Lecture cursive et culture littéraire : construire une bibliothèque de référence
Méthodes pour lire, mémoriser et exploiter les œuvres au lycée — programme de Français 2nde
À propos de cette page
Ce lexique sur « Lecture cursive et culture littéraire : construire une bibliothèque de référence » en seconde donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Lire une œuvre entière : ce que la lecture cursive demande, Le carnet de lecture : la mémoire de votre lecture, Dégager l'enjeu : la question que pose l'œuvre, Situer l'œuvre : mouvement, contexte, objet d'étude. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de seconde.
Lecture cursive
Lecture personnelle, continue et intégrale d'une œuvre, conduite seul et à son rythme, le plus souvent hors de la classe.
Synonymes
Lecture intégrale — insiste sur le fait qu'on lit tout le livre, mais ne dit pas que la lecture est personnelle et non guidée
Lecture suivie — au collège, la lecture suivie est souvent encadrée en classe chapitre après chapitre : la cursive, elle, est autonome
Antonymes
Explication de texte — elle porte sur un extrait bref travaillé mot à mot en classe, exactement l'inverse de la lecture cursive
À ne pas confondre
Lecture analytique — l'analytique cherche comment un passage produit son effet ; la cursive cherche ce que l'ensemble d'une œuvre construit
Selon l'époque et le point de vue — L'expression s'installe dans les programmes français à partir des années 1990, lorsque l'institution admet que l'étude d'extraits ne suffit pas à former un lecteur d'œuvres.
Ce que le mot permet d'écrire — Dans une copie ou un oral, ne dites pas seulement que vous avez lu l'œuvre en cursive : montrez-le en citant deux passages éloignés l'un de l'autre. C'est la preuve qu'on ne peut pas donner avec une fiche de résumé.
Œuvre intégrale
Livre lu dans sa totalité, par opposition au texte étudié sous forme d'extrait.
Synonymes
Œuvre complète — en librairie, les œuvres complètes désignent l'ensemble des livres d'un auteur : le sens est tout autre
Antonymes
Extrait — l'extrait est découpé par un manuel ou un professeur ; il donne un état du texte, pas sa trajectoire
À ne pas confondre
Groupement de textes — le groupement réunit plusieurs extraits d'auteurs différents autour d'une question ; l'œuvre intégrale est un seul livre lu en entier
Selon l'époque et le point de vue — En seconde, aucune œuvre intégrale n'est imposée nationalement : le professeur choisit dans les quatre objets d'étude du programme de 2019.
Ce que le mot permet d'écrire — Employez le terme pour signaler que votre analyse s'appuie sur la totalité du livre : « à l'échelle de l'œuvre intégrale, ce motif revient trois fois ». C'est un argument que l'extrait ne permet jamais.
Carnet de lecture
Cahier tenu pendant la lecture, où l'on consigne citations référencées, réactions, questions et repères de structure.
Synonymes
Journal de lecture — le journal accentue la dimension datée et personnelle ; le carnet peut être purement méthodique
Antonymes
Résumé — le résumé restitue l'intrigue et efface le lecteur ; le carnet garde justement la trace de ce que le lecteur a éprouvé et cité
À ne pas confondre
Fiche de lecture — la fiche est écrite après coup et synthétise ; le carnet s'écrit pendant, au fil des pages, et conserve des matériaux bruts
Selon l'époque et le point de vue — Il prolonge une pratique ancienne, celle des recueils de citations que tenaient les humanistes du XVIe siècle pour nourrir leur propre écriture.
Ce que le mot permet d'écrire — Ce qui fait la valeur d'un carnet, c'est la page notée à côté de la citation. Sans référence, la citation est inutilisable en devoir et vous fera perdre les points de justification.
Paratexte
Tout ce qui entoure le texte sans en faire partie : titre, sous-titre, préface, dédicace, notes, quatrième de couverture, date de publication.
Synonymes
Appareil éditorial — désigne surtout les notes et l'introduction ajoutées par l'éditeur moderne, donc une partie seulement du paratexte
Antonymes
Texte — le texte est ce que l'auteur donne à lire comme œuvre ; le paratexte l'encadre et oriente sa réception
À ne pas confondre
Contexte — le paratexte est matériellement dans le livre ; le contexte est hors du livre, dans l'histoire et la vie de l'auteur
Selon l'époque et le point de vue — La notion est théorisée au XXe siècle, mais la chose est très ancienne : les préfaces de Molière répondent déjà aux attaques de ses adversaires.
