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Collège · 4ᵉ · Géographie

Le tourisme et ses espaces

1,4 milliard de touristes internationaux : flux, espaces touristiques (littoraux, montagnes, villes-patrimoine), impacts et surtourisme ; études de cas : Bali, Marseille, Venise

À propos de cette page
Ce cours de géographie en quatrième sur « Le tourisme et ses espaces » suit le programme officiel de géographie de quatrième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Le tourisme, première industrie mondiale, Qui part, et où ? Les flux touristiques, Les espaces touristiques : littoraux, montagnes, villes, nature, Étude de cas : Bali, une île transformée par le tourisme. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de quatrième à réussir en géographie.
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Le tourisme, première industrie mondiale

Tourisme : déplacement d'au moins une nuit hors de son lieu de vie habituel, pour les loisirs, la découverte, la santé ou les affaires. Un touriste international franchit une frontière ; un excursionniste ne passe pas la nuit sur place.
Chiffre clé (2024)Valeur
Arrivées de touristes internationaux1,4 milliard (auxquels s'ajoutent des milliards de séjours de tourisme intérieur, dans son propre pays)
Recettes du tourisme international1 600 milliards de dollars
Poids économiqueEnviron 10 % de la richesse mondiale et 1 emploi sur 10 (source : Conseil mondial du voyage et du tourisme)
Pourquoi cette explosion ?Congés payés (1936 en France), hausse des revenus, avion à bas coût (Ryanair, easyJet), Internet (réservation directe, Airbnb, réseaux sociaux), nouvelles classes moyennes (Chine, Inde)
Attention ! Le tourisme reste un privilège : moins de 20 % de l'humanité a déjà pris l'avion, et la moitié des touristes internationaux sont des Européens.
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Qui part, et où ? Les flux touristiques

Principaux pays émetteurs (dépenses, 2024)Principaux pays récepteurs (arrivées, 2024)
Chine : 250 milliards de dollars (1ᵉʳ depuis 2012)
États-Unis : 190 milliards
Allemagne : 110 milliards
Royaume-Uni : 100 milliards
France : 50 milliards
France : 100 millions de visiteurs (1ʳᵉ mais 3ᵉ pour les recettes : 71 milliards de dollars)
Espagne : 94 millions (126 milliards de recettes)
États-Unis : 72 millions (215 milliards de recettes, 1ᵉʳ)
Turquie : 62 millions ; Italie : 60 millions
Mexique : 45 millions ; Japon : 37 millions (record)
Le point clé. Les flux touristiques vont surtout du Nord vers le Nord (Européens en Europe, Américains au Mexique, Chinois au Japon et en Thaïlande) et sur de courtes distances : 4 touristes sur 5 restent dans leur région du monde.
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Les espaces touristiques : littoraux, montagnes, villes, nature

Espace touristique : espace aménagé pour accueillir les touristes (hôtels, transports, loisirs) et dont l'économie dépend d'eux. Une station est une ville créée ou transformée pour le tourisme.
Type d'espaceTourisme pratiquéAménagementsExemples
Littoraux (les plus fréquentés)Balnéaire : plage, soleil, mer (« 3 S » : sea, sand, sun), croisières (35 millions de croisiéristes en 2024)Fronts de mer d'hôtels, marinas, aéroports, stations créées de toutes piècesCancún (Mexique, 10 millions de touristes, station née en 1970), Costa Brava, Maldives, Dubaï (19 millions)
MontagnesSports d'hiver (400 millions de journées-skieurs par an dans le monde), randonnée, alpinismeStations de ski, remontées mécaniques, canons à neige, refugesAlpes (France : 2ᵉ domaine skiable mondial, Tignes, Les Trois Vallées), Rocheuses (Aspen), Népal (Everest)
Villes-patrimoineCulturel et urbain : monuments, musées, gastronomie ; tourisme d'affairesHôtels, locations Airbnb, zones piétonnes, centres de congrèsParis (1ʳᵉ ville visitée, Louvre 9 millions de visiteurs), Rome, Venise, Kyoto, Istanbul
Nature et espaces « préservés »Écotourisme, safaris, parcs nationauxLodges, pistes, quotas d'entréeKenya (Masai Mara), Costa Rica, Galápagos, calanques de Marseille
Sites religieuxPèlerinagesHôtels géants, aéroports dédiésLa Mecque (2 millions de pèlerins pour le hajj), Lourdes, Bénarès
Exemple : Cancún. En 1970, une langue de sable vide au Mexique ; l'État y crée une station pour attirer les Américains : aéroport international, 30 km d'hôtels-tours, 10 millions de touristes par an. La ville ouvrière construite pour les employés a grossi jusqu'à 900 000 habitants, sans que tous profitent de la manne : les hôtels appartiennent à des chaînes étrangères.
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Étude de cas : Bali, une île transformée par le tourisme

Bali (Indonésie)
AtoutsÎle volcanique tropicale de 5 600 km² (grande comme un département français) et 4,4 millions d'habitants ; plages, rizières en terrasses (système d'irrigation subak, classé à l'UNESCO en 2012), temples hindous, volcans, culture unique en Indonésie musulmane
Chiffres6,3 millions de touristes étrangers en 2024 (record ; 1 million en 1990) plus 10 millions de touristes indonésiens ; Australiens, Chinois, Indiens, Européens ; le tourisme fait plus de la moitié de la richesse de l'île
EspacesLe sud concentre tout : stations balnéaires de Kuta et Seminyak (surf, discothèques), hôtels de luxe de Nusa Dua, Canggu (nomades numériques), Ubud (rizières, yoga, artisanat) ; le nord et l'est restent ruraux
BénéficesRevenus supérieurs au reste de l'Indonésie, emplois (hôtels, guides, chauffeurs), sauvegarde des danses et de l'artisanat qui se vendent aux touristes
Dégâts1 000 hectares de rizières perdus par an au profit des villas et hôtels ; manque d'eau (les hôtels et piscines consomment plus que les paysans, nappes salinisées) ; 1,6 million de tonnes de déchets par an, plastiques sur les plages ; embouteillages permanents ; hausse des prix qui chasse les Balinais ; comportements irrespectueux dans les temples
RéponsesTaxe d'entrée de 150 000 roupies (environ 9 euros) depuis février 2024, projet de moratoire sur les nouveaux hôtels dans le sud, interdiction du plastique à usage unique, journée du silence (Nyepi) imposée aux touristes
Bilan. Bali illustre la dépendance au tourisme : en 2020, la pandémie a fait chuter les arrivées de 6 à 1 million et plongé l'île dans la crise ; depuis, elle cherche un tourisme qui rapporte autant en détruisant moins.
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Étude de cas : Marseille, une métropole devenue touristique

Marseille
Un tournantLongtemps ville portuaire et industrielle à l'image dégradée, Marseille (870 000 habitants) est devenue touristique après 2013, année où elle fut Capitale européenne de la culture : ouverture du MuCEM (1,2 million de visiteurs par an), rénovation du Vieux-Port, du Panier et de la Joliette
ChiffresEnviron 5,5 millions de visiteurs par an ; 1ᵉʳ port de croisière de France (environ 2 millions de passagers, jusqu'à 5 paquebots le même jour) ; TGV Paris-Marseille en 3 heures ; épreuves de voile des Jeux olympiques de 2024
Espaces touristiquesLe Vieux-Port et Notre-Dame-de-la-Garde (2 millions de visiteurs), le Panier, les plages du Prado, les calanques (parc national créé en 2012, 3 millions de visiteurs par an), les îles du Frioul et le château d'If
TensionsPlus de 15 000 logements en location touristique (Airbnb) : loyers en hausse, habitants du centre chassés ; calanques piétinées, incendies, déchets ; pollution des paquebots (l'équivalent de milliers de voitures à quai) ; quartiers nord à l'écart des retombées
RéponsesRéservation obligatoire et gratuite pour la calanque de Sugiton depuis 2022 (400 visiteurs par jour au lieu de 2 500), branchement électrique des paquebots à quai, encadrement des locations touristiques, promotion des quartiers hors centre (Cité radieuse, Estaque)
Le point clé. Marseille montre qu'une grande ville peut choisir de devenir touristique (événement, musée, image) et doit ensuite gérer l'afflux comme les stations balnéaires : la réservation des calanques est une des premières mesures de ce type en France.
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Les impacts du tourisme et le surtourisme

DomaineEffets positifsEffets négatifs
ÉconomieEmplois, devises (le tourisme fait 20 % de la richesse de la Grèce, 60 % des Maldives), infrastructures (aéroports, routes) utiles aux habitantsEmplois saisonniers et mal payés, profits captés par des chaînes étrangères, dépendance (chute de 2020), hausse des prix et des loyers
Société et cultureRencontres, sauvegarde du patrimoine et des traditions financée par les visiteursHabitants chassés des centres (Venise, Barcelone), folklore vendu, comportements déplacés, tensions
EnvironnementParcs nationaux et espèces protégés grâce aux revenus du tourisme (gorilles du Rwanda)Le tourisme émet 8 % des gaz à effet de serre mondiaux (avion surtout) ; bétonnage des littoraux, consommation d'eau (un golf = l'eau d'une ville de 10 000 habitants), déchets, coraux dégradés, neige artificielle
Surtourisme : fréquentation touristique si forte qu'elle dégrade la qualité de vie des habitants et l'environnement d'un lieu, et jusqu'à l'expérience des visiteurs eux-mêmes.
Exemple : Venise. Le centre historique a perdu les deux tiers de ses habitants depuis 1950 (175 000 → moins de 50 000) : les logements sont devenus des locations touristiques, les commerces de quartier des boutiques de souvenirs. 30 millions de visiteurs par an, dont 25 millions d'excursionnistes qui ne dorment pas sur place et dépensent peu. Depuis 2021, les grands paquebots ne peuvent plus entrer dans le bassin de Saint-Marc ; depuis 2024, les excursionnistes paient un billet d'entrée de 5 euros (10 euros en 2025 pour les réservations tardives) les jours de forte affluence.
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Vers un tourisme durable ?

Tourisme durable : tourisme qui limite ses effets sur l'environnement, respecte les habitants et leur culture et répartit mieux les revenus, pour que les lieux visités restent vivables et attractifs à long terme.
LevierExemples
Limiter le nombre (quotas, réservations)Machu Picchu (5 600 visiteurs par jour), calanque de Sugiton (400), mont Fuji (4 000 par jour et droit d'entrée depuis 2024), plage de Maya Bay en Thaïlande fermée de 2018 à 2022 pour laisser revenir les coraux
Faire payer (taxes, billets)Venise (billet d'entrée), Bali (taxe de 9 euros), Bhoutan (100 dollars par jour et par touriste), Amsterdam (taxe de séjour de 12,5 %, la plus élevée d'Europe)
Réguler les logements et les paquebotsBarcelone : fin des locations touristiques prévue en 2028 ; Santorin : 8 000 croisiéristes par jour maximum depuis 2025 ; Marseille : branchement électrique à quai
Étaler dans l'espace et le tempsPromouvoir les villes secondaires et la basse saison ; Amsterdam a cessé toute publicité touristique
Écotourisme et tourisme localLodges gérés par les villages (Costa Rica, Kenya), retour du train de nuit en Europe, tourisme de proximité
Attention ! Ces mesures ont des limites : les taxes excluent les visiteurs modestes sans réduire la foule (Venise a encaissé 2,4 millions d'euros en 2024 sans faire baisser les entrées), et les pays pauvres dépendants du tourisme ne peuvent pas se permettre de le freiner. Le vrai enjeu est de répartir les touristes et leurs dépenses, dans l'espace et dans le temps.
En bref
  • Tourisme = déplacement d'au moins une nuit hors de chez soi ; 1,4 milliard de touristes internationaux en 2024 (25 millions en 1950), 1 600 milliards de dollars, 10 % de la richesse mondiale, 1 emploi sur 10.
  • Flux : émetteurs = Chine (1ʳᵉ pour les dépenses), États-Unis, Allemagne ; récepteurs = France (100 millions), Espagne, États-Unis (1ᵉʳ pour les recettes) ; l'Europe reçoit plus de la moitié des touristes, la Méditerranée un tiers ; flux surtout Nord-Nord et de proximité.
  • Espaces : littoraux (Cancún, Dubaï, croisières), montagnes (Alpes, ski), villes-patrimoine (Paris, Venise), nature (parcs), sites religieux (La Mecque).
  • Bali : 6,3 millions de touristes étrangers, moitié de la richesse de l'île, mais rizières, eau et déchets ; taxe de 9 euros (2024). Marseille : touristique depuis 2013 (MuCEM, croisières), 5,5 millions de visiteurs, réservation des calanques (2022). Venise : 30 millions de visiteurs pour moins de 50 000 habitants, billet d'entrée (2024).
  • Impacts : emplois et devises, mais 8 % des gaz à effet de serre, bétonnage, eau, loyers, habitants chassés → surtourisme.
  • Tourisme durable : quotas (Machu Picchu, Sugiton), taxes (Bhoutan), régulation des Airbnb et paquebots (Barcelone, Santorin), étalement, écotourisme.
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