À propos de cette page
Ce cours de histoire-géographie en seconde sur « L'environnement entre exploitation et protection : un enjeu planétaire » suit le programme officiel de histoire-géographie de seconde. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Qu'est-ce que l'environnement ? Définitions et enjeux, L'exploitation des ressources naturelles dans le monde, Les atteintes à l'environnement : pollution, déforestation, érosion de la biodiversité, Le changement climatique : un défi planétaire. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de seconde à réussir en histoire-géographie.
Au programme
1 · Qu'est-ce que l'environnement ? Définitions et enjeux
2 · L'exploitation des ressources naturelles dans le monde
3 · Les atteintes à l'environnement : pollution, déforestation, érosion de la biodiversité
4 · Le changement climatique : un défi planétaire
5 · Les politiques de protection de l'environnement
6 · Des acteurs multiples face aux enjeux environnementaux
7 · Vers un développement durable : tensions et compromis
1Qu'est-ce que l'environnement ? Définitions et enjeux
L'environnement désigne l'ensemble des milieux naturels (forêts, océans, atmosphère, sols) et des êtres vivants qui les peuplent. Il constitue le cadre de vie et la base des ressources dont les sociétés humaines dépendent.
Définitions essentielles.
• Ressource naturelle : élément de la nature que l'homme utilise pour satisfaire ses besoins (eau, bois, minerais, hydrocarbures…).
• Biodiversité : diversité du vivant à toutes ses échelles — espèces, gènes, écosystèmes.
• Écosystème : ensemble formé par une communauté d'êtres vivants et leur milieu, en interaction.
• Développement durable : développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs (rapport Brundtland, 1987).
L'enjeu fondamental de ce chapitre est la tension entre deux logiques :
— l'exploitation des ressources, nécessaire au développement économique et à la satisfaction des besoins ;
— la protection de l'environnement, indispensable pour préserver les équilibres naturels et garantir l'avenir.
Repère chronologique. La prise de conscience de cette tension est progressive : Conférence de Stockholm (1972), rapport Brundtland (1987), Sommet de la Terre à Rio (1992), Protocole de Kyoto (1997), Accord de Paris (2015).
2L'exploitation des ressources naturelles dans le monde
Les sociétés humaines exploitent massivement les ressources de la planète pour répondre à leurs besoins croissants (croissance démographique, urbanisation, développement économique).
| Type de ressource | Exemples | Principaux acteurs |
|---|
| Énergies fossiles | Pétrole, gaz, charbon | Pays du Golfe, Russie, États-Unis |
| Minerais et métaux | Fer, cuivre, lithium, terres rares | Chine, RDC, Australie, Chili |
| Eau douce | Irrigation, industrie, consommation | Asie, Amérique du Nord |
| Forêts | Bois, pâturage, cultures | Amazonie, Afrique centrale, Asie du Sud-Est |
| Océans | Pêche, ressources minières sous-marines | Union européenne, Chine, Japon |
L'exploitation est inégalement répartie : les pays du Nord (pays développés) consomment une part disproportionnée des ressources, tandis que les pays du Sud (émergents et en développement) voient leurs ressources extraites, souvent au détriment de leur population locale.
Exemple. Le coltan (colombo-tantalite), indispensable aux téléphones portables, est extrait principalement en République démocratique du Congo dans des conditions dénoncées (travail forcé, financement de conflits).
Attention ! Ne confondez pas ressource renouvelable (eau, bois, énergie solaire — si gestion raisonnée) et ressource non renouvelable (pétrole, charbon, minerais — stocks limités).
3Les atteintes à l'environnement : pollution, déforestation, érosion de la biodiversité
L'exploitation intensive des ressources entraîne des atteintes graves à l'environnement à toutes les échelles.
Les principales atteintes à l'environnement.
• Pollution : contamination de l'air, de l'eau et des sols par des substances nocives (rejets industriels, pesticides, plastiques…).
