Exercice 1 — Connaître les notions clés
Question 1 — Firme transnationale (FTN) (2 pts)
Définition : Une firme transnationale (FTN) est une entreprise dont le siège social est établi dans un pays et qui possède des filiales dans de nombreux autres pays. Elle organise sa production à l'échelle internationale pour réduire ses coûts et maximiser ses profits.
Deux exemples américains :
- Apple : siège à Cupertino (Californie), fabrication en Chine, vente mondiale.
- McDonald's : siège aux États-Unis, restaurants présents dans plus de 100 pays.
Autres exemples acceptés : Google/Alphabet, Amazon, Microsoft, Walmart, Coca-Cola, JPMorgan Chase.Question 2 — Soft power (2 pts)Définition : Le
soft power (ou « puissance douce ») désigne la capacité d'un État à exercer une influence sur les autres pays non par la force militaire ou la contrainte économique, mais par l'attractivité de sa culture, de ses valeurs et de son mode de vie.
Exemple concret :- Hollywood : l'industrie cinématographique américaine diffuse ses films et séries dans le monde entier, exportant le mode de vie américain (american way of life).
- Autres exemples acceptés : les fast-foods McDonald's présents dans plus de 100 pays ; les réseaux sociaux et plateformes numériques (YouTube, Instagram, Netflix) ; la diffusion de la langue anglaise comme langue internationale.
Exercice 2 — Étude d'un document statistique
Question 1 — Puissance économique américaine (2 pts)
Ce chiffre révèle que les États-Unis produisent à eux seuls environ un quart des richesses mondiales alors qu'ils ne représentent que 4,2 % de la population du globe. Cela traduit une productivité et une richesse par habitant exceptionnellement élevées.
Ce déséquilibre illustre la domination économique des États-Unis dans la mondialisation : leur économie (services, industrie, numérique, finance) génère une valeur ajoutée très supérieure à celle de la plupart des autres pays. Cela leur confère un poids considérable dans les institutions financières mondiales (FMI, Banque mondiale) et dans les échanges internationaux.
Question 2 — Contradiction entre émission d'IDE et protectionnisme (3 pts)
Cette apparente contradiction s'explique par la dualité des intérêts économiques américains :
- Côté libre-échange : Les grandes FTN américaines (Apple, Google, Amazon…) ont tout intérêt à investir librement à l'étranger et à exporter leurs produits et services dans le monde entier. Elles soutiennent donc le libre-échange et les IDE permettent d'organiser des chaînes de valeur mondiales (ex. : fabrication en Asie à moindre coût).
- Côté protectionnisme : En revanche, les travailleurs et les industries américaines menacées (notamment dans le Rust Belt) souhaitent être protégés de la concurrence étrangère — notamment chinoise ou mexicaine — par des droits de douane et des quotas. Les pouvoirs publics américains répondent parfois à ces pressions en adoptant des mesures protectionnistes.
Ainsi, les États-Unis défendent simultanément un modèle de libre-échange (qui profite à leurs FTN) et des mesures protectionnistes (qui défendent leurs emplois industriels menacés). Ce n'est pas une contradiction irrationnelle mais le reflet de
groupes d'intérêts différents au sein de la société américaine.
Exercice 3 — Organisation du territoire américain
Question 1 — Deux espaces contrastés du territoire américain (3 pts)
Un espace dynamique : la Silicon Valley / le Sun Belt
La Silicon Valley (région de San Francisco, Californie) est l'exemple emblématique d'un espace en plein essor. Elle concentre les sièges des plus grandes entreprises numériques mondiales (Apple, Google, Intel) et attire des talents du monde entier. La Californie s'inscrit dans le Sun Belt, ceinture du soleil qui s'étend du Texas à la Floride, caractérisée par une forte croissance démographique et économique depuis les années 1970 grâce aux nouvelles technologies, aux services et à une fiscalité avantageuse.
Un espace en difficulté : le Rust Belt
À l'opposé, le Rust Belt (« ceinture de rouille »), dans le Nord-Est et le Midwest (Ohio, Michigan, Pennsylvanie), est en profond déclin depuis la désindustrialisation des années 1970. Detroit, ancienne capitale mondiale de l'industrie automobile, symbolise ce déclin : la ville a perdu plus de la moitié de sa population, ses usines ont fermé à cause des délocalisations et de la concurrence étrangère, et elle a fait faillite en 2013.
Question 2 — Mondialisation et inégalités spatiales (Sun Belt / Rust Belt) (2 pts)
La mondialisation a creusé les inégalités spatiales aux États-Unis en favorisant certains territoires au détriment d'autres :
- Le Sun Belt a bénéficié de la mondialisation car ses métropoles (Los Angeles, Houston, Miami) sont bien connectées aux réseaux mondiaux d'échange. Elles ont attiré des entreprises de haute technologie, des services financiers et des populations qualifiées, alimentant leur croissance.
- Le Rust Belt a au contraire subi les effets négatifs de la mondialisation : la concurrence des pays à bas salaires (Chine, Mexique) et les délocalisations d'usines ont détruit des emplois industriels, provoquant chômage, pauvreté et déclin démographique.
La mondialisation a donc
amplifié les écarts entre des territoires gagnants bien insérés dans les flux mondiaux et des territoires perdants laissés à l'écart de la croissance.
Exercice 4 — Question de développement
Problématique : Les États-Unis sont-ils uniquement moteurs de la mondialisation ou subissent-ils également ses effets négatifs ?
I. Les États-Unis, moteur de la mondialisationa) Une puissance économique dominanteLes États-Unis sont la
première puissance mondiale : leur PIB représente environ 25 % du PIB mondial pour 4,2 % de la population. Ils sont parmi les premiers émetteurs d'
IDE (investissements directs à l'étranger), finançant des filiales dans le monde entier. Ils ont contribué à la création des grandes institutions économiques mondiales (FMI, Banque mondiale à Bretton Woods en 1944, OMC) qui structurent les échanges internationaux.
b) Les FTN américaines, acteurs clés de la mondialisationLes
firmes transnationales (FTN) américaines organisent des
chaînes de valeur mondiales : Apple conçoit ses produits en Californie, les fait fabriquer en Chine et les commercialise partout dans le monde. Les
GAFAM (Google, Apple, Facebook/Meta, Amazon, Microsoft) dominent l'économie numérique mondiale, structurant les communications et les données de milliards d'utilisateurs.
c) Un soft power planétaireLes États-Unis exercent une influence culturelle mondiale (
soft power) : Hollywood diffuse ses films dans des centaines de pays, McDonald's est présent dans plus de 100 pays, Netflix transforme les habitudes culturelles à l'échelle planétaire. La langue anglaise est devenue la langue internationale des affaires et de la science.
II. Les États-Unis confrontés aux effets négatifs de la mondialisationa) Des inégalités sociales aggravéesLa mondialisation a profité en priorité aux plus diplômés et aux acteurs de la finance, tout en laissant de côté de nombreux travailleurs peu qualifiés dont les emplois ont été délocalisés. Les 1 % les plus riches détiennent plus de 30 % des richesses nationales, tandis qu'environ 37 millions d'Américains vivent sous le seuil de pauvreté. L'accès à la santé reste très inégal.
b) Des inégalités spatiales entre territoires gagnants et perdantsLa mondialisation a creusé l'écart entre le
Sun Belt (Californie, Texas, Floride) en pleine croissance grâce aux nouvelles technologies et aux services, et le
Rust Belt en déclin. La ville de
Detroit, ancienne capitale de l'automobile, symbolise ce déclin : fermetures d'usines, chômage, effondrement démographique et faillite en 2013.
c) La concurrence internationale et la tentation du protectionnismeLa
Chine, devenue deuxième puissance économique en 2010, concurrence les États-Unis dans l'industrie, la technologie et les investissements mondiaux. Face à cette menace, des voix s'élèvent pour adopter des mesures
protectionnistes (droits de douane, restrictions aux importations), illustrant les tensions entre les bénéficiaires du libre-échange (FTN) et les victimes de la mondialisation (travailleurs du Rust Belt).
Conclusion : Les États-Unis incarnent à la fois la puissance motrice de la mondialisation — par leurs FTN, leur soft power et leurs institutions financières — et un pays traversé par des contradictions : inégalités sociales croissantes, fractures spatiales profondes et montée en puissance d'un rival chinois qui questionne leur domination future.