix sociale par la redistribution de la rente.
Panarabisme : idéologie politique prônant l'unité de tous les peuples arabes au sein d'une même nation ; incarné par Nasser (Égypte) dans les années 1950-1960, il a décliné après la défaite de 1967.
Wahhabisme : doctrine sunnite rigoriste née au XVIIIe siècle dans la péninsule Arabique, devenue religion d'État en Arabie Saoudite ; longtemps exportée via le financement de mosquées et d'écoles.
Goulet d'étranglement : passage maritime resserré et obligatoire dont le contrôle confère un pouvoir stratégique majeur (détroits d'Ormuz, de Bab el-Mandeb, canal de Suez).
Soft power qatari : stratégie d'influence par des moyens non militaires — médias (Al Jazeera), événements sportifs (Coupe du monde 2022), médiation diplomatique, investissements à l'étranger — permettant à un petit État d'exister sur la scène internationale.

Exercice 4 — Classer les acteurs selon leurs alliances

Pour chacun des acteurs suivants, indiquez s'il se rattache plutôt au camp pro-iranien, au camp pro-saoudien/occidental ou s'il occupe une position singulière, en justifiant.

  1. Les Houthis du Yémen.
  2. Le Qatar.
  3. Les Forces démocratiques syriennes (FDS, à dominante kurde).
  4. Le Hezbollah libanais.
  5. Les Émirats arabes unis.
Méthode. Croisez deux critères : la confession (chiite/sunnite) n'explique pas tout, l'intérêt stratégique prime souvent.

Houthis (Yémen) : camp pro-iranien — mouvement zaydite (proche du chiisme) armé par Téhéran, en guerre contre la coalition menée par l'Arabie Saoudite depuis 2015.
Qatar : position singulière — émirat sunnite allié des États-Unis (base d'Al-Udeid) mais entretenant des relations avec l'Iran (gisement gazier partagé) et soutenant les Frères musulmans, ce qui lui a valu un blocus de ses voisins (2017-2021).
FDS kurdes : position singulière — alliées des États-Unis contre Daech, mais combattues par la Turquie (pourtant membre de l'OTAN) ; elles ne s'inscrivent ni dans l'axe iranien ni dans l'axe saoudien.
Hezbollah : camp pro-iranien — pilier chiite de l'« axe de la résistance », financé et armé par l'Iran.
Émirats arabes unis : camp pro-saoudien/occidental — monarchie sunnite, signataire des accords d'Abraham (2020), partenaire des États-Unis et rivale de l'Iran, mais avec une diplomatie économique pragmatique.

Exercice 5 — Expliquer un enjeu géopolitique

Répondez en quelques phrases argumentées à chacune des questions suivantes.

  1. En quoi l'eau peut-elle devenir, au même titre que le pétrole, une source de conflit au Proche-Orient ?
  2. Pourquoi la question kurde constitue-t-elle un facteur de déstabilisation transfrontalier ?
  3. En quoi le programme nucléaire iranien cristallise-t-il les tensions régionales et internationales ?
Méthode. Thèse claire en première phrase, puis un exemple précis et daté.

L'eau, source de conflit : le Proche-Orient est l'une des régions les plus arides du monde et l'eau y est inégalement répartie. Le contrôle des fleuves transfrontaliers (Tigre, Euphrate, Jourdain) crée des rapports de force : la Turquie, château d'eau de la région, réduit le débit en aval par ses barrages (projet GAP), au détriment de la Syrie et de l'Irak. L'accès à l'eau est aussi un enjeu du conflit israélo-palestinien (nappes de Cisjordanie).

La question kurde : les 30 à 40 millions de Kurdes forment le plus grand peuple sans État, répartis sur quatre pays. Toute avancée de l'autonomie kurde dans un pays (autonomie en Irak, FDS en Syrie) inquiète les autres, surtout la Turquie qui combat le PKK. La cause kurde provoque donc des interventions militaires transfrontalières et empêche toute stabilisation durable.

Le nucléaire iranien : l'Iran développe depuis les années 2000 un programme d'enrichissement de l'uranium présenté comme civil, mais soupçonné de visées militaires. Il inquiète Israël (qui menace de frappes préventives) et les monarchies du Golfe (risque de course régionale à l'arme nucléaire). L'accord de Vienne (JCPOA, 2015), puis son abandon par les États-Unis (2018), illustrent l'imbrication des enjeux régionaux et des grandes puissances.

Exercice 6 — Analyse de document — La rente pétrolière comme instrument de puissance

Lisez le texte, puis répondez aux questions guidées en mobilisant vos connaissances.

  1. Présentez le document : nature, auteur supposé, contexte historique évoqué.
  2. Quelle « arme » le document décrit-il et à quel événement de 1973 fait-il référence ?
  3. Relevez la contradiction soulignée par l'auteur quant à l'usage de cette arme. Pourquoi parle-t-il d'une arme « à double tranchant » ?
  4. En vous appuyant sur vos connaissances, montrez en quoi ce texte illustre à la fois la puissance et la fragilité des États rentiers du Golfe.
Méthode. Une analyse de document suit quatre temps : présenter, expliquer le contenu, prélever des informations, puis confronter à ses connaissances.

1. Présentation. Nature : déclaration politique d'un responsable saoudien devant l'OPEP, texte de synthèse à visée pédagogique. Auteur : un ministre du Pétrole d'un grand État producteur. Contexte : la période des chocs pétroliers (à partir de 1973), où les pays arabes prennent conscience du levier que représente leur ressource.

2. L'arme décrite. Il s'agit de l'« arme du pétrole » : la capacité des producteurs à réduire la production et à imposer un embargo. Le texte renvoie explicitement à l'embargo de 1973, décidé pendant la guerre du Kippour contre les États soutenant Israël, qui provoqua le premier choc pétrolier (quadruplement des prix).

3. La contradiction. L'auteur souligne que trop utiliser l'arme pétrolière est contre-productif : des prix trop élevés ou des coupures trop brutales poussent les pays consommateurs à économiser l'énergie, à diversifier leurs sources (nucléaire, charbon, plus tard renouvelables) et à exploiter de nouveaux gisements (mer du Nord). L'arme est « à double tranchant » car elle peut, à terme, détruire la rente qu'elle est censée protéger.

4. Puissance et fragilité des États rentiers. Puissance : la rente finance le développement, l'armement et l'influence diplomatique (États rentiers du Golfe, OPEP comme acteur mondial). Fragilité : une économie trop dépendante des hydrocarbures subit la « malédiction des ressources » et les fluctuations des cours ; la transition énergétique mondiale menace le modèle, ce qui explique les stratégies de diversification (Vision 2030 saoudienne, investissements émiratis et qataris). Le texte anticipe donc le dilemme structurel de ces États : tirer profit de la ressource sans en devenir prisonnier.
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