À propos de cette page
Ce cours d'enseignement scientifique en terminale sur « La complexité du système climatique » suit le programme officiel d'enseignement scientifique de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : L'essentiel, Météorologie, climat et indicateurs climatiques, Variabilité naturelle et réchauffement actuel, Effet de serre et forçage radiatif. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en enseignement scientifique.
1
L'essentiel
Météorologie : étude des phénomènes atmosphériques qu'il est possible de prévoir à court terme, c'est-à-dire sur quelques jours.
Climat : ensemble des moyennes des grandeurs atmosphériques observées dans une région pendant une période donnée, en général 30 ans. Ces grandeurs sont principalement la température, la pression, le degré d'hygrométrie, la pluviométrie, la nébulosité, la vitesse et la direction des vents. La climatologie étudie les variations du climat, local ou global, à moyen ou long terme (années, siècles, millénaires).
Forçage radiatif : différence entre la puissance radiative reçue et la puissance radiative émise par le système climatique, rapportée à 1 m² de surface (en W·m⁻²). Un forçage positif fait accumuler de l'énergie au système, qui se réchauffe jusqu'à un nouvel équilibre.
Rétroaction : mécanisme déclenché par une perturbation et qui agit en retour sur elle. Elle est positive (amplificatrice) si elle renforce la perturbation, négative (stabilisatrice) si elle l'atténue.
Le système climatique est complexe : atmosphère, océan, glaces, sols et êtres vivants échangent énergie et matière ; toute perturbation déclenche des rétroactions, et l'océan introduit une inertie de plusieurs siècles.
2
Météorologie, climat et indicateurs climatiques
Au-delà de quelques jours, l'état précis de l'atmosphère devient imprévisible : la météorologie travaille donc à court terme. Le climat se décrit par des normales, moyennes calculées sur 30 ans ; les normales en vigueur portent sur la période 1991-2020.
Exemple. « Il a fait 36 °C à Lyon le 14 juillet » est une donnée météorologique : une valeur, un lieu, un jour. « La température moyenne de juillet à Lyon sur 1991-2020 » est une donnée climatique : une moyenne sur 30 ans.
Indicateurs du climat global : la température moyenne de la Terre, calculée à partir de mesures in situ et de mesures depuis l'espace par satellites, en est un ; il en existe d'autres, comme le volume (ou le niveau) des océans et l'étendue des glaces et des glaciers.
| Indicateur | Comment on l'obtient |
|---|
| Température moyenne à la surface du globe | Stations, navires, bouées (in situ) et satellites |
| Niveau moyen des océans | Marégraphes et altimétrie par satellite |
| Étendue des glaces (banquise, glaciers, calottes) | Images satellitaires, relevés de terrain |
| Indicateurs indirects | Dates des vendanges ou de floraison, position du front d'un glacier, carottes de glace |
La température globale est souvent donnée en anomalie : écart à la moyenne d'une période de référence (par exemple 1850-1900). Une anomalie de +1 °C signifie « 1 °C de plus que la référence », pas « il fait 1 °C ».
3
Variabilité naturelle et réchauffement actuel
Variabilité naturelle : le climat varie naturellement à toutes les échelles de temps — d'une année à l'autre (phénomène El Niño, grandes éruptions volcaniques), sur quelques siècles (activité solaire), sur des dizaines de milliers d'années (alternance de périodes glaciaires et interglaciaires, rythmée par les variations de l'orbite terrestre).
Les bulles d'air piégées dans les glaces de l'Antarctique montrent que, depuis au moins 800 000 ans, la teneur en CO₂ a oscillé entre environ 180 ppm (périodes glaciaires) et 280 à 300 ppm (interglaciaires), en même temps que la température. La formation de l'atmosphère et son évolution sur les temps géologiques relèvent du chapitre précédent.
Réchauffement actuel : la température moyenne à la surface du globe a augmenté d'environ 1,1 °C entre 1850-1900 et 2011-2020. Depuis la révolution industrielle, la teneur en CO₂ est passée d'environ 280 ppm à plus de 420 ppm, principalement du fait de l'utilisation des combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz), et secondairement de la déforestation et de la fabrication du ciment.
Un rythme inédit : depuis plusieurs centaines de milliers d'années, jamais la concentration en CO₂ n'a augmenté aussi vite. Une déglaciation lui fait gagner une centaine de ppm en une dizaine de milliers d'années ; l'ère industrielle a fait davantage en moins de deux siècles.