• Déforestation : destruction des forêts pour l'agriculture, l'élevage, l'urbanisation ou l'exploitation du bois. La forêt amazonienne a perdu environ 20 % de sa superficie en 50 ans.
• Érosion de la biodiversité : disparition accélérée des espèces vivantes. Le taux d'extinction actuel est estimé à 100 à 1 000 fois supérieur au taux naturel.
• Surpêche : exploitation des ressources halieutiques au-delà de leur capacité de renouvellement.
• Acidification des océans : absorption du CO₂ par les océans, qui menace les coraux et la chaîne alimentaire marine.
Ces atteintes sont souvent liées entre elles : la déforestation réduit la biodiversité, aggrave l'érosion des sols et contribue au changement climatique.
Exemple : la déforestation en Amazonie. Chaque année, des dizaines de milliers de km² de forêt amazonienne sont détruits pour l'élevage bovin (notamment pour l'exportation vers l'Europe et la Chine) et les cultures de soja. Les peuples autochtones sont les premières victimes.
Chiffre-clé. Selon le WWF, près de 70 % des populations de vertébrés sauvages ont disparu depuis 1970 (Living Planet Report 2022).
4Le changement climatique : un défi planétaire
Le changement climatique est l'une des principales menaces environnementales de notre époque. Il résulte de l'augmentation des gaz à effet de serre (GES) dans l'atmosphère, principalement due aux activités humaines.
Mécanisme de l'effet de serre renforcé.
Les GES (CO₂, méthane CH₄, protoxyde d'azote N₂O…) retiennent une partie du rayonnement infrarouge émis par la Terre, provoquant un réchauffement. Depuis 1850, la température moyenne mondiale a augmenté d'environ +1,1 °C.
Sources des GES :
- Combustion des énergies fossiles (électricité, transport, industrie) : ~75 % des émissions mondiales
- Déforestation : ~10 %
- Agriculture et élevage : ~12 % (méthane des ruminants, rizières, engrais…)
Conséquences du réchauffement climatique :
- Multiplication des événements extrêmes (canicules, ouragans, inondations)
- Montée du niveau des mers (fonte des glaces polaires et des glaciers)
- Perturbation des écosystèmes et migrations de populations
- Menace sur la sécurité alimentaire mondiale
Attention ! Le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) préconise de limiter le réchauffement à +1,5 °C d'ici 2100 pour éviter les effets les plus catastrophiques. Au rythme actuel, les projections dépassent +2 °C à +4 °C.
5Les politiques de protection de l'environnement
Face à ces enjeux, des politiques de protection ont été développées à différentes échelles : locale, nationale et internationale.
À l'échelle internationale :
- Convention sur la diversité biologique (1992, Rio) : engagements pour préserver la biodiversité mondiale.
- Protocole de Kyoto (1997) : premier accord contraignant de réduction des GES pour les pays développés.
- Accord de Paris (COP21, 2015) : 196 pays s'engagent à limiter le réchauffement à +2 °C (objectif idéal : +1,5 °C). Repose sur les NDC (contributions nationales déterminées).
- COP28 (Dubaï, 2023) : premier accord sur l'abandon progressif des énergies fossiles.
Les aires protégées :
Aire protégée. Espace naturel soumis à des réglementations visant à conserver la biodiversité. Types variés : parcs nationaux, réserves naturelles, sites Ramsar (zones humides), patrimoine mondial de l'UNESCO.
L'objectif des accords de Kunming-Montréal (COP15 biodiversité, 2022) est de protéger 30 % des terres et des océans d'ici 2030 (objectif « 30x30 »).
Exemple : le Parc Amazonien de Guyane. Créé en 2007, il est le plus grand parc national de France et de l'Union européenne (3,4 millions d'hectares). Il protège une biodiversité exceptionnelle et les modes de vie des peuples amérindiens.
À l'échelle nationale. En France : loi sur la reconquête de la biodiversité (2016), création d'Office français de la biodiversité (OFB, 2019), Stratégie nationale pour la biodiversité.
