Exercice 1 — Compréhension de texte
Question 1 (1 pt) — Genre littéraire et indices :
Ce texte est extrait d'un récit autobiographique.
- Indice 1 : L'emploi du pronom « je » à la première personne du singulier tout au long du passage, signe que le narrateur raconte sa propre expérience.
- Indice 2 : L'ancrage temporel biographique précis — « j'avais douze ans » — qui indique que l'auteur situe un souvenir personnel à un âge réel. Le narrateur adulte regarde en arrière sur un événement vécu.
Question 2 (1 pt) — Figure de style et effet :La figure de style présente dans « La cour était immense — du moins, c'est l'impression que j'en avais » est une
correction (ou rectification) narrative, parfois aussi analysée comme une
modalisation ou une
atténuation rétrospective.
Le narrateur adulte nuance la perception de l'enfant : la cour n'était peut-être pas objectivement immense, mais elle le paraissait à l'enfant intimidé.
Effet : ce procédé met en valeur la
double perspective (je narrant / je narré) caractéristique de l'autobiographie, et montre la subjectivité de la mémoire enfantine.
Question 3 (2 pts) — Ancrage temporel et spatial :- Ancrage temporel : « Ce matin-là, j'avais douze ans » → situe le souvenir dans un moment précis (un matin particulier) et à un âge déterminé. Fonction : rendre le souvenir crédible et plonger le lecteur dans la réalité vécue du narrateur-enfant.
- Ancrage spatial : « ce collège que je ne connaissais pas encore » et « La cour » → désigne un lieu précis (un établissement scolaire inconnu). Fonction : créer une atmosphère d'étrangeté et d'inconnu qui amplifie le sentiment de malaise du narrateur.
Question 4 (2 pts) — Analyse de la phrase finale :La phrase « comme si le lâcher signifiait disparaître » est une
comparaison hypothétique (introduite par « comme si ») exprimant l'angoisse profonde du narrateur-enfant.
Le cartable devient symboliquement un ancrage, un repère dans un environnement inconnu. Le lâcher serait perdre la seule chose familière — donc « disparaître » (se dissoudre, ne plus exister dans ce monde étranger).
Émotion exprimée : l'
angoisse, la peur de l'inconnu, le sentiment de vulnérabilité.
Procédé : comparaison avec « comme si » +
hyperbole implicite (« disparaître » = exagération expressive de la peur d'être perdu, invisible, inexistant).
Exercice 2 — Vocabulaire des émotions
Question 1 (1 pt) — Classement :
| Émotions positives | Émotions négatives |
|---|
allégresse (joie vive) exaltation (enthousiasme intense) sérénité (calme, paix intérieure) | mélancolie (tristesse douce et persistante) appréhension (crainte, inquiétude face à l'avenir) amertume (ressentiment, déception profonde) |
Question 2 (1 pt) — Exprimer le bonheur par une sensation physique :Phrase originale :
« Elle était très heureuse. »Réécriture attendue (exemple de réponse correcte) :
« Un sourire irrépressible lui montait aux lèvres, ses joues étaient brûlantes et elle avait l'impression de marcher dans l'air. »Justification : au lieu de nommer le sentiment directement (niveau 1), on traduit le bonheur par des manifestations corporelles (niveau 2) : sourire, chaleur des joues, légèreté physique.
Question 3 (1 pt) — Transformer en métaphore :Phrase originale :
« J'étais épuisé. »Métaphore attendue (exemples de réponses correctes) :
« J'étais une coque vide, vidée de toute énergie. »ou :
« Mes jambes étaient du plomb et ma tête un poids mort. »Justification : la
métaphore établit une comparaison implicite (sans « comme ») entre l'épuisement et une réalité concrète (coque vide, plomb), rendant l'image plus forte et plus originale qu'une simple dénomination.
Exercice 3 — Grammaire — Les temps du récit
Question 1 (2 pts) — Conjugaison des verbes :
Passage : « Le ciel (être) couvert et un vent froid (souffler) sur la ville. Soudain, la porte (s'ouvrir) et ma sœur (entrer) en courant. Elle (oublier) ses clés la veille et (passer) la nuit chez une amie. »
Corrigé :
- « Le ciel était couvert » → imparfait (description d'un état/décor)
- « un vent froid soufflait sur la ville » → imparfait (action durable, atmosphère)
- « la porte s'est ouverte » → passé composé (action ponctuelle, soudaine)
- « ma sœur est entrée en courant » → passé composé (action ponctuelle)
- « Elle avait oublié ses clés la veille » → plus-que-parfait (action antérieure à l'entrée)
- « avait passé la nuit chez une amie » → plus-que-parfait (antérieure au moment du récit)
Question 2 (2 pts) — Explication du choix des temps :- Imparfait pour « était » et « soufflait » : ces verbes décrivent un état ou une situation durable qui sert de cadre au récit. L'imparfait peint le décor et l'atmosphère (ciel couvert, vent froid) dans lesquels va surgir l'action. Il répond à la question « comment ça se passait ? ».
- Passé composé pour « s'est ouverte » et « est entrée » : ces verbes expriment des actions ponctuelles, soudaines, qui font avancer le récit. Elles surgissent dans le décor décrit à l'imparfait. Le mot « Soudain » renforce ce caractère inattendu. Le passé composé répond à la question « qu'est-ce qui s'est passé ? ».
Règle générale : dans un récit autobiographique,
imparfait = arrière-plan / description ;
passé composé = premier plan / actions.
Exercice 4 — Production écrite — Récit autobiographique
Critères d'évaluation et éléments attendus :
1. Fond et contenu (3 pts)
- Le sujet est traité : l'élève raconte bien un moment face à quelque chose d'inconnu ou d'inattendu (déménagement, rentrée, rencontre, voyage…).
- Le récit est structuré : situation initiale → élément déclencheur → déroulement → point culminant → réflexion finale du narrateur adulte.
- Le récit est personnel, crédible et développé (20 à 30 lignes).
2. Procédés autobiographiques (2 pts)- Le pronom « je » est utilisé tout au long du récit.
- Système temporel respecté : passé composé pour les actions, imparfait pour les descriptions/états. Pas de mélange avec le passé simple.
- Ancrage spatio-temporel précis : un lieu identifiable + un moment/âge du narrateur.
- Au moins une figure de style pour exprimer une émotion (métaphore, comparaison, hyperbole, anaphore…).
- Réflexion du narrateur adulte en conclusion (souvent au présent : « Aujourd'hui, je comprends… »).
3. Qualité de la langue (2 pts)- Orthographe et grammaire correctes.
- Ponctuation et paragraphes maîtrisés.
- Vocabulaire varié et précis ; style fluide.
Exemple de début attendu (in medias res) :« Ce matin de septembre, j'avais onze ans et je serrais la main de ma mère comme si c'était la dernière fois. La cour de ce nouveau collège bourdonnait de visages inconnus. Une boule froide s'était logée dans ma gorge depuis la veille — je ne savais pas encore qu'elle se dissoudrait en quelques semaines. »Exemple de conclusion attendue (réflexion du narrateur adulte) :« Aujourd'hui, en repensant à ce matin-là, je souris de ma propre peur. Ce que j'avais pris pour un gouffre n'était qu'un seuil. Et franchir ce seuil m'a appris que l'inconnu, c'est surtout de l'avenir qu'on ne connaît pas encore. »