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Histoire-Géographie · Classe de 1ʳᵉ

La France et le monde depuis 1945 — introduction

Thème 6 — Faire la France depuis 1945 : repères, enjeux et mutations (programme de 1re générale)

À propos de cette page
Ce cours de histoire-géographie en première sur « La France et le monde depuis 1945 — introduction » suit le programme officiel de histoire-géographie de première. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : La France en 1945 : un pays libéré et à reconstruire, La IVe République (1946-1958) : instabilité et modernisation, La décolonisation et la fin de l'empire colonial, La fondation de la Ve République (1958). Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de première à réussir en histoire-géographie.
Au programme
1 · La France en 1945 : un pays libéré et à reconstruire
2 · La IVe République (1946-1958) : instabilité et modernisation
3 · La décolonisation et la fin de l'empire colonial
4 · La fondation de la Ve République (1958)
5 · La France dans la Guerre froide : entre deux blocs
6 · La politique étrangère : indépendance nationale et puissance
7 · Chronologie des grandes étapes depuis 1945
1La France en 1945 : un pays libéré et à reconstruire

En août 1944, la libération du territoire français marque la fin de quatre ans d'occupation allemande et du régime de Vichy. La France est physiquement, économiquement et moralement dévastée.

Définition — Reconstruction. Processus de relèvement économique, démographique et institutionnel de la France après la Seconde Guerre mondiale (1945-1950 environ). Elle s'appuie sur le Plan Marshall (aide américaine, 1948) et les nationalisations d'industries clés.

Le bilan humain est lourd : 600 000 morts civils et militaires, des millions de prisonniers et déportés à rapatrier. Les infrastructures (ponts, voies ferrées, ports) sont en grande partie détruites.

Sur le plan politique, la libération s'accompagne d'une épuration judiciaire et d'un renouveau républicain. Le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF), présidé par de Gaulle d'août 1944 à janvier 1946, rétablit les libertés fondamentales et prépare la nouvelle constitution.

Astuce. Retiens l'ordre : libération (1944) → GPRF (1944-1946) → référendum constitutionnel → IVe République (1946).
Exemple. La nationalisation de Renault (janvier 1945) est symbolique : l'État prend le contrôle de grandes entreprises pour piloter la reconstruction et punir les collaborateurs.
2La IVe République (1946-1958) : instabilité et modernisation

La Constitution du 27 octobre 1946 instaure la IVe République, régime parlementaire où le Parlement est prépondérant. Elle introduit aussi le Préambule de 1946, socle des droits économiques et sociaux (droit au travail, égalité hommes/femmes, droit d'asile…), encore en vigueur dans la Constitution de 1958.

Définition — Instabilité ministérielle. Phénomène caractéristique de la IVe République : 24 gouvernements se succèdent en 12 ans (1946-1958), renversés par des coalitions parlementaires changeantes. La durée moyenne d'un gouvernement est de 6 mois.

Paradoxalement, cette instabilité politique coexiste avec une modernisation économique profonde : les Plans Monnet (1946, 1954…) organisent la reconstruction et la croissance industrielle. La France entre dans les Trente Glorieuses (1945-1973), période de croissance soutenue (≈ 5 % par an), plein emploi et hausse du niveau de vie.

AspectIVe République
RégimeParlementaire — prépondérance de l'Assemblée nationale
Durée1946-1958 (12 ans, 24 gouvernements)
Points fortsReconstruction, Trente Glorieuses, construction européenne (CECA 1951, CEE 1957)
Points faiblesInstabilité ministérielle, décolonisation mal gérée, crise algérienne
Attention ! La IVe République n'est pas que synonyme d'échec : elle est à l'origine de la construction européenne (traités de Paris 1951, de Rome 1957) et de la modernisation économique de la France.
3La décolonisation et la fin de l'empire colonial

Dès 1945, les peuples colonisés revendiquent leur indépendance, portés par les principes de la Charte de l'ONU (droit des peuples à disposer d'eux-mêmes) et affaiblis par la guerre mondiale. La décolonisation concerne successivement :

  • Indochine : guerre (1946-1954), défaite française à Diên Biên Phu (mai 1954), accords de Genève.
  • Maroc et Tunisie : indépendances négociées en 1956.
  • Algérie : guerre de 1954 à 1962, la plus violente (1 million de morts), terminée par les accords d'Évian (19 mars 1962).
  • Afrique subsaharienne : décolonisation progressive entre 1958 et 1960 (« année de l'Afrique »).
Définition — Décolonisation. Processus historique par lequel les territoires colonisés accèdent à l'indépendance politique, entre 1945 et les années 1970. Elle résulte de la combinaison des mouvements nationalistes, des pressions internationales (ONU, URSS, États-Unis) et de la faiblesse des métropoles coloniales.
Exemple. La guerre d'Algérie est une rupture : elle provoque la chute de la IVe République en mai 1958 et le retour du général de Gaulle au pouvoir.

