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Histoire-Géographie · Classe de Terminale

L'Asie du Sud et de l'Est : puissances, tensions et conflits

Géographie — Thème 2 : une région-monde au cœur de la mondialisation, marquée par la montée en puissance de la Chine et de l'Inde et par de nombreux foyers de conflits.

À propos de cette page
Ces exercices corrigés sur « L'Asie du Sud et de l'Est : puissances, tensions et conflits » en terminale permettent de s'entraîner et de vérifier ses acquis en histoire-géographie. Ils suivent le programme officiel de terminale et sont classés par difficulté (facile, moyen, difficile). Au programme : L'Asie du Sud et de l'Est : une région-monde, La Chine : une hyperpuissance en construction, L'Inde : une puissance émergente affirmée, Le Japon et les autres puissances régionales. Écris ta réponse puis clique sur « Vérifier » : la correction est immédiate et tolère majuscules, espaces et ponctuation. Cet entraînement aide à mémoriser les méthodes, repérer ses erreurs et gagner en confiance avant un contrôle. Exercices gratuits proposés par un professeur particulier à Marseille pour réviser histoire-géographie en terminale.

Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.

Exercice 1 — Repères : dates de la montée en puissance asiatique

Datez précisément chacun de ces événements ou jalons de l'affirmation des puissances asiatiques.

  1. La fondation de l'ASEAN à Bangkok.
  2. Le lancement des réformes d'ouverture par Deng Xiaoping en Chine.
  3. Le premier essai nucléaire indien (« Smiling Buddha »).
  4. L'accession de Xi Jinping à la tête du Parti communiste chinois.
  5. La sentence de la Cour permanente d'arbitrage sur la mer de Chine méridionale.
  6. La signature du partenariat AUKUS.
  7. Le moment où l'Inde devient le pays le plus peuplé du monde, devant la Chine.
Méthode. Rattachez chaque jalon à une logique d'ensemble (décollage économique / affirmation militaire / recomposition des alliances) avant d'affiner à l'année.

• Fondation de l'ASEAN : 1967 — en pleine Guerre froide, pour contenir le communisme en Asie du Sud-Est.
• Réformes de Deng Xiaoping : 1978 — point de départ du « miracle » économique chinois.
• Essai nucléaire indien : 1974 — l'Inde rejoint le club nucléaire de fait (hors TNP).
• Xi Jinping secrétaire général du PCC : 2012 (président en 2013) — tournant vers une puissance plus affirmée.
• Sentence sur la mer de Chine : 2016 — la CPA juge la « ligne des neuf traits » contraire à la CNUDM.
• AUKUS : 2021 — recomposition des alliances en Indo-Pacifique.
• Inde 1er pays le plus peuplé : 2023 — selon les estimations de l'ONU.

Exercice 2 — Le vocabulaire de la géographie des puissances

Définissez avec précision chacune de ces notions du programme en une ou deux phrases.

  1. Une puissance complète (ou « globale »).
  2. L'autonomie stratégique.
  3. L'Indo-Pacifique.
  4. Un détroit stratégique (ou « point de passage stratégique »).
  5. La diplomatie du piège de la dette.
  6. Le « dividende démographique ».
Méthode. Une bonne définition = un mot-genre + un trait distinctif + (si possible) un exemple régional.

Puissance complète : État cumulant tous les attributs de la puissance — économique, militaire, diplomatique, technologique et culturel (soft power). En Asie, aucun État ne l'est totalement : la Chine s'en approche le plus, le Japon manque de dimension militaire offensive.
Autonomie stratégique : capacité d'un État à définir sa politique extérieure et de défense sans dépendre d'un allié ni s'aligner sur un bloc. C'est la doctrine indienne par excellence (« non-alignement renouvelé »).
Indo-Pacifique : espace géostratégique reliant l'océan Indien et le Pacifique, devenu le cadre de pensée des stratégies américaine, japonaise, australienne et française face à l'expansion chinoise.
Détroit stratégique : passage maritime resserré et incontournable concentrant le trafic mondial, donc objet de convoitises et de vulnérabilités (Malacca, Ormuz, détroit de Taïwan).
Diplomatie du piège de la dette : mécanisme par lequel un État créancier (la Chine via la BRI) obtient une influence politique ou des actifs stratégiques sur un pays débiteur incapable de rembourser.
Dividende démographique : avantage économique tiré d'une population jeune et active nombreuse ; l'Inde en bénéficie aujourd'hui, alors que la Chine en sort à cause de son vieillissement.

