Collège · 5ᵉ · Histoire
Du Prince de la Renaissance au roi absolu (François Ier, Henri IV, Louis XIV)
L'affirmation de l'État monarchique en France du XVIe au XVIIe siècle : Marignan et Villers-Cotterêts, guerres de religion et édit de Nantes, Versailles et absolutisme
À propos de cette page
Deux siècles pour affirmer l'État monarchique
Au Moyen Âge, le roi de France devait compter avec ses grands vassaux, l'Église et les villes. Du XVIe au XVIIe siècle, trois rois font du roi le maître unique du royaume : François Ier (1515-1547), Henri IV (1589-1610) et Louis XIV (1643-1715).
| Roi | Dynastie | Ce qu'il apporte |
|---|---|---|
| François Ier (1515-1547) | Valois | le roi devient prince de la Renaissance : mécène, législateur, maître de l'Église de France |
| Henri IV (1589-1610) | Bourbon (premier de la dynastie) | il met fin aux guerres de religion et restaure l'autorité royale |
| Louis XIV (1643-1715) | Bourbon | il incarne la monarchie absolue : gouverne seul, domine la noblesse à Versailles |
François Ier, roi guerrier et roi de justice
François Ier monte sur le trône à vingt ans, en 1515. Quelques mois plus tard, il écrase les Suisses à Marignan (13-14 septembre 1515), en Italie du Nord, et s'empare du Milanais. La victoire fait de lui un roi chevalier, mais elle ouvre un long conflit avec Charles Quint, élu empereur en 1519 : fait prisonnier à Pavie (1525), François Ier doit acheter sa liberté.
À l'intérieur, il renforce l'État par trois décisions :
| Décision | Ce qu'elle change |
|---|---|
| Concordat de Bologne (1516), accord avec le pape | le roi nomme les évêques et les abbés de France : il contrôle l'Église du royaume |
| Ordonnance de Villers-Cotterêts (août 1539) | le français remplace le latin dans les actes de justice et d'administration ; les curés tiennent des registres de baptêmes |
| Développement des officiers royaux | des milliers de juges et d'agents du fisc achètent leur charge et appliquent les décisions du roi dans les provinces |
François Ier, prince de la Renaissance
Comme les princes italiens, François Ier veut une cour brillante. En 1516, il attire Léonard de Vinci, qui finit sa vie près d'Amboise (1519), au Clos-Lucé. Il fait bâtir Chambord (à partir de 1519), immense château de la Loire au célèbre escalier à double révolution, et transforme Fontainebleau en palais décoré par des artistes italiens.
Le portrait du roi (par Jean Clouet, vers 1530) le montre en habit somptueux, la main sur le pommeau de l'épée : à la fois guerrier, lettré et magnifique. Le titre officiel du roi de France, « roi très chrétien », rappelle qu'il tient sa couronne de Dieu, reçue lors du sacre à Reims.
Les guerres de religion déchirent le royaume (1562-1598)
Au milieu du XVIe siècle, la Réforme protestante gagne la France : on estime à près de deux millions les huguenots (les protestants français) vers 1560. Les rois, catholiques, hésitent entre tolérance et répression. Le massacre de Wassy (1er mars 1562), où des protestants sont tués pendant leur culte, déclenche huit guerres de religion en trente-six ans.
L'épisode le plus tragique est le massacre de la Saint-Barthélemy : le 24 août 1572, à Paris, des milliers de protestants venus pour le mariage d'Henri de Navarre avec la sœur du roi sont massacrés ; les violences gagnent la province. En 1589, le roi Henri III est assassiné par un moine fanatique. Son héritier légitime est justement Henri de Navarre — un protestant. Une grande partie des catholiques, réunis dans la Ligue, refuse de le reconnaître.
