Comprendre la notion de dignité inviolable de tout être humain
Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.
Exercice 1 — Définir les notions clés
1. Définition de la dignité humaine (1 pt)
La dignité humaine est la valeur fondamentale et inviolable attachée à tout être humain, du seul fait qu'il est humain. Elle ne dépend pas de ses actes, de son statut ou de ses mérites : elle est inhérente à chaque personne.
2. Différence entre individu et personne (1 pt)
L'individu désigne un être vivant dans sa singularité biologique (un être parmi d'autres). La personne est un être humain reconnu comme sujet de droits et de devoirs par la société et le droit : elle est dotée de raison, de conscience et de responsabilité morale. La personne est donc un concept juridique et moral, l'individu un concept biologique.
3. Sens d'« inviolable » + exemple (2 pts)
Inviolable signifie qu'on ne peut en aucun cas supprimer, abolir ou enfreindre la dignité d'un être humain, quelles que soient les circonstances, les lois ou les actes commis. Elle ne peut ni se perdre ni être retirée par quiconque.
Exemple : Même une personne condamnée pour un crime très grave conserve sa dignité humaine. C'est pourquoi la torture est interdite dans les prisons françaises et les conditions de détention doivent rester humaines.
Exercice 2 — Les textes protecteurs
1. Texte international de 1948 (2 pts)
Il s'agit de la Déclaration universelle des droits de l'homme (DUDH), adoptée le 10 décembre 1948 par l'Organisation des Nations Unies (ONU). Son article 1 dispose : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. »
2. Deux autres textes protecteurs (2 pts)
Exercice 3 — Analyse d'une situation
a) S'agit-il d'une atteinte à la dignité humaine ? (2 pts)
Oui, il s'agit d'une atteinte grave à la dignité humaine. Diffuser une photo intime sans consentement et y ajouter des commentaires moqueurs revient à traiter Nora non pas comme une personne digne de respect, mais comme un objet de dérision. Cela l'humilie et la dégrade publiquement. Cette pratique relève du cyberharcèlement, qui constitue à la fois une violation morale de la dignité et un délit puni par la loi française (jusqu'à 2 ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende).
b) Droits fondamentaux de Nora violés (2 pts)
Exercice 4 — Raisonnement et argumentation
Consigne : Paragraphe argumenté pour contester l'affirmation « Une personne condamnée pour un crime grave ne mérite plus d'avoir des droits. »
Éléments attendus et corrigé-type (5 pts) :
Je ne suis pas d'accord avec cette affirmation, car elle confond la dignité humaine avec les actes d'une personne. La dignité est inviolable : elle appartient à tout être humain du seul fait de son humanité, indépendamment de ses comportements ou de ses crimes. C'est ce qu'affirme l'article 1 de la Déclaration universelle des droits de l'homme (DUDH, 1948) : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. » Aucune loi, aucune condamnation ne peut supprimer cette dignité.
Une personne condamnée conserve donc des droits fondamentaux : le droit à des conditions de détention humaines, le droit aux soins médicaux, l'interdiction de la torture (article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme). C'est d'ailleurs pour cela que la torture est interdite dans les prisons françaises, même pour les criminels les plus dangereux.
Retirer toute dignité à un être humain, c'est le traiter comme un objet — ce que le philosophe Emmanuel Kant condamne fermement en rappelant qu'il faut toujours traiter autrui « comme une fin, jamais comme un simple moyen ». Une société démocratique se juge aussi à la manière dont elle traite ses prisonniers.
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