Exercice 3 — Localiser les foyers de tension

Pour chaque lieu, indiquez où il se situe, quels acteurs s'y opposent et quel est l'enjeu principal.

  1. Les îles Senkaku / Diaoyu.
  2. Le port de Hambantota.
  3. La vallée de Galwan (Ladakh).
  4. Le détroit de Malacca.
  5. Les îles Spratleys.
  6. La zone démilitarisée du 38e parallèle.
Méthode. Pour chaque lieu : localisation précise + acteurs concernés + enjeu (souveraineté, ressources, route maritime, sécurité).

Senkaku / Diaoyu : archipel inhabité en mer de Chine orientale, disputé entre le Japon (qui les administre) et la Chine ; enjeu de souveraineté et de ressources halieutiques et gazières.
Hambantota : port du sud du Sri Lanka, cédé à bail pour 99 ans à la Chine en 2017 ; cas emblématique de la diplomatie du piège de la dette liée à la BRI.
Vallée de Galwan : zone himalayenne du Ladakh, sur la ligne de contrôle effectif (LAC) entre Inde et Chine ; affrontement meurtrier de 2020, enjeu frontalier.
Détroit de Malacca : passage entre Malaisie, Indonésie et Singapour reliant océan Indien et mer de Chine ; goulet par lequel transite l'essentiel du pétrole importé par la Chine (« dilemme de Malacca »).
Spratleys : archipel de la mer de Chine méridionale revendiqué par la Chine, le Vietnam, les Philippines, la Malaisie, Brunei et Taïwan ; îles artificielles militarisées, ressources et routes maritimes.
38e parallèle : ligne d'armistice de 1953 séparant les deux Corées ; zone la plus militarisée du monde, enjeu de sécurité régionale et de prolifération nucléaire.

Exercice 4 — Hiérarchiser et comparer les puissances

Classez ou comparez les éléments demandés en justifiant brièvement votre réponse.

  1. Classez la Chine, l'Inde et le Japon selon leur rang dans le PIB nominal mondial, puis dites lequel est le plus peuplé.
  2. Comparez la nature de la puissance militaire de la Chine et celle du Japon.
  3. Indiquez deux atouts et deux limites de la puissance indienne par rapport à la puissance chinoise.
Méthode. Comparer, ce n'est pas juxtaposer : faites ressortir une différence de nature ou de degré.

Classement PIB nominal : la Chine (2e mondiale) devance le Japon (4e), lui-même devant l'Inde (5e). Mais c'est l'Inde qui est désormais le pays le plus peuplé du monde, devant la Chine. La hiérarchie économique ne recoupe donc pas la hiérarchie démographique.

Chine / Japon militaires : la Chine dispose d'une armée offensive en pleine montée en puissance (2e budget mondial, marine océanique, porte-avions, arme nucléaire) au service d'ambitions régionales. Le Japon, lié par l'article 9 de sa Constitution et par l'alliance américaine, ne possède que des « Forces d'autodéfense » à vocation défensive, même s'il réarme depuis 2022. Différence de nature (offensif vs défensif) et de degré.

Inde vs Chine : Atouts indiens — population jeune (dividende démographique là où la Chine vieillit), régime démocratique et services de haute technologie (Bangalore). Limites — un PIB et des infrastructures bien inférieurs à ceux de la Chine, et une pauvreté de masse persistante qui pèse sur sa puissance réelle.

Exercice 5 — Raisonner sur les stratégies de puissance

Répondez en quelques phrases argumentées à chacune des questions suivantes.

  1. Pourquoi peut-on dire que la mer est au cœur de la stratégie de puissance chinoise ?
  2. En quoi le « collier de perles » et le « dilemme de Malacca » sont-ils deux faces d'une même préoccupation chinoise ?
  3. Pourquoi les États voisins de la Chine se rapprochent-ils des États-Unis tout en restant dépendants économiquement de Pékin ?
Méthode. Posez une thèse claire en première phrase, puis appuyez-la d'un exemple précis.

