À propos de cette page
Ce cours de histoire-géographie en première sur « La France dans la Deuxième Guerre mondiale : collaboration et résistance » suit le programme officiel de histoire-géographie de première. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : La défaite de 1940 et ses conséquences, Le régime de Vichy : la Révolution nationale, La collaboration d'État, La persécution des Juifs et des minorités. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de première à réussir en histoire-géographie.
Au programme
1 · La défaite de 1940 et ses conséquences
2 · Le régime de Vichy : la Révolution nationale
3 · La collaboration d'État
4 · La persécution des Juifs et des minorités
5 · La Résistance intérieure
6 · La France libre et De Gaulle
7 · La Libération et ses enjeux (1944-1945)
1La défaite de 1940 et ses conséquences
En mai-juin 1940, l'offensive allemande (opération Fall Gelb) contourne la ligne Maginot par les Ardennes. En six semaines, la bataille de France se solde par un désastre militaire : l'armée française s'effondre, Paris est déclarée ville ouverte et le gouvernement fuit à Bordeaux.
Armistice du 22 juin 1940. Signé à Rethondes, il met fin aux combats. La France est divisée en zone occupée (nord et façade atlantique, sous contrôle allemand) et en zone libre (sud, gouvernée depuis Vichy). La France doit payer une lourde indemnité d'occupation.
Le 16 juin 1940, le maréchal Philippe Pétain, héros de Verdun, devient président du Conseil. Il annonce à la radio qu'il faut « cesser le combat ». Le lendemain, depuis Londres, le général Charles de Gaulle lance un appel à la résistance (18 juin 1940).
Attention ! L'Appel du 18 juin n'a été entendu que par un nombre très restreint de Français sur le moment ; il prend son importance symbolique après coup.
Le 10 juillet 1940, l'Assemblée nationale vote les pleins pouvoirs constituants à Pétain (569 voix pour, 80 contre). La IIIe République disparaît ; l'État français est proclamé.
2Le régime de Vichy : la Révolution nationale
L'État français, dont le siège est à Vichy (ville d'eaux du centre de la France), est un régime autoritaire qui rompt avec les valeurs républicaines. Sa devise : « Travail, Famille, Patrie », en remplacement de « Liberté, Égalité, Fraternité ».
La Révolution nationale. Projet idéologique de Pétain visant à régénérer la France en valorisant l'ordre moral, le retour à la terre, la famille nombreuse et le rejet des idées de 1789. Elle s'appuie sur un nationalisme conservateur et le catholicisme traditionnel.
Le régime supprime les libertés publiques, dissout les partis politiques et les syndicats. Pétain, doté d'un pouvoir personnel, incarne le mythe du « sauveur » et bénéficie d'une large popularité initiale liée au désastre de 1940. Le culte de la personnalité autour du Maréchal est omniprésent : portraits, chansons, défilés scolaires.
| Valeur rejetée | Valeur promue par Vichy |
| République parlementaire | Régime autoritaire centré sur Pétain |
| Laïcité | Retour à la morale catholique |
| Syndicalisme, partis politiques | Ordre corporatiste, hiérarchie sociale |
| Travail des femmes | Femme au foyer, mère de famille |
| Universalisme républicain | Nationalisme exclusif, antisémitisme légal |
Astuce. Pour distinguer Vichy de l'Allemagne nazie : Vichy est une dictature autoritaire de droite, mais pas un régime totalitaire à parti unique comme en Allemagne. Il n'y a pas de parti de masse unique à Vichy — l'analogie fasciste a des limites.
3La collaboration d'État
La collaboration désigne la politique délibérée de coopération du gouvernement de Vichy avec l'occupant nazi. Elle est officialisée lors de l'entrevue de Montoire (24 octobre 1940), où Pétain serre la main d'Hitler. Pétain déclare : « C'est dans l'honneur et pour maintenir l'unité française (…) que j'entre aujourd'hui dans la voie de la collaboration. »
Collaboration d'État. Politique par laquelle le gouvernement de Vichy accepte et même anticipe les demandes allemandes, espérant obtenir en retour un traitement de faveur pour la France (libération de prisonniers de guerre, réduction des frais d'occupation, maintien d'un empire colonial).
