Formes juridiques, production, profit et gouvernance — programme de SES 2nde (lycée général)
Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.
Exercice 1 — Définitions et formes juridiques
Corrigé :
1. Une entreprise est une organisation qui combine des facteurs de production (travail et capital) afin de produire des biens ou des services marchands destinés à la vente sur un marché, dans le but de réaliser un profit. Une administration publique (école, hôpital public…) produit des services non marchands, fournis gratuitement ou quasi gratuitement, sans objectif lucratif.
2. Deux différences : (a) Responsabilité : dans l'EI, le propriétaire est responsable sur l'ensemble de son patrimoine personnel ; dans la SA, la responsabilité est limitée aux apports. (b) Propriété / gouvernance : l'EI est détenue par une seule personne qui la dirige elle-même ; la SA peut avoir des milliers d'actionnaires qui délèguent la gestion à un PDG nommé par un conseil d'administration.
Exercice 2 — Calcul et interprétation de la valeur ajoutée
Corrigé :
a) CI = 320 000 + 80 000 + 50 000 = 450 000 €. VA = 800 000 − 450 000 = 350 000 €.
b) Le CA inclut la valeur des intrants achetés à d'autres entreprises (déjà comptabilisés dans leurs propres VA). La VA évite ce double comptage et ne mesure que la richesse réellement créée par l'entreprise dans son processus de production. La somme des VA de toutes les entreprises donne le PIB.
c) Autofinancement = VA − salaires − impôts − dividendes = 350 000 − 280 000 − 60 000 − 90 000 = −80 000 €. Note : ce résultat négatif signifie que l'entreprise a distribué plus que sa VA ne le permettait, ce qui est insoutenable à long terme. On accepte aussi une réponse qui souligne cette incohérence. Alternative si l'élève pose Profit = VA − salaires − impôts = 10 000 € et Dividendes = 90 000 > Profit : il doit signaler l'impossibilité et l'accepter comme remarque pertinente.
d) L'autofinancement permet à l'entreprise de financer ses investissements sans recourir à l'emprunt bancaire ni à l'émission de nouvelles actions, préservant ainsi son indépendance financière et réduisant ses charges d'intérêts.
Exercice 3 — La gouvernance des entreprises
Corrigé :
1. Dans une grande SA, les propriétaires (actionnaires, souvent très nombreux) ne gèrent pas eux-mêmes l'entreprise : ils délèguent ce pouvoir à des dirigeants salariés (PDG, directeurs…). Cette séparation crée des conflits d'intérêts car : les actionnaires souhaitent maximiser le rendement de leur capital (dividendes + hausse du cours de l'action) à court terme, tandis que les dirigeants peuvent privilégier d'autres objectifs : agrandir l'empire managérial pour plus de prestige, sécuriser leur emploi, augmenter leur rémunération, etc. Ces objectifs ne coïncident pas nécessairement avec la maximisation du profit.
2. Deux mécanismes : (a) Incitations financières : stock-options ou bonus indexés sur les bénéfices permettent d'aligner les intérêts des dirigeants sur ceux des actionnaires. (b) Contrôle externe : le conseil d'administration (élu par les actionnaires) surveille l'action du PDG ; la présence d'administrateurs indépendants et l'audit par des commissaires aux comptes renforcent ce contrôle.
Exercice 4 — Parties prenantes et RSE
Corrigé :
1. Les parties prenantes sont l'ensemble des acteurs ayant un intérêt légitime dans l'activité de l'entreprise, qu'ils y participent directement ou non. Exemples (3 parmi) : les salariés (intéressés par leur emploi et leur salaire), les fournisseurs (intéressés par les commandes et les délais de paiement), les clients (intéressés par la qualité et le prix), l'État (intéressé par les impôts et l'emploi), les collectivités locales (intéressées par l'activité économique et l'emploi local), les ONG (intéressées par l'impact environnemental et social).
2. La RSE peut être une contrainte : elle impose des coûts supplémentaires (investissements environnementaux, amélioration des conditions de travail…) qui réduisent le profit à court terme. Mais elle peut aussi être un avantage compétitif : par exemple, une entreprise qui affiche un bilan carbone positif peut attirer des clients sensibles à l'écologie, recruter plus facilement des talents qui cherchent du sens au travail, et bénéficier d'une meilleure image de marque qui justifie des prix plus élevés.
Exercice 5 — Analyse de document
Corrigé :
Ce document illustre la primauté accordée aux actionnaires dans la gouvernance des grandes entreprises françaises : une part croissante de la richesse créée est redistribuée sous forme de dividendes plutôt que réinvestie dans l'outil productif. Cela reflète l'influence des investisseurs institutionnels qui privilégient le rendement à court terme. Cette orientation peut être questionnée du point de vue de l'intérêt à long terme de l'entreprise (moins d'investissement = moins de compétitivité future) et de celui des autres parties prenantes (salariés, État, société) qui bénéficient moins de la richesse créée.
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