La mer, cœur de la puissance chinoise : la Chine est une puissance maritime émergente dont le commerce, l'approvisionnement énergétique et la projection militaire passent par la mer. Elle sécurise ses façades (mer de Chine méridionale et orientale), construit une marine océanique et des îles artificielles, et développe la « route maritime de la soie ». Maîtriser la mer, c'est garantir ses flux et contester la domination navale américaine dans le Pacifique.

« Collier de perles » et « dilemme de Malacca » : le dilemme de Malacca désigne la vulnérabilité de la Chine, dont l'essentiel du pétrole transite par un détroit que les États-Unis pourraient bloquer. Le « collier de perles » (chaîne de ports financés par la Chine : Gwadar, Hambantota, Kyaukpyu, Djibouti) est la réponse à cette vulnérabilité : il sécurise et diversifie les routes d'approvisionnement autour de l'océan Indien. Même préoccupation : la sécurité énergétique et logistique.

Voisins partagés entre Washington et Pékin : pour leur sécurité, des États comme les Philippines, le Vietnam ou le Japon recherchent la protection militaire américaine face à l'affirmation chinoise (Quad, AUKUS, alliances bilatérales). Mais la Chine est leur premier partenaire commercial : un alignement total leur coûterait économiquement. Ils pratiquent donc une stratégie de couverture (« hedging »), équilibrant sécurité et intérêts économiques.

Exercice 6 — Analyse de document — Le discours de Xi Jinping sur les Nouvelles Routes de la Soie (2017)

Lisez l'extrait du discours, puis répondez aux questions guidées en mobilisant vos connaissances.

  1. Présentez le document : nature, auteur et sa fonction, date, contexte et destinataires.
  2. Relevez les arguments par lesquels Xi Jinping présente la BRI comme un projet pacifique et désintéressé.
  3. En confrontant le texte à vos connaissances, montrez que la BRI poursuit aussi des objectifs géopolitiques que le discours passe sous silence.
  4. En quoi ce document illustre-t-il l'usage du soft power par la Chine ?
Méthode. Une analyse de document suit quatre temps : présenter, prélever des informations, confronter à ses connaissances (esprit critique), conclure sur la portée.

1. Présentation. Nature : discours politique officiel (source primaire). Auteur : Xi Jinping, secrétaire général du PCC et président de la République populaire de Chine depuis 2012-2013. Date : 14 mai 2017, à Pékin, lors du premier grand Forum de la BRI, lancée en 2013. Destinataires : les dirigeants de plus de 130 pays partenaires — le cadre est donc une opération de communication internationale.

2. Le discours d'un projet pacifique. Xi Jinping multiplie les formules rassurantes : « ce n'est pas un instrument géopolitique », « coopération gagnant-gagnant », « une grande famille », « route de la paix ». Il insiste sur les infrastructures concrètes (ports, chemins de fer, numérique) et affirme ne vouloir imposer ni modèle politique ni condition, contrairement à l'aide occidentale.

3. Les non-dits géopolitiques. En réalité, la BRI sert l'influence chinoise : elle ouvre des marchés aux entreprises chinoises, sécurise ses approvisionnements (collier de perles, Gwadar, Hambantota), et crée des dépendances financières — le risque de « diplomatie du piège de la dette » a conduit le Sri Lanka à céder Hambantota en 2017, l'année même du discours. La BRI étend aussi une influence stratégique (ports à double usage civil et militaire) et conteste l'ordre libéral occidental, en concurrence avec la Banque mondiale (via la BAII).

4. Un outil de soft power. Le discours lui-même est un acte de soft power : il forge l'image d'une Chine généreuse, ouverte et respectueuse de la souveraineté d'autrui, opposée à l'image d'un Occident donneur de leçons. En séduisant plutôt qu'en contraignant, Pékin cherche à construire un récit favorable de sa montée en puissance. Le document doit donc être lu de façon critique : il relève autant de la propagande diplomatique que de l'information.
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