Schéma cause→conséquence : du nationalisme colonial aux indépendances.

4La fondation de la Ve République (1958)

La crise algérienne et le putsch des généraux à Alger (mai 1958) provoquent la chute de la IVe République. Le général de Gaulle revient au pouvoir et fait adopter par référendum la Constitution du 4 octobre 1958, qui fonde la Ve République.

Définition — Ve République. Régime semi-présidentiel fondé en 1958, combinant un président fort (élu au suffrage universel direct depuis 1962) et un Premier ministre responsable devant l'Assemblée nationale. Le président de la République dispose de pouvoirs étendus (article 16, dissolution, domaine réservé).

Innovations majeures de la Constitution de 1958 :

  • Renforcement de l'exécutif : le président de la République est la clé de voûte des institutions.
  • Rationalisation du parlementarisme : procédure de vote bloqué, délais contraints pour l'Assemblée.
  • Révision de 1962 : élection du président au suffrage universel direct (proposée par de Gaulle, adoptée par référendum).
Astuce. Le « domaine réservé » (défense, politique étrangère) désigne les domaines où le président exerce son autorité de manière prédominante, même si ce n'est pas explicitement écrit dans la Constitution.
Attention ! La cohabitation (1986-88, 1993-95, 1997-2002) est une situation où le président et le Premier ministre sont de sensibilités politiques opposées. Elle prouve que le régime peut fonctionner autrement qu'en présidentialisme dominant.
5La France dans la Guerre froide : entre deux blocs

De 1947 à 1991, le monde est structuré par la Guerre froide, opposition idéologique et géopolitique entre les États-Unis (bloc occidental) et l'URSS (bloc soviétique). La France navigue dans cet ordre bipolaire avec une volonté d'autonomie marquée.

Définition — Guerre froide. Période de tension et de rivalité entre les États-Unis et l'URSS (1947-1991), sans conflit armé direct entre les deux superpuissances, mais à travers des guerres par procuration, la course aux armements et des crises (Berlin, Cuba…).

La France adopte une position originale :

  • Membre fondateur de l'OTAN (1949), mais retrait du commandement militaire intégré sous de Gaulle en 1966.
  • Développement de la force de frappe nucléaire indépendante (première bombe A française en 1960, première bombe H en 1968).
  • Politique de coexistence pacifique et dialogue Est-Ouest : reconnaissance de la Chine populaire (1964).
Exemple. En 1966, de Gaulle retire la France du commandement militaire intégré de l'OTAN pour affirmer l'indépendance nationale. Ce retrait dure jusqu'en 2009 (retour décidé par Sarkozy).
6La politique étrangère : indépendance nationale et puissance

La politique étrangère gaulliste repose sur le concept de grandeur nationale : la France doit peser dans les affaires mondiales de façon indépendante, sans être l'alliée inconditionnelle des États-Unis ni de l'URSS.

Définition — Indépendance nationale (sens gaulliste). Capacité pour la France de définir et de conduire sa politique étrangère et de défense de manière autonome, sans dépendre d'une alliance exclusive. Elle repose sur la dissuasion nucléaire, la diplomatie active et le rang de membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU.

Piliers de la politique étrangère française :

  • Rang international : membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU (siège hérité de 1945).
  • Construction européenne : la France est moteur de l'intégration (CECA 1951, CEE 1957, traité de Maastricht 1992, monnaie unique 2002).
  • Françafrique : maintien d'une sphère d'influence politique et militaire en Afrique subsaharienne.
  • Diplomatie universaliste : la France se présente comme défenseur des droits de l'homme et du multilatéralisme.
Astuce. Pour une question sur la « place de la France dans le monde depuis 1945 », pense à : ONU (siège permanent), OTAN (membre mais autonome), Europe (moteur de la construction), nucléaire (force de frappe indépendante).
7Chronologie des grandes étapes depuis 1945

Cette frise résume les événements fondateurs de la France depuis 1945 :

Frise chronologique : grandes étapes de la France dans le monde depuis 1945.

Ces étapes scandent la recomposition de la puissance française : d'une France dévastée en 1945 à une puissance nucléaire, membre de l'UE et du Conseil de sécurité de l'ONU.

Les Trente Glorieuses (1945-1973) : une croissance exceptionnelle avant le choc pétrolier de 1973.

À retenir
En bref :
• 1944-1946 : libération, GPRF, fondation de la IVe République.
• IVe République (1946-1958) : instabilité politique mais modernisation économique (Trente Glorieuses) et construction européenne.
• Décolonisation : Indochine (1954), Maroc/Tunisie (1956), Algérie (1962), Afrique (1960).
• Ve République (1958) : régime semi-présidentiel fondé par de Gaulle, renforçant l'exécutif.
• France et Guerre froide : membre de l'OTAN mais autonomie affirmée (retrait 1966, force nucléaire indépendante).
• Politique étrangère : rang permanent à l'ONU, moteur de l'Europe, diplomatie d'indépendance nationale.
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