6Des acteurs multiples face aux enjeux environnementaux
La gestion de l'environnement implique une multitude d'acteurs aux intérêts souvent divergents.
| Acteur | Rôle et position |
|---|
| États et gouvernements | Législation, ratification des accords internationaux, financement des politiques environnementales |
| Organisations internationales (ONU, GIEC, PNUE) | Production de rapports scientifiques, coordination des négociations, COP climatiques |
| ONG (Greenpeace, WWF, Amnesty…) | Sensibilisation, pression sur les États et les entreprises, protection de terrain |
| Entreprises multinationales | Principales exploitantes des ressources ; de plus en plus soumises à des exigences RSE (responsabilité sociale et environnementale) |
| Collectivités locales et régions | Aménagement du territoire, plans locaux de protection (Agenda 21, PCAET) |
| Citoyens et mouvements sociaux | Consommation responsable, militantisme (Extinction Rebellion, Youth for Climate…), vote |
Ces acteurs ont des intérêts contradictoires : les États producteurs de pétrole peuvent s'opposer aux restrictions des émissions, tandis que les pays en développement revendiquent leur droit au développement économique.
Exemple : les COP. Les Conférences des parties (COP) réunissent chaque année les États signataires de la CCNUCC. Elles sont le lieu de négociations difficiles : à la COP26 (Glasgow, 2021), l'accord final remplace « éliminer » le charbon par « réduire progressivement », sous la pression de certains États.
Attention ! Il ne faut pas opposer systématiquement pays du Nord et pays du Sud. Les pays émergents (Chine, Inde, Brésil) sont désormais parmi les plus gros émetteurs, mais ils soulignent que les pays développés ont émis la majorité du CO₂ historique.
7Vers un développement durable : tensions et compromis
Le développement durable cherche à réconcilier trois piliers : économique, social et environnemental. Mais cette conciliation est difficile et fait l'objet de tensions permanentes.
Les trois piliers du développement durable.
• Pilier économique : croissance, emploi, création de richesses.
• Pilier social : équité, accès aux besoins fondamentaux, réduction des inégalités.
• Pilier environnemental : préservation des écosystèmes, limitation de la pollution et du changement climatique.
Des tensions persistantes :
- Exploitation vs. conservation : une forêt peut être source de revenus (bois, agriculture) ou de services écosystémiques (absorption de CO₂, habitat de biodiversité).
- Nord vs. Sud : les pays en développement réclament le droit d'utiliser leurs ressources comme les pays développés l'ont fait par le passé.
- Court terme vs. long terme : les investissements environnementaux ont des coûts immédiats mais des bénéfices différés.
Des solutions émergent :
- Énergies renouvelables : solaire, éolien, hydraulique — alternatives aux fossiles en fort développement.
- Économie circulaire : réduction des déchets, réutilisation, recyclage.
- Paiement pour services environnementaux : rémunérer les pays qui préservent leurs forêts (REDD+).
- Agriculture durable : agroécologie, permaculture, agriculture biologique.
Les ODD. Les 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) adoptés par l'ONU en 2015 (Agenda 2030) constituent le cadre mondial de référence pour concilier développement et protection de l'environnement.
★À retenir
En bref :
• L'environnement désigne les milieux naturels et la biodiversité ; il est à la fois une ressource et un bien commun à protéger.
• L'exploitation des ressources (fossiles, forêts, eau, minerais) est nécessaire au développement mais génère pollution, déforestation et érosion de la biodiversité.
• Le changement climatique, dû aux émissions de GES, est un défi planétaire : +1,1 °C depuis 1850, risque de +2 à +4 °C d'ici 2100.
• Des politiques de protection existent à toutes les échelles : Accord de Paris (2015), aires protégées, ODD (Agenda 2030).
• De nombreux acteurs (États, ONG, entreprises, citoyens) aux intérêts contradictoires participent à la gouvernance environnementale.
• Le développement durable cherche à concilier économie, social et environnement, mais des tensions persistent entre exploitation et conservation.