La courbe de Keeling (mesures à Mauna Loa, Hawaï, depuis 1958) superpose une tendance à la hausse, qui s'accélère, et une oscillation annuelle de quelques ppm : pendant la saison de croissance de la végétation de l'hémisphère Nord, la photosynthèse prélève du CO₂ et la teneur baisse.
4
Effet de serre et forçage radiatif
La surface terrestre, chauffée par le rayonnement solaire, émet un rayonnement infrarouge. Les gaz à effet de serre — vapeur d'eau H₂O, dioxyde de carbone CO₂, méthane CH₄, protoxyde d'azote N₂O — l'absorbent puis le réémettent dans toutes les directions, en partie vers le sol : la surface reçoit ainsi, en plus du rayonnement solaire, un rayonnement venu de l'atmosphère.
Mécanisme du réchauffement : lorsque la concentration des gaz à effet de serre augmente, l'atmosphère absorbe davantage l'infrarouge émis par la surface, et la puissance radiative reçue par le sol de la part de l'atmosphère augmente. L'équilibre radiatif de l'ère préindustrielle est rompu : le forçage radiatif devient positif. L'énergie supplémentaire est stockée essentiellement par l'océan (environ 90 %), mais aussi par l'air, les sols et les glaces qui fondent : la température moyenne de surface augmente et le niveau de la mer monte.
Vers un nouvel équilibre : en se réchauffant, la surface émet davantage ; le système tend vers un équilibre plus chaud, où la puissance reçue égale de nouveau la puissance émise.
| Facteur (depuis 1750) | Forçage |
|---|
| CO₂, puis CH₄ et N₂O | positif, dominé par le CO₂ |
| Aérosols issus de la pollution | négatif : ils masquent une partie du réchauffement |
| Activité solaire | quasi nul, négligeable devant le forçage humain |
La vapeur d'eau est le principal gaz à effet de serre, mais sa teneur dans l'air est fixée par la température : elle intervient comme une rétroaction, pas comme un forçage.
5
Les rétroactions du système climatique
L'évolution de la température moyenne résulte de plusieurs effets amplificateurs et de quelques effets stabilisateurs.
| Rétroaction | Enchaînement | Signe |
|---|
| Vapeur d'eau | air plus chaud → il contient plus de vapeur d'eau (environ 7 % par °C) → effet de serre renforcé | positive |
| Albédo des glaces | fonte → la neige et la glace (albédo 0,5 à 0,9) laissent place à l'océan ou au sol, bien plus sombres (océan : moins de 0,1) → plus d'énergie absorbée | positive |
| Solubilité du CO₂ | océan plus chaud → il dissout moins de CO₂ → plus de CO₂ reste dans l'air | positive |
| Pergélisol | dégel partiel → décomposition de la matière organique → libération de CO₂ et de CH₄ | positive |
| Végétalisation | plus de CO₂ → croissance végétale accrue → puits de CO₂ (à court terme) | négative |
« Positive » veut dire amplificatrice, pas « bénéfique ». Pour trouver le signe, on part d'un réchauffement et on suit la chaîne jusqu'au bout : si elle ramène davantage de réchauffement, la rétroaction est positive.
6
Le rôle de l'océan
Amortisseur : grâce à sa masse et à la forte capacité thermique de l'eau, l'océan absorbe à sa surface une fraction importante de l'énergie supplémentaire (environ 90 %) ; la température de l'air augmente donc moins vite que si l'atmosphère était seule.
Inertie : cette énergie accumulée n'est restituée que très lentement, ce qui rend le changement climatique irréversible à l'échelle de plusieurs siècles.
Élévation du niveau de la mer : elle a deux causes principales, la dilatation thermique de l'eau qui se réchauffe et la fusion des glaces continentales (glaciers, calottes du Groenland et de l'Antarctique). La fonte de la banquise, glace de mer qui flotte déjà, ne modifie quasiment pas le niveau. Le niveau moyen s'est élevé d'environ 20 cm entre 1901 et 2018.
Dilatation thermique : si un volume d'eau voit sa température varier de , son volume varie de où est le coefficient de dilatation (de l'ordre de °C⁻¹ pour l'eau de mer). Si seule une couche superficielle d'épaisseur se réchauffe et si la surface de l'océan ne varie pas, alors et l'élévation du niveau vaut
L'océan absorbe aussi environ un quart du CO₂ émis par les activités humaines : il freine la hausse du CO₂ atmosphérique, mais s'acidifie (le pH de surface a baissé d'environ 0,1 depuis l'ère préindustrielle). Les projections pour les décennies à venir (scénarios du GIEC) et les leviers d'action sont étudiés dans la suite du programme.
7
Méthodes
Méthode 1 — Distinguer une donnée météorologique d'une donnée climatique- Repérer la durée concernée : un jour, une semaine, ou plusieurs décennies.
- Se demander s'il s'agit d'une valeur ponctuelle (mesure, prévision) ou d'une moyenne.
- Moyenne sur une trentaine d'années ou comparaison de telles moyennes : climat ; sinon : météorologie.
Exemple rédigé. « Il est tombé 48 mm de pluie à Rennes le 3 octobre » : une valeur à une date précise, c'est une donnée météorologique. « La pluviométrie moyenne d'octobre à Rennes sur 1991-2020 » : une moyenne sur 30 ans, c'est une donnée climatique.
Méthode 2 — Exploiter l'évolution d'un indicateur climatique- Décrire la tendance générale (hausse, baisse, stabilité) en citant des valeurs.
- Calculer la variation entre deux dates, puis le rythme moyen : variation divisée par la durée.
- Comparer les rythmes de deux périodes pour repérer une accélération.
- Conclure avec prudence : un indicateur local est cohérent avec une tendance globale sans la démontrer à lui seul.
Exemple rédigé. Le front d'un glacier alpin a reculé de 1 200 m entre 1900 et 1960, puis de 1 500 m entre 1960 et 2020. Rythmes moyens : 1 200 ÷ 60 = 20 m par an, puis 1 500 ÷ 60 = 25 m par an. Le recul se poursuit et s'accélère, ce qui est cohérent avec un réchauffement régional.
Méthode 3 — Estimer l'élévation du niveau de la mer due à la dilatation- Relever (en °C⁻¹), l'épaisseur de la couche qui se réchauffe (en m) et (en °C).
- Appliquer ; le résultat est en mètres.
- Convertir en cm ou en mm et vérifier l'ordre de grandeur (quelques centimètres).
- Si l'on demande un volume : .
Exemple rédigé. Une couche de 700 m se réchauffe de 0,4 °C, avec °C⁻¹. m, soit 5,6 cm.
Méthode 4 — Déterminer le signe d'une rétroaction- Partir d'une perturbation initiale (par exemple un réchauffement).
- Écrire la chaîne des conséquences, flèche par flèche, chacune justifiée.
- Regarder l'effet final sur la perturbation : renforcée → rétroaction positive ; atténuée → rétroaction négative.
Exemple rédigé. Réchauffement → dégel partiel du pergélisol → décomposition de la matière organique par les micro-organismes → libération de CO₂ et de CH₄ → effet de serre renforcé → réchauffement accru. La perturbation est amplifiée : rétroaction positive.
8
Pièges et erreurs classiques
Confondre météo et climat. Un hiver froid ou une chute de neige est un événement météorologique ; seul l'examen de moyennes sur plusieurs décennies renseigne sur le climat.
Confondre banquise et glaces continentales. La banquise flotte : sa fonte ne fait quasiment pas monter la mer. Ce sont les glaciers et les calottes posés sur les continents qui contribuent à la hausse.
« Rétroaction positive » ne veut pas dire « bonne nouvelle ». Elle amplifie la perturbation ; pour le réchauffement, c'est plutôt une mauvaise nouvelle.
Dans , est l'épaisseur de la couche qui se réchauffe, pas la profondeur totale de l'océan : les eaux profondes se réchauffent beaucoup moins.
Un forçage n'est pas une température. Il s'exprime en W·m⁻² ; la hausse de température en est la conséquence, avec un retard dû à l'inertie de l'océan.
Effet de serre et « trou » dans la couche d'ozone sont deux phénomènes distincts. Le réchauffement ne vient pas d'un surplus d'ultraviolets qui entrerait par ce trou.
En bref
- Météo : court terme (jours) ; climat : moyennes sur 30 ans ; indicateurs globaux : température moyenne, niveau des océans, étendue des glaces.
- Variabilité naturelle à toutes les échelles, mais une hausse du CO₂ (280 → plus de 420 ppm) d'une rapidité inédite, due surtout aux combustibles fossiles ; environ +1,1 °C depuis 1850-1900.
- Plus de gaz à effet de serre → plus d'infrarouge renvoyé vers le sol → forçage radiatif positif → énergie stockée surtout dans l'océan.
- Rétroactions positives : vapeur d'eau, albédo des glaces, solubilité du CO₂, pergélisol ; négative : végétalisation.
- Océan : amortisseur et source d'inertie ; mer qui monte par dilatation () et fonte des glaces continentales, pas de la banquise.