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Collège · 5ᵉ · EMC

La personne et la dignité humaine

Ce que le droit reconnaît à chaque être humain : la personnalité juridique, le respect du corps et de la vie privée, la dignité que nul ne peut perdre

À propos de cette page
Ce cours de emc en cinquième sur « La personne et la dignité humaine » suit le programme officiel de emc de cinquième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : La personne : un être humain reconnu par le droit, Le mineur, une personne protégée, La dignité humaine : une valeur que la loi protège, Ce que le droit interdit au nom de la dignité. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de cinquième à réussir en emc.
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La personne : un être humain reconnu par le droit

Dans la vie courante, « personne » veut dire « quelqu'un ». En droit, le mot est précis : une personne est un être auquel la loi reconnaît des droits et des devoirs. On dit qu'elle a la personnalité juridique.

Personnalité juridique. Aptitude à avoir des droits (posséder, hériter, porter plainte) et des obligations (respecter la loi, réparer un dommage). Pour un être humain, elle commence à la naissance (si l'enfant naît vivant et viable) et s'achève à la mort.
TypeQui ?Exemples
Personne physiqueTout être humainUn nouveau-né, un élève, un retraité, un détenu
Personne moraleUn groupement auquel la loi donne une existence propreUne association, une entreprise (société), une commune, l'État

Chaque personne physique est identifiée par l'état civil : nom, prénom(s), date et lieu de naissance, sexe, nationalité. La naissance doit être déclarée à la mairie dans les 5 jours (article 55 du Code civil) ; l'acte de naissance prouve l'existence juridique de l'enfant.

Exemple. Le Code civil pose la règle de base à l'article 16 (loi du 29 juillet 1994) : « La loi assure la primauté de la personne, interdit toute atteinte à la dignité de celle-ci et garantit le respect de l'être humain dès le commencement de sa vie. »
Attention ! Un animal n'est pas une personne. Depuis la loi du 16 février 2015, l'article 515-14 du Code civil le définit comme un « être vivant doué de sensibilité », protégé contre les mauvais traitements, mais il reste soumis au régime des biens : il n'a ni droits ni devoirs.
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Le mineur, une personne protégée

Un enfant est une personne dès sa naissance, mais jusqu'à 18 ans (majorité fixée par la loi du 5 juillet 1974) il est mineur : il a tous les droits fondamentaux, mais ne peut pas accomplir seul la plupart des actes juridiques (signer un contrat, vendre un bien, se marier). Ses parents agissent pour lui au titre de l'autorité parentale.

Article 371-1 du Code civil. « L'autorité parentale est un ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l'intérêt de l'enfant. Elle appartient aux parents jusqu'à la majorité ou l'émancipation de l'enfant pour le protéger dans sa sécurité, sa santé et sa moralité, pour assurer son éducation et permettre son développement, dans le respect dû à sa personne. L'autorité parentale s'exerce sans violences physiques ou psychologiques. »

Le mot-clé est intérêt de l'enfant : l'autorité parentale n'est pas un pouvoir sur l'enfant, mais une responsabilité envers lui. Le même article ajoute que les parents « associent l'enfant aux décisions qui le concernent, selon son âge et son degré de maturité ».

TexteCe qu'il garantit au mineur
Convention internationale des droits de l'enfant (ONU, 20 novembre 1989, ratifiée par la France en 1990)Art. 3 : « l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale » ; art. 12 : droit d'exprimer son opinion sur toute question qui le concerne
Code de la justice pénale des mineurs (30 septembre 2021)Un mineur est présumé capable de discernement à partir de 13 ans ; en dessous, il est présumé ne pas l'être et ne peut recevoir que des mesures éducatives
Défenseur des droits (autorité indépendante)Un enfant peut le saisir lui-même, sans ses parents, si ses droits ne sont pas respectés
Numéros utiles. 119 : Allô enfance en danger, gratuit, 24 h/24. 3018 : harcèlement et violences numériques. Un appel n'exige pas l'accord des parents.
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La dignité humaine : une valeur que la loi protège

Dignité humaine. Valeur qui appartient à tout être humain du seul fait qu'il est humain, indépendamment de son âge, de sa santé, de sa situation ou de ses actes. Elle interdit de traiter une personne comme une chose ou comme un simple moyen.

Le philosophe Emmanuel Kant (1724-1804) la résume ainsi : traiter l'humanité « toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen ». Une chose a un prix et peut être remplacée ; une personne a une dignité et n'a pas de prix.

En France, ce principe est juridique, pas seulement moral :

  • Le Préambule de la Constitution de 1946 (qui fait partie de la Constitution actuelle) est écrit « au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d'asservir et de dégrader la personne humaine ».
  • Le Conseil constitutionnel (décision du 27 juillet 1994) en déduit que « la sauvegarde de la dignité de la personne humaine contre toute forme d'asservissement et de dégradation » est un principe à valeur constitutionnelle : aucune loi ne peut le contredire.
  • Le Conseil d'État (arrêt Commune de Morsang-sur-Orge, 27 octobre 1995) juge qu'un maire peut interdire un spectacle qui porte atteinte à la dignité humaine, même si la personne concernée est d'accord et payée.
Texte internationalDateArticle clé
Déclaration universelle des droits de l'homme (ONU, Paris)10 décembre 1948Art. 1 : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. »
Convention européenne des droits de l'homme (Conseil de l'Europe)4 novembre 1950Art. 3 : interdiction absolue de la torture et des traitements inhumains ou dégradants
Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne7 décembre 2000Art. 1 : « La dignité humaine est inviolable. Elle doit être respectée et protégée. »
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Ce que le droit interdit au nom de la dignité

La dignité n'est pas une belle idée sans effet : des lois précises punissent ceux qui la bafouent. Le Code pénal consacre même un chapitre entier aux « atteintes à la dignité de la personne ».

AtteinteTextePeine maximale
EsclavageAboli par le décret du 27 avril 1848 ; loi Taubira du 21 mai 2001 : crime contre l'humanité ; art. 224-1 A du Code pénal20 ans de réclusion
Traite des êtres humains (recruter, transporter, héberger une personne pour l'exploiter)Art. 225-4-17 ans et 150 000 €
Conditions de travail ou d'hébergement indignes imposées à une personne vulnérableArt. 225-13 et 225-145 ans et 150 000 €
Bizutage (faire subir des actes humiliants ou dégradants lors d'une intégration, scolaire ou sportive)Art. 225-16-16 mois et 7 500 €
Torture et actes de barbarieArt. 222-115 ans de réclusion
Peine de mortAbolie par la loi du 9 octobre 1981 ; interdite par l'article 66-1 de la Constitution (2007)
Attention ! Pour le bizutage, la loi précise que l'infraction existe « que la victime ait ou non consenti » : la dignité ne se négocie pas, même avec l'accord de la personne.
Exemple. Même condamné pour un crime, un détenu garde sa dignité : la loi pénitentiaire du 24 novembre 2009 impose à l'administration de garantir « le respect de la dignité et des droits » des personnes détenues, et la France a déjà été condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme (arrêt du 30 janvier 2020) pour des conditions de détention indignes.
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Le corps, l'image et la vie privée de la personne

Respecter la personne, c'est d'abord respecter son corps, son image et sa vie privée. Le Code civil pose trois règles :

ArticleRègleConséquence concrète
Art. 16-1« Chacun a droit au respect de son corps. Le corps humain est inviolable. Le corps humain, ses éléments et ses produits ne peuvent faire l'objet d'un droit patrimonial. »On ne peut pas vendre son sang, un rein ou ses cheveux : le don est gratuit et anonyme
Art. 16-3Il ne peut être porté atteinte au corps qu'en cas de nécessité médicale, avec le consentement de la personneUn médecin doit expliquer et obtenir l'accord avant d'opérer (pour un mineur : accord des parents, et avis de l'enfant recherché)
Art. 9« Chacun a droit au respect de sa vie privée. »Le droit à l'image : publier la photo reconnaissable d'une personne demande en principe son accord

Le Code pénal complète ces règles : photographier ou enregistrer quelqu'un dans un lieu privé sans son accord, ou diffuser cet enregistrement, est puni d'1 an de prison et 45 000 € d'amende (art. 226-1 et 226-2) ; diffuser une image à caractère sexuel sans le consentement de la personne, même si elle avait accepté la prise de vue, est puni de 2 ans et 60 000 € (art. 226-2-1).

Exemple. Une photo prise dans la cour du collège n'est pas prise dans un lieu privé, mais la publier sur un réseau social avec le visage reconnaissable d'un camarade sans son accord viole l'article 9 du Code civil : il peut exiger le retrait et demander des dommages-intérêts.
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La dignité au collège : ce que dit la loi

Le règlement intérieur d'un collège n'est pas seul à protéger les élèves : le Code de l'éducation (article L. 511-3-1, loi du 2 mars 2022) affirme qu'« aucun élève ne doit subir de faits de harcèlement » et impose à l'établissement d'agir.

FaitQualification pénalePeine maximale
Propos répétés qui dégradent les conditions de vie d'un élève (moqueries, exclusion, messages)Harcèlement scolaire, art. 222-33-2-3 du Code pénal (loi du 2 mars 2022)3 ans et 45 000 € ; 10 ans et 150 000 € si la victime se suicide ou tente de le faire
Insulte visant l'origine, la religion, le sexe, le handicap ou l'orientation sexuelle, en publicInjure publique aggravée, loi du 29 juillet 1881, art. 331 an et 45 000 €
Actes humiliants imposés aux nouveaux d'une équipe ou d'une classeBizutage, art. 225-16-16 mois et 7 500 €
Responsabilité du mineur. À partir de 13 ans, un collégien peut être poursuivi pénalement (présomption de discernement) ; avant 13 ans, seules des mesures éducatives sont possibles. Dans tous les cas, ses parents sont civilement responsables : ce sont eux qui indemnisent la victime (article 1242 du Code civil).
Que faire ? Parler à un adulte de l'établissement (professeur, CPE, infirmière), au référent harcèlement, ou appeler le 3018. Un témoin qui alerte n'est pas un « rapporteur » : il fait cesser une atteinte à la dignité d'une personne.
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Ne pas confondre : dignité, honneur, mérite

NotionDéfinitionPeut-on la perdre ?
DignitéValeur de tout être humain, reconnue par le droitNon : elle est inviolable et ne dépend pas des actes
Honneur, réputationImage d'une personne aux yeux des autres ; protégée contre la diffamation et l'injure (loi de 1881)Oui : une condamnation ou un mensonge public peuvent l'abîmer
MériteCe qu'une personne gagne par ses efforts ou son comportement (une note, un prix, une promotion)Oui : il se gagne et se perd

Autre distinction : la dignité est universelle (elle appartient à tous) et inviolable (on ne peut la retirer à personne). Les deux mots ne disent pas la même chose : « universelle » répond à la question qui ?, « inviolable » à la question peut-on l'enlever ?.

Attention ! Traiter quelqu'un « avec dignité » ne veut pas dire lui donner ce qu'il mérite : c'est lui accorder, quoi qu'il ait fait, le respect dû à tout être humain. C'est pourquoi un tribunal juge un accusé mais ne l'humilie pas, et pourquoi la torture est interdite même pour faire avouer un coupable.
Exemple. Deux élèves se disputent. L'un ment sur l'autre devant toute la classe : il atteint son honneur (diffamation). L'autre le déshabille de force dans les vestiaires et filme : il atteint sa dignité (violence, atteinte à l'intimité, art. 226-1). Le droit ne traite pas ces deux faits de la même façon.
En bref
  • Personne = être doté de la personnalité juridique (droits et devoirs), de la naissance à la mort ; personne physique (être humain) ≠ personne morale (association, société, commune). L'animal n'est pas une personne (art. 515-14 C. civ.).
  • Le mineur (moins de 18 ans) est protégé par l'autorité parentale (art. 371-1 : « dans l'intérêt de l'enfant », « sans violences ») et par la CIDE (20 novembre 1989). Discernement présumé à 13 ans.
  • Dignité = valeur de tout être humain, universelle et inviolable ; principe à valeur constitutionnelle (1994) ; art. 16 du Code civil ; DUDH art. 1 (10 décembre 1948) ; Charte de l'UE art. 1 (2000).
  • Le Code pénal punit les atteintes à la dignité : traite (225-4-1), bizutage (225-16-1, « que la victime ait ou non consenti »), torture (222-1) ; esclavage aboli en 1848, peine de mort en 1981.
  • Corps inviolable et hors commerce (art. 16-1), consentement aux soins (16-3), vie privée et droit à l'image (art. 9) ; images d'un lieu privé sans accord : 1 an et 45 000 € (art. 226-1).
  • Harcèlement scolaire : délit depuis la loi du 2 mars 2022 (3 ans, 45 000 €). Numéros : 119, 3018.
  • Ne pas confondre dignité (jamais perdue), honneur (réputation) et mérite (gagné).
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