La collaboration prend plusieurs formes :
- Collaboration économique : la France fournit des matières premières, des biens industriels et agricoles à l'Allemagne. Les entreprises françaises travaillent pour l'effort de guerre allemand.
- Collaboration policière : la police française aide à arrêter les résistants, les communistes, les Juifs.
- Service du travail obligatoire (STO) : à partir de février 1943, des centaines de milliers de Français sont envoyés de force travailler en Allemagne pour pallier le manque de main-d'œuvre.
- Collaboration militaire : la Milice française (fondée en 1943 par Darnand) traque activement les résistants et les Juifs, parfois avec plus de zèle que les Allemands eux-mêmes.
Attention ! Il faut distinguer la « collaboration d'État » (politique du gouvernement Vichy) de la « collaboration économique » (comportements individuels ou d'entreprises) et de la « collaboration idéologique » (adhésion aux valeurs nazies, propre à des mouvements ultra-collaborationnistes parisiens comme le PPF de Doriot ou le RNP de Déat).
4La persécution des Juifs et des minorités
Vichy mène une politique antisémite de sa propre initiative, sans attendre les ordres allemands. Le premier statut des Juifs (3 octobre 1940) exclut les Juifs de la fonction publique, de l'armée, de la presse, du cinéma et de l'enseignement. Un deuxième statut (juin 1941) aggrave ces mesures.
Statut des Juifs (1940). Loi du gouvernement de Vichy définissant qui est « Juif » selon des critères raciaux et les excluant des professions publiques. C'est un acte autonome de Vichy, non imposé par les Allemands.
Les rafles organisées avec la complicité de la police française constituent l'épisode le plus sombre :
- Rafle du Vél d'Hiv (16-17 juillet 1942) : 13 152 Juifs, dont 4 115 enfants, sont arrêtés par la police française à Paris et internés dans des conditions inhumaines avant d'être déportés vers Auschwitz.
- Au total, environ 76 000 Juifs sont déportés de France, dont 3 % seulement survivront.
Vichy persécute également les Roms, les francs-maçons, les homosexuels, les communistes et les opposants politiques.
Exemple. En 1995, le président Jacques Chirac reconnaît officiellement la responsabilité de l'État français dans la déportation des Juifs, rompant avec le mythe d'une France unanimement résistante et innocent en ce qui concerne Vichy.
Astuce bac. Pour l'épreuve, retenez bien que la politique antisémite de Vichy n'est pas réduite à une simple obéissance aux ordres allemands : c'est une politique autonome, voulue par Pétain et Darlan, et parfois plus radicale que ne le demandait Berlin (ex. : déportation des enfants non réclamée par les Allemands).
5La Résistance intérieure
Dès l'été 1940, une minorité de Français refusent la défaite et s'organisent dans la clandestinité. La Résistance intérieure est d'abord embryonnaire et dispersée ; elle se structure progressivement.
Résistance intérieure. Ensemble des individus et mouvements qui, depuis le territoire français occupé ou la zone libre, s'opposent à l'occupation allemande et au régime de Vichy par des actions clandestines (sabotages, presse clandestine, renseignement, aide aux persécutés, maquis).
Les principales formes d'action résistante :
- Presse clandestine : journaux comme Combat, Libération, Défense de la France diffusent une information libre et maintiennent l'esprit de résistance.
- Filières d'évasion : aident les prisonniers de guerre évadés, les aviateurs alliés abattus, les Juifs persécutés à fuir vers l'Espagne ou la Suisse.
- Sabotages et renseignement : destruction de voies ferrées, transmission d'informations aux Alliés.
- Maquis : à partir de 1943, les jeunes fuyant le STO rejoignent des groupes armés dans les zones rurales (Vercors, Glières, Limousin).
La Résistance se structure grâce à Jean Moulin. Envoyé par De Gaulle en France en 1942, il parvient à unifier les grands mouvements de la zone sud (Combat, Libération-Sud, Franc-Tireur) puis à créer le Conseil national de la Résistance (CNR), le 27 mai 1943. Jean Moulin est arrêté par la Gestapo le 21 juin 1943 à Caluire et meurt sous la torture.
Attention ! La Résistance reste une minorité tout au long de la guerre. La majorité des Français se situent dans une « attente » passive (ni résistants, ni collaborateurs actifs). On parle parfois de l'immense « marais » entre les deux extrêmes.
6La France libre et De Gaulle
Depuis Londres, le général Charles de Gaulle fonde la France libre. Reconnu par Churchill comme chef des « Français libres » le 28 juin 1940, il rassemble autour de lui les soldats, marins et aviateurs qui ont refusé l'armistice.
France libre. Mouvement fondé par de Gaulle à Londres en 1940 pour continuer le combat aux côtés des Alliés. La France libre dispose de ses propres forces armées (Forces françaises libres, FFL) et d'une administration. Elle représente la légitimité française face à Vichy.
La France libre s'appuie sur l'Empire colonial : l'Afrique-Équatoriale française (AEF), sous l'impulsion du gouverneur Félix Éboué, rallie De Gaulle dès août 1940. Les Forces françaises libres (FFL) combattent sur tous les fronts : Bir-Hakeim (1942) en Afrique du Nord, campagne d'Italie, Normandie.
En 1943, De Gaulle s'installe à Alger et préside le Comité français de Libération nationale (CFLN), qui devient le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) en 1944. La France retrouve ainsi une légitimité internationale.
Exemple : le discours du 25 août 1944. À l'Hôtel de Ville de Paris, De Gaulle prononce un discours dans lequel il affirme que Paris a été « libéré par lui-même, libéré par son peuple avec le concours des armées de la France ». Cette formulation contribue au mythe d'une France unanimement résistante.
Astuce. De Gaulle joue habilement sur la légitimité : il refuse de proclamer la République (elle n'a jamais cessé d'exister selon lui) et condamne Vichy comme un régime illégitime depuis le début.
7La Libération et ses enjeux (1944-1945)
Le 6 juin 1944, les Alliés débarquent en Normandie (opération Overlord), ouvrant le « second front » en Europe de l'Ouest. Le 15 août 1944, un second débarquement a lieu en Provence (opération Dragoon), avec notamment la 1re armée française du général de Lattre de Tassigny.
Paris est libéré le 25 août 1944 grâce à l'insurrection parisienne et à l'arrivée de la 2e division blindée du général Leclerc. La libération du reste du territoire s'étend jusqu'au printemps 1945. La capitulation allemande est signée le 8 mai 1945.
Enjeux de la Libération. La Libération est à la fois militaire (chasser les Allemands), politique (rétablir la République et éviter le vide du pouvoir) et sociale (épuration des collaborateurs, reconstruction du pays).
La Libération s'accompagne d'une épuration :
- Épuration sauvage (été 1944) : environ 9 000 collaborateurs sont exécutés sommairement, des femmes accusées de collaboration horizontale sont tondues en public.
- Épuration légale : tribunaux spéciaux jugent les collaborateurs. Pétain est condamné à mort (peine commuée en détention à vie) ; Laval est fusillé en 1945.
Le GPRF rétablit les libertés républicaines, accorde le droit de vote aux femmes (21 avril 1944) et met en place le programme du CNR (sécurité sociale, nationalisations). En 1946, la IVe République est proclamée.
Exemple : le « roman national » de la Résistance. De Gaulle construit le mythe d'une France « résistante » pour restaurer l'unité nationale et l'honneur du pays. Ce mythe sera déconstruit par les historiens à partir des années 1970 (travaux de Robert Paxton sur Vichy, film Le Chagrin et la Pitié de Ophüls, 1971).
★À retenir
En bref :
• Juin 1940 : défaite, armistice, division de la France en zone occupée et zone libre.
• État français (Vichy) : régime autoritaire de Pétain ; devise « Travail, Famille, Patrie » ; Révolution nationale.
• Collaboration d'État : entrevue de Montoire, STO, Milice, statuts des Juifs, rafle du Vél d'Hiv (juil. 1942).
• Résistance intérieure : presse clandestine, maquis, Jean Moulin, CNR (27 mai 1943).
• France libre : De Gaulle à Londres, FFL, CFLN puis GPRF à Alger.
• Libération : débarquements de Normandie (6 juin 1944) et de Provence (15 août), Paris libre le 25 août, capitulation le 8 mai 1945.
• Épuration légale et sauvage ; droit de vote aux femmes (1944).