Ce que le mot permet d'écrire — Commencez toute lecture cursive par le paratexte : un titre comme Les Fleurs du mal (Baudelaire, 1857) annonce à lui seul l'oxymore qui gouverne le recueil. Ne le recopiez pas, exploitez-le.
Incipit
Ouverture d'un récit — première phrase, premier paragraphe ou premières pages selon l'échelle d'analyse.
Synonymes
Ouverture — mot courant, employé aussi au théâtre pour la scène d'exposition ; incipit est réservé au récit
Antonymes
Excipit — l'un installe le monde du récit, l'autre le referme : leur comparaison mesure le chemin parcouru
À ne pas confondre
Scène d'exposition — elle est propre au théâtre et doit informer le spectateur sans narrateur pour le faire
Selon l'époque et le point de vue — L'incipit change de fonction selon les époques : informatif et généreux chez Balzac (Le Père Goriot, 1835), volontairement abrupt à la fin du XIXe siècle.
Ce que le mot permet d'écrire — Dans un compte rendu, l'incipit sert à formuler l'attente créée par l'œuvre. Dites ce qu'il promet, pour pouvoir dire ensuite si l'œuvre tient ou déçoit cette promesse.
Excipit
Fin d'un récit : dernières lignes, dernier chapitre. C'est là que l'œuvre choisit ce qu'elle laisse au lecteur.
Synonymes
Dénouement — le dénouement désigne le règlement de l'intrigue ; l'excipit désigne le texte final, qui peut suivre le dénouement
Antonymes
Incipit — symétrie exacte : l'un ouvre, l'autre ferme, et l'écart entre les deux est un outil d'analyse
À ne pas confondre
Épilogue — l'épilogue est une partie nettement détachée qui raconte l'après ; tout excipit n'est pas un épilogue
Selon l'époque et le point de vue — Les fins ouvertes se multiplient à partir du réalisme : la dernière ligne de Madame Bovary (Flaubert, 1857) ne conclut sur aucune morale mais sur la croix d'honneur reçue par Homais.
Ce que le mot permet d'écrire — Comparez systématiquement incipit et excipit dans votre carnet : cet écart donne presque toujours l'enjeu de l'œuvre en une phrase, sans qu'il faille relire le livre.
Thème
Sujet général traité par l'œuvre, qui se dit par un nom : l'exil, l'ambition, la jalousie, le travail.
Synonymes
Motif — le motif est plus étroit et concret : un élément qui revient, comme la fenêtre chez Flaubert, à l'intérieur d'un thème plus large
Antonymes
Enjeu — le thème nomme, l'enjeu interroge ; le thème est commun à mille œuvres, l'enjeu est propre à celle-ci
À ne pas confondre
Intrigue — l'intrigue est l'enchaînement des événements ; le thème est ce dont ces événements parlent
Selon l'époque et le point de vue — Un même thème traverse les siècles en changeant de sens : l'ambition d'un héros cornélien en 1637 n'a pas la valeur de celle de Julien Sorel en 1830.
Ce que le mot permet d'écrire — Ne construisez jamais un compte rendu sur un thème seul : « le roman parle de l'amour » ne dit rien. Le thème sert d'entrée en matière, l'enjeu fait le devoir.
Enjeu
Question que l'œuvre pose et laisse ouverte ; elle se formule par une phrase interrogative discutable.
Synonymes
Problématique — la problématique est celle que vous posez, vous, pour votre devoir ; l'enjeu appartient à l'œuvre
Antonymes
Thèse — la thèse affirme et tranche ; l'enjeu maintient la question ouverte, ce que fait toute grande œuvre
À ne pas confondre
Morale — la morale conclut par un conseil ; l'enjeu ne se laisse pas réduire à un conseil, même chez La Fontaine
Selon l'époque et le point de vue — Les œuvres de la littérature d'idées assument leur enjeu de façon explicite, comme Candide (Voltaire, 1759) face à l'optimisme ; le roman réaliste le laisse souvent implicite.