Henri IV rétablit la paix : l'édit de Nantes
Henri de Navarre devient Henri IV en 1589, premier roi de la dynastie des Bourbons. Pour être accepté, il abjure le protestantisme en 1593 à Saint-Denis (on lui prête le mot « Paris vaut bien une messe »), se fait sacrer à Chartres en 1594 et entre dans Paris. Il pacifie ensuite le royaume :
| L'édit de Nantes (avril 1598) | Ce qu'il accorde |
|---|---|
| Aux protestants | la liberté de conscience partout, la liberté de culte dans les lieux où il existait déjà, l'égalité d'accès aux emplois, et environ 150 places de sûreté (villes fortifiées, comme La Rochelle) pour huit ans |
| Aux catholiques | le catholicisme reste la religion du roi et du royaume ; le culte catholique est rétabli partout |
Avec son ministre Sully, Henri IV redresse les finances, développe les routes et l'agriculture (« labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France »). Il reste pourtant haï des ultra-catholiques : il est assassiné par Ravaillac le 14 mai 1610, rue de la Ferronnerie, à Paris.
Louis XIV, le roi absolu
Louis XIV devient roi en 1643, à quatre ans. Pendant la régence de sa mère Anne d'Autriche et du cardinal Mazarin, il subit la Fronde (1648-1653), une révolte des juges puis des grands nobles : enfant, il doit fuir Paris. Il en garde une méfiance durable envers la noblesse et la capitale.
À la mort de Mazarin, en 1661, il annonce qu'il gouvernera sans premier ministre. C'est le début du règne personnel. La même année, il fait arrêter le surintendant des finances Fouquet, trop riche et trop puissant.
| Outil | Rôle |
|---|---|
| Les conseils et les ministres (Colbert, Louvois) | ils préparent les décisions, mais le roi tranche seul |
| Les intendants | envoyés dans chaque province, révocables, ils font appliquer les ordres du roi (justice, police, finances) |
| Une armée permanente | portée à plus de 300 000 hommes ; Vauban fortifie les frontières |
| La religion unique | révocation de l'édit de Nantes (édit de Fontainebleau, 1685) : le culte protestant est interdit, environ 200 000 huguenots s'exilent |
Versailles, le théâtre du pouvoir
Louis XIV transforme le pavillon de chasse de son père en un palais gigantesque, chantier des architectes Le Vau puis Hardouin-Mansart, du peintre Le Brun et du jardinier Le Nôtre. La cour et le gouvernement s'y installent le 6 mai 1682. La galerie des Glaces (1678-1684), longue de 73 mètres, célèbre les victoires du roi.
Versailles sert à domestiquer la noblesse : plusieurs milliers de courtisans vivent auprès du roi et attendent ses faveurs (pensions, charges). Chaque geste du roi devient une cérémonie, du lever au coucher ; assister au lever est un honneur qui se mérite. Occupés à plaire, les nobles ne complotent plus comme pendant la Fronde.
Le roi choisit le Soleil pour emblème : comme l'astre, il éclaire tout et tout tourne autour de lui. Les arts servent sa gloire : Molière et Lully divertissent la cour, Le Brun peint ses victoires, les académies (peinture, sciences, architecture) travaillent à sa commande. Le portrait officiel par Hyacinthe Rigaud (1701) le montre avec le manteau fleurdelisé, l'épée, le sceptre et la couronne : tous les symboles du pouvoir.
- François Ier (1515-1547) : Marignan 1515 ; Concordat de Bologne 1516 (il nomme les évêques) ; ordonnance de Villers-Cotterêts 1539 (le français dans les actes) ; mécène : Léonard de Vinci, Chambord, Fontainebleau, lecteurs royaux (1530).
- Guerres de religion 1562-1598 : catholiques contre huguenots ; Saint-Barthélemy, 24 août 1572 ; Henri III assassiné en 1589.
- Henri IV (1589-1610), premier Bourbon, abjure en 1593 ; édit de Nantes 1598 = liberté de conscience et culte protestant limité, le catholicisme reste religion du royaume ; assassiné par Ravaillac en 1610.
- Louis XIV (1643-1715) : Fronde (1648-1653), règne personnel dès 1661 sans premier ministre ; monarchie absolue de droit divin (Bossuet) ; intendants, Colbert ; Versailles 1682 pour domestiquer la noblesse ; révocation de l'édit de Nantes 1685.
- Fil conducteur : du XVIe au XVIIe siècle, le roi contrôle de plus en plus la loi, la justice, l'Église, la noblesse et la religion : c'est l'affirmation de l'État monarchique.
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