À propos de cette page
Ce cours de ses (2nde) en seconde sur « Qu'est-ce qu'une entreprise et comment est-elle gouvernée ? » suit le programme officiel de ses (2nde) de seconde. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Qu'est-ce qu'une entreprise ?, Les différentes formes juridiques d'entreprises, Comment l'entreprise produit-elle ?, La valeur ajoutée : mesurer la richesse créée. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de seconde à réussir en ses (2nde).
Au programme
1 · Qu'est-ce qu'une entreprise ?
2 · Les différentes formes juridiques d'entreprises
3 · Comment l'entreprise produit-elle ?
4 · La valeur ajoutée : mesurer la richesse créée
5 · Le profit et sa répartition
6 · Qui dirige l'entreprise ? La question de la gouvernance
7 · Actionnaires, dirigeants et parties prenantes
8 · Les enjeux contemporains de la gouvernance
1Qu'est-ce qu'une entreprise ?
Une entreprise est une unité économique qui combine des facteurs de production — travail et capital — pour produire des biens ou des services destinés à être vendus sur un marché afin de réaliser un profit.
Définition. Une entreprise est une organisation autonome qui produit des biens ou des services marchands en combinant des facteurs de production dans le but de dégager un profit.
On distingue plusieurs types de productions :
- Bien : produit matériel (une voiture, un téléphone…)
- Service : produit immatériel (un cours, un transport, une assurance…)
- Production marchande : vendue sur le marché à un prix couvrant les coûts
- Production non marchande : fournie gratuitement ou quasi gratuitement (hôpitaux publics, écoles…), assurée principalement par les administrations, pas par les entreprises
Exemple. Renault est une entreprise qui produit des biens (automobiles). La SNCF produit des services (transport ferroviaire). Le collège public relève d'une administration, non d'une entreprise.
Astuce. Le critère de l'entreprise : la production marchande (vendue) dans un but lucratif. Une association qui vend des services peut être assimilée à une entreprise sur ce plan.
2Les différentes formes juridiques d'entreprises
Le statut juridique d'une entreprise détermine qui en est propriétaire, comment elle est dirigée, et l'étendue de la responsabilité des associés en cas de difficultés financières.
| Forme juridique | Nombre d'associés | Responsabilité | Exemples |
|---|
| Entreprise individuelle (EI) | 1 (le dirigeant seul) | Illimitée sur le patrimoine personnel | Artisan, micro-entrepreneur |
| SARL | 2 à 100 | Limitée aux apports | PME familiale |
| SA (société anonyme) | ≥ 2 (souvent milliers) | Limitée aux apports | Total, BNP Paribas |
| SAS | ≥ 1 | Limitée aux apports | Start-ups, grandes entreprises |
Notion clé — Capital social. Le capital social est l'ensemble des apports (argent, biens) effectués par les associés lors de la création d'une société. Il est divisé en parts sociales (SARL) ou en actions (SA, SAS).
Attention ! Dans une entreprise individuelle, le patrimoine professionnel et le patrimoine personnel sont confondus (sauf régimes particuliers), ce qui signifie que les créanciers peuvent saisir les biens personnels du dirigeant.
En France, les entreprises individuelles restent les plus nombreuses (artisans, commerçants, micro-entrepreneurs), mais les SAS se multiplient, notamment dans les start-ups technologiques.
3Comment l'entreprise produit-elle ?
Pour produire, l'entreprise mobilise deux grandes catégories de facteurs de production :
- Le travail : l'activité humaine rémunérée (salariés, dirigeants…)
- Le capital : l'ensemble des biens durables utilisés dans la production (machines, bâtiments, logiciels…). On parle de capital fixe.
Définition. Les consommations intermédiaires (CI) sont les biens et services détruits ou transformés lors du processus de production (matières premières, énergie, services sous-traités…). Elles ne sont pas des facteurs de production car elles sont intégralement consommées.
Le processus de production peut être schématisé ainsi :
Exemple. Une boulangerie utilise : du travail (boulanger), du capital fixe (four, pétrin) et des consommations intermédiaires (farine, beurre, sel). Le pain vendu est la production marchande.
Astuce. La différence fondamentale : les facteurs de production restent disponibles après un cycle (le four sert pendant des années), alors que les consommations intermédiaires disparaissent dans le produit fini.
4La valeur ajoutée : mesurer la richesse créée
L'indicateur central de la richesse créée par une entreprise est la valeur ajoutée (VA).
Définition. La valeur ajoutée est la différence entre la valeur de la production (le chiffre d'affaires pour simplifier) et la valeur des consommations intermédiaires :
$$\text{VA} = \text{Production} - \text{Consommations intermédiaires}$$
La VA mesure la richesse réellement créée par l'entreprise, indépendamment de ce qu'elle a acheté à l'extérieur. C'est la somme de toutes les VA des entreprises d'un pays qui donne le PIB (Produit Intérieur Brut).
Exemple chiffré. Un constructeur automobile vend ses voitures pour 50 000 € l'unité. Il achète de l'acier, du plastique, des pièces à des fournisseurs pour 30 000 €.
$$\text{VA} = 50\,000 - 30\,000 = 20\,000 \text{ € par voiture}$$
C'est cette somme de 20 000 € qui va être répartie entre les salariés, l'État, les actionnaires et l'entreprise elle-même.
Attention ! Ne pas confondre chiffre d'affaires (total des ventes) et valeur ajoutée (richesse créée). Une entreprise peut avoir un CA élevé mais une VA faible si elle achète beaucoup à l'extérieur (entreprises de négoce, par exemple).
5Le profit et sa répartition
Le profit (ou bénéfice) est ce qui reste à l'entreprise après qu'elle a payé tous ses coûts. Il est le principal objectif des entreprises privées.