Ce que le mot permet d'écrire — Écrivez l'enjeu au tableau de votre plan avant de rédiger. Si vous ne parvenez pas à le formuler en une question, c'est que vous n'avez pas encore compris l'œuvre — et la copie s'en ressentira.
Thèse
Opinion défendue, explicitement ou non, par un texte ou par un auteur.
Synonymes
Position — plus vague : on peut avoir une position sans l'argumenter, alors qu'une thèse s'appuie sur des arguments
Antonymes
Antithèse — en argumentation, la thèse réfutée, celle que l'auteur combat — souvent exposée d'abord pour être démontée
À ne pas confondre
Enjeu — l'enjeu est la question posée, la thèse est la réponse qu'un auteur y apporte
Selon l'époque et le point de vue — L'objet d'étude « littérature d'idées et presse du XIXe au XXIe siècle » place la thèse au premier plan : un article de Zola en 1898 défend une position datée et signée.
Ce que le mot permet d'écrire — Attribuez la thèse à qui la porte : « le personnage soutient que… » n'est pas « l'auteur soutient que… ». Confondre les deux est l'erreur la plus coûteuse en littérature d'idées.
Mouvement littéraire
Ensemble d'auteurs qui, sur une période donnée, partagent des principes esthétiques et souvent un manifeste ou un chef de file.
Synonymes
École — l'école suppose un groupe organisé autour d'un maître, ce qui n'est pas le cas de tous les mouvements
Courant — plus flou et plus large : on parle de courant quand aucun manifeste ne réunit les auteurs
Antonymes
Genre — le genre classe par forme (roman, tragédie, poésie) et traverse tous les mouvements
À ne pas confondre
Siècle — le XIXe siècle contient à lui seul romantisme, réalisme, naturalisme et symbolisme : dater n'est pas situer
Selon l'époque et le point de vue — Le mot prend son sens moderne au XIXe siècle, quand les groupes se dotent de préfaces-programmes, comme la préface de Cromwell (Hugo, 1827) pour le drame romantique.
Ce que le mot permet d'écrire — Un mouvement ne se mentionne jamais seul : citez le trait textuel qui le manifeste. « Réaliste, comme le montre l'inventaire minutieux du mobilier » vaut un point ; « c'est réaliste » n'en vaut aucun.
Objet d'étude
Grande entrée du programme officiel qui cadre l'année : en seconde, quatre objets d'étude définis par le BO du 22 janvier 2019.
Synonymes
Entrée du programme — formulation administrative équivalente, moins précise dans le vocabulaire scolaire courant
Antonymes
Œuvre imposée — il n'en existe pas en seconde : l'objet d'étude fixe un cadre, jamais une liste de titres obligatoires
À ne pas confondre
Mouvement littéraire — l'objet d'étude est une décision institutionnelle récente ; le mouvement est un fait d'histoire littéraire
Selon l'époque et le point de vue — Les quatre objets d'étude de seconde couvrent la poésie du Moyen Âge au XVIIIe siècle, le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe, le théâtre du XVIIe au XXIe, la littérature d'idées et la presse du XIXe au XXIe.
Ce que le mot permet d'écrire — Rattachez toujours votre œuvre à son objet d'étude dans la première minute d'un oral : cela prouve que vous savez pourquoi ce livre figure dans l'année, et non seulement ce qu'il raconte.
Contexte
Ensemble des circonstances historiques, sociales et biographiques dans lesquelles une œuvre est écrite et reçue.
Synonymes
Circonstances — terme plus étroit, qui renvoie surtout à l'événement immédiat ayant déclenché l'écriture
Antonymes
Texte — le contexte est hors du livre ; il éclaire le texte mais ne le remplace jamais dans une analyse
À ne pas confondre
Paratexte — le paratexte est imprimé dans le volume, le contexte est extérieur à lui
Selon l'époque et le point de vue — Le procès intenté à Flaubert en 1857 pour Madame Bovary, puis à Baudelaire la même année pour Les Fleurs du mal, montre à quel point le contexte pèse sur la réception d'une œuvre.
Ce que le mot permet d'écrire — Le contexte doit servir l'analyse, jamais l'ouvrir en paragraphe décoratif. Règle simple : si vous pouvez supprimer votre phrase de contexte sans rien perdre, supprimez-la.
Intertextualité
Relation par laquelle un texte en cite, imite, transforme ou détourne un autre.
