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Enseignement scientifique · Classe de 1