Définition. Le profit est la différence entre les recettes (chiffre d'affaires) et l'ensemble des coûts (salaires, consommations intermédiaires, amortissements, intérêts, impôts) :
$$\text{Profit} = \text{Recettes totales} - \text{Coûts totaux}$$
Si le résultat est négatif, on parle de perte.
Le profit est réparti entre deux usages :
- Les dividendes : part distribuée aux actionnaires (propriétaires) en rémunération de leur apport en capital
- L'autofinancement (ou réserves) : part conservée par l'entreprise pour financer de futurs investissements
Exemple. En 2023, TotalEnergies a réalisé un bénéfice net de plus de 19 milliards de dollars. Une partie a été versée en dividendes aux actionnaires, une autre a été mise en réserve pour financer l'exploration pétrolière et les énergies renouvelables.
Astuce. Pour réaliser davantage de profit, une entreprise peut soit augmenter ses recettes (vendre plus cher ou plus), soit réduire ses coûts (économies d'échelle, robotisation…).
6Qui dirige l'entreprise ? La question de la gouvernance
La gouvernance d'entreprise désigne l'ensemble des mécanismes qui permettent de décider qui dirige l'entreprise, dans quel intérêt et selon quelles règles.
Définition. Le gouvernement d'entreprise (ou corporate governance) regroupe les règles, pratiques et structures permettant de contrôler et d'orienter les décisions des dirigeants afin de protéger les intérêts des actionnaires et des autres parties prenantes.
Dans une société anonyme (SA) cotée en bourse, la structure de gouvernance est la suivante :
- Les actionnaires se réunissent en assemblée générale (AG) et élisent le conseil d'administration (CA)
- Le conseil d'administration fixe les grandes orientations stratégiques et nomme le PDG (Président-Directeur Général)
- Le PDG dirige l'entreprise au quotidien
Exemple. Chez Renault, les actionnaires (dont l'État français avec ~15 %) participent aux AG annuelles. Le conseil d'administration vote les grandes décisions stratégiques (alliances, investissements…) et contrôle l'action du PDG.
7Actionnaires, dirigeants et parties prenantes
La gouvernance soulève un problème fondamental : celui de la séparation entre propriété et contrôle.
Définition. Dans les grandes entreprises, les propriétaires (actionnaires) ne gèrent pas elles-mêmes l'entreprise : ils délèguent ce pouvoir à des dirigeants salariés (managers). Cette séparation entre propriété et gestion crée un conflit d'intérêts potentiel.
Les actionnaires souhaitent maximiser le rendement de leur capital (dividendes + hausse du cours de l'action), tandis que les dirigeants peuvent poursuivre d'autres objectifs (augmentation de la taille de l'entreprise, prestige, sécurité de l'emploi…).
Pour limiter ce problème, les entreprises utilisent plusieurs mécanismes :
- Rémunération des dirigeants indexée sur les performances (stock-options, bonus liés aux bénéfices)
- Contrôle du conseil d'administration
- Présence d'administrateurs indépendants
- Audit des comptes par des commissaires aux comptes
Définition. Les parties prenantes (stakeholders) sont l'ensemble des acteurs ayant un intérêt dans l'activité de l'entreprise : actionnaires, salariés, fournisseurs, clients, État, collectivités locales, ONG, société civile…
Exemple. Lorsqu'une grande entreprise ferme une usine pour délocaliser, elle maximise le profit à court terme (intérêt des actionnaires) mais nuit à ses salariés et aux communes concernées (autres parties prenantes).
8Les enjeux contemporains de la gouvernance
La gouvernance d'entreprise fait l'objet de débats importants dans les économies contemporaines.
Plusieurs enjeux se posent aujourd'hui :
- Les rémunérations des dirigeants : les « golden parachutes » et les stock-options suscitent des débats sur les inégalités et l'équité
- La responsabilité sociale des entreprises (RSE) : les entreprises sont de plus en plus sollicitées pour prendre en compte les enjeux environnementaux et sociaux dans leurs décisions
- L'actionnariat salarié : certaines entreprises associent leurs salariés au capital pour aligner leurs intérêts avec ceux des actionnaires
- La démocratie en entreprise : la question de la représentation des salariés au conseil d'administration est débattue (co-détermination à l'allemande)
Attention ! La RSE n'est pas seulement philanthropique : pour les entreprises, elle peut aussi être un enjeu d'image et de compétitivité (attirer des talents, fidéliser des clients sensibles aux pratiques éthiques).
À retenir. La gouvernance n'est pas seulement une question technique : elle reflète des rapports de pouvoir et des choix de société sur la manière dont la richesse créée par l'entreprise doit être distribuée.
★À retenir
En bref :
• Une entreprise combine facteurs de production (travail + capital) et consommations intermédiaires pour créer une production marchande dans un but lucratif.
• Les formes juridiques principales : EI (responsabilité illimitée), SARL, SA, SAS (responsabilité limitée aux apports).
• Valeur ajoutée = Production − Consommations intermédiaires : elle mesure la richesse créée et se répartit entre salariés, État, actionnaires et autofinancement.
• Le profit = recettes − coûts ; il se divise en dividendes et autofinancement.
• La gouvernance désigne les règles qui encadrent les décisions des dirigeants : dans une SA, les actionnaires élisent le CA, qui nomme le PDG.
• La séparation propriété/contrôle crée un conflit d'intérêts entre actionnaires et dirigeants, qui est atténué par des mécanismes incitatifs et de contrôle.
• Les parties prenantes (salariés, fournisseurs, État, société civile…) ont aussi des intérêts légitimes dans l'activité de l'entreprise.