Synonymes
Référence littéraire — la référence est un cas particulier, explicite ; l'intertextualité couvre aussi les reprises implicites
Antonymes
Originalité absolue — notion largement illusoire : la littérature travaille toujours à partir d'un héritage, même pour le refuser
À ne pas confondre
Plagiat — le plagiat cache sa source pour se l'approprier ; l'intertextualité compte sur le lecteur pour reconnaître la source
Selon l'époque et le point de vue — Elle est constitutive de la littérature française : Du Bellay réécrit Homère dans Les Regrets (1558), La Fontaine réécrit Ésope dans ses Fables (1668).
Ce que le mot permet d'écrire — Dire qu'il y a intertextualité ne suffit pas : nommez la source, puis dites ce que la reprise modifie. C'est l'écart, jamais la ressemblance, qui porte le sens.
Groupement de textes
Ensemble d'extraits, souvent d'auteurs et d'époques différents, réunis autour d'une question commune.
Synonymes
Corpus — corpus désigne l'ensemble des documents fournis, y compris images et articles ; le groupement suppose un principe de réunion explicite
Antonymes
Œuvre intégrale — le groupement fragmente plusieurs livres, l'œuvre intégrale en donne un seul en entier
À ne pas confondre
Anthologie — l'anthologie rassemble par goût ou par prestige ; le groupement est construit pour répondre à une question de lecture
Selon l'époque et le point de vue — C'est l'outil scolaire qui permet de faire tenir en quelques séances le parcours d'un motif sur plusieurs siècles, du Moyen Âge à aujourd'hui.
Ce que le mot permet d'écrire — Quand vous constituez vous-même un groupement, la note vient du principe de réunion, pas du nombre de textes. Énoncez-le en une phrase avant de présenter les extraits.
Compte rendu de lecture
Exposé oral ou écrit qui présente une œuvre lue en entier, dégage un enjeu et porte un jugement argumenté.
Synonymes
Note de lecture — forme écrite et brève, publiée dans la presse ou une revue : le jugement y pèse davantage que l'analyse
Antonymes
Résumé — le résumé restitue le contenu sans l'interpréter ni le juger ; c'est précisément ce qu'un compte rendu ne doit pas être
À ne pas confondre
Critique littéraire — la critique s'adresse à un public qui n'a pas lu le livre et cherche à le conseiller ; le compte rendu scolaire s'adresse à un professeur qui, lui, évalue votre lecture
Selon l'époque et le point de vue — La forme s'est constituée dans la presse du XIXe siècle avec les feuilletons littéraires, où les critiques rendaient compte des parutions semaine après semaine.
Ce que le mot permet d'écrire — Réservez au moins la moitié du temps à l'analyse et au jugement. Un compte rendu où le résumé occupe plus d'un tiers est sanctionné, quelle que soit la qualité de la lecture.
Jugement critique
Appréciation personnelle d'une œuvre, formulée avec des arguments et appuyée sur des passages précis.
Synonymes
Appréciation argumentée — formulation scolaire qui insiste sur l'obligation d'argumenter, là où jugement peut sembler péremptoire
Antonymes
Goût — le goût se contente d'aimer ou non ; le jugement critique doit produire ses raisons et accepter d'être discuté
À ne pas confondre
Avis — un avis ne s'appuie sur rien d'autre que soi ; un jugement critique s'appuie sur le texte et sur des critères nommés
Selon l'époque et le point de vue — La tradition française du jugement critique s'écrit dès le XVIIe siècle, notamment dans les querelles théâtrales autour du Cid (Corneille, 1637).
Ce que le mot permet d'écrire — Le jugement s'écrit en deux temps : ce que l'œuvre réussit, ce qu'elle vous laisse insatisfait — chaque fois avec un passage. Le jugement entièrement positif passe pour une politesse, non pour une lecture.
Réception
Manière dont une œuvre est lue, comprise et jugée par un public, à sa parution puis au fil des siècles.
Synonymes
Accueil — accueil renvoie surtout au moment de la parution ; la réception inclut toute la postérité de l'œuvre
Antonymes
Intention de l'auteur — ce que l'auteur a voulu et ce que les lecteurs ont compris divergent souvent : c'est même un objet d'analyse
À ne pas confondre
Contexte — le contexte est ce qui entoure l'écriture, la réception est ce qui suit la publication
Selon l'époque et le point de vue — Les Fleurs du mal (Baudelaire, 1857) est condamné à sa parution pour six pièces jugées immorales, puis devient un des recueils les plus étudiés en France : la réception d'une œuvre n'est jamais fixée.
Ce que le mot permet d'écrire — Mentionner la réception permet de nuancer votre jugement : « le public de 1857 y voyait un scandale, nous y voyons une peinture de l'ennui » est une phrase qui fait gagner des points.
Les repères du programme
Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.
Résumer / rendre compte
Résumer, c'est redire l'intrigue en plus court. Rendre compte, c'est dégager un enjeu, le prouver et le juger.
Ce qu'il débloque — Cette distinction règle à elle seule la note d'un oral de lecture cursive : elle départage la fiche recopiée de la lecture véritable.
Exemple — Sur Candide (Voltaire, 1759), résumer consiste à énumérer les pays traversés ; rendre compte consiste à montrer que l'accumulation invraisemblable des catastrophes est l'arme comique par laquelle Voltaire ruine l'optimisme.
Thème / enjeu
Le thème se dit par un nom, l'enjeu par une question ouverte. Le thème est partagé par mille œuvres, l'enjeu appartient à celle-ci.
Ce qu'il débloque — Elle permet de vérifier la valeur d'une problématique : toute formulation nominale est à retravailler en question.
Exemple — Sur Germinal (Zola, 1885) : thème, la mine ; enjeu, une révolte collective peut-elle changer la condition ouvrière sans broyer ceux qui la mènent ?
Situer / étiqueter
Situer, c'est rattacher une œuvre à une date, un mouvement et un objet d'étude en montrant ce qui, dans le texte, le justifie. Étiqueter, c'est coller un nom de mouvement sans preuve.
Ce qu'il débloque — Elle sépare la culture littéraire réelle de la récitation de cours, et s'applique à chaque mention de mouvement dans une copie.
Exemple — Sur Madame Bovary (Flaubert, 1857), étiqueter donne « roman réaliste » ; situer donne : la minutie de l'inventaire des objets et le refus de toute morale finale rattachent le texte au réalisme de 1857, l'année même du procès.
Rapprocher / confondre
Rapprocher, c'est énoncer un point commun et l'écart qui l'accompagne. Confondre, c'est se contenter du point commun.
Ce qu'il débloque — Elle gouverne toutes les mises en relation, entre deux textes comme entre un texte et une œuvre d'art.
Exemple — Emma Bovary et Georges Duroy (Bel-Ami, Maupassant, 1885) sont deux provinciaux dévorés d'ambition — mais elle se détruit et il réussit : c'est cet écart qui fait l'analyse.
Citer / illustrer
Citer, c'est recopier un fragment exact avec sa référence pour prouver une affirmation. Illustrer, c'est plaquer un exemple après une idée déjà énoncée sans qu'il la démontre.
Ce qu'il débloque — Elle sert de test à chaque paragraphe : si la citation pouvait être remplacée par une autre sans rien changer, elle n'est qu'une illustration.
Exemple — Écrire « le narrateur du Horla (Maupassant, 1887) perd pied » puis citer la date du 3 juillet, où il constate que son eau a été bue la nuit, c'est citer : la preuve est datée et vérifiable.
Personnage / auteur
Ce qu'un personnage affirme n'engage pas l'auteur. Le texte peut mettre une thèse dans une bouche précisément pour la discréditer.
Ce qu'il débloque — Indispensable dans l'objet d'étude sur la littérature d'idées, et dans tout roman à narrateur intérieur.
Exemple — Pangloss répète que tout est au mieux dans le meilleur des mondes possibles ; Voltaire, lui, construit Candide (1759) pour démentir cette formule à chaque chapitre.
Aimer / justifier
Le goût est légitime mais muet. Le jugement critique doit produire des raisons rattachées à des passages et à des critères nommés.
Ce qu'il débloque — Elle s'applique à la troisième partie de tout compte rendu, celle qui distingue une lecture personnelle d'une opinion.
Exemple — « J'ai trouvé la fin décevante » ne vaut rien ; « la fin déçoit parce qu'elle referme en dix lignes un conflit installé sur trois cents pages » est un jugement recevable.
Bloqué sur ce chapitre ?
Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.