Mesurer la biodiversité, comprendre les mécanismes de l'évolution et l'érosion actuelle du vivant — thème « Science, climat et société » (programme d'enseignement scientifique de Tle générale)
Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.
Réponds aux questions en mobilisant les notions du cours.
Exploite le document pour répondre par un raisonnement scientifique rigoureux.
Appuie chaque réponse sur un calcul justifié.
Croise les informations des deux documents pour répondre.
Rédige une réponse organisée d'une dizaine de lignes.
Exercice 1 — Échelles et mesure de la biodiversité
Q1. La biodiversité est l'ensemble de la diversité du vivant. Elle s'apprécie à trois échelles : la diversité des écosystèmes, la diversité spécifique (les espèces) et la diversité génétique (les allèles au sein d'une espèce). (0,5 pt pour la définition + 0,5 pt par échelle)
Q2. L'étang X est le plus biodivers. À richesse spécifique égale (5 espèces dans les deux), il faut tenir compte de l'abondance relative : dans X les espèces sont équitablement représentées (20 % chacune), tandis que dans Y une seule espèce domine massivement (96 %). Une communauté équilibrée est considérée comme plus diverse qu'une communauté déséquilibrée. (1 pt pour le choix de X, 1 pt pour la justification par l'équitabilité)
Exercice 2 — Raisonnement sur un document : adaptation des bactéries aux antibiotiques
Q1. La proportion de bactéries résistantes passe de 2 % à G0 à 99 % à G10 : elle augmente fortement et de façon continue, avec une croissance d'abord lente puis rapide, jusqu'à la quasi-totalité de la population. (1,5 pt)
Q2. La force responsable est la sélection naturelle. En présence d'antibiotique, les bactéries résistantes survivent et se reproduisent, alors que les sensibles sont éliminées : l'allèle de résistance est favorisé de façon orientée par l'environnement (la pression de l'antibiotique). Ce n'est donc pas du hasard mais un avantage de survie/reproduction, ce qui caractérise la sélection naturelle, par opposition à la dérive (aléatoire). (1 pt pour l'identification, 1 pt pour la justification du caractère non aléatoire)
Q3. Non, l'antibiotique n'a pas créé l'allèle : le document précise que la mutation conférant la résistance préexistait à l'ajout de l'antibiotique. La mutation (aléatoire) crée l'allèle ; l'antibiotique ne fait que sélectionner les bactéries qui le possèdent déjà. Confondre les deux reviendrait à la conception fausse d'une adaptation « à la demande ». (1,5 pt)
Exercice 3 — Calcul et interprétation avec Hardy-Weinberg
Q1. Les albinos sont homozygotes récessifs : $q^2 = \dfrac{1}{10000} = 0{,}0001$, donc $q = \sqrt{0{,}0001} = 0{,}01$. On en déduit $p = 1 - q = 0{,}99$. (1 pt pour q, 1 pt pour p)
Q2. Porteurs sains (hétérozygotes) : $2pq = 2 \times 0{,}99 \times 0{,}01 = 0{,}0198 \approx 0{,}02$, soit environ 2 % de la population (≈ 1 individu sur 50). (1,5 pt)
Q3. Dans un petit village isolé, la population est de petite taille et peu d'échanges avec l'extérieur : la dérive génétique y est intense et a pu augmenter par hasard la fréquence de l'allèle ; de plus, le faible nombre d'individus et les unions entre apparentés (écart à la panmixie) augmentent la proportion d'homozygotes, donc d'albinos. On peut aussi évoquer un effet fondateur si le village descend de quelques fondateurs porteurs de l'allèle. (1,5 pt)
Exercice 4 — L'érosion de la biodiversité : analyse de documents
On attend un raisonnement croisant les deux documents.
• Le document 1 indique un taux d'extinction 100 à 1000 fois plus élevé que le taux naturel : l'érosion actuelle est donc d'une rapidité exceptionnelle, là où les variations passées se faisaient sur des millions d'années. (1 pt)
• Le document 2 montre que les principales causes (destruction d'habitats, surexploitation, espèces invasives, pollution) sont d'origine humaine ; le climat — lui aussi en partie modifié par l'Homme — n'est qu'une cause parmi d'autres. (1 pt)
• Conclusion : par sa vitesse et son origine anthropique, l'érosion actuelle constitue une « sixième crise d'extinction » distincte des fluctuations naturelles lentes et d'origine non humaine du passé. (1 pt)
Exercice 5 — Synthèse argumentée
Éléments attendus dans une synthèse organisée (introduction – arguments – conclusion) :
• La diversité génétique (variété des allèles dans une espèce) constitue un réservoir d'adaptation : c'est sur cette variabilité que peut agir la sélection naturelle lorsque l'environnement change (nouvelle maladie, réchauffement). Une population génétiquement diverse a plus de chances de contenir des allèles favorables et donc de survivre. (1 pt)
• À l'inverse, une faible diversité (population réduite) rend l'espèce vulnérable : la dérive génétique y est forte et appauvrit encore le patrimoine génétique, augmentant le risque d'extinction. Préserver les grandes populations connectées (corridors → flux de gènes) limite ce risque. (1 pt)
• Enfin, biodiversité spécifique et génétique sont complémentaires : les espèces rendent des services écosystémiques (pollinisation, régulation), mais la persistance de chaque espèce dépend de sa diversité génétique interne. Préserver l'une sans l'autre est insuffisant : l'affirmation est donc justifiée. (1 pt pour la conclusion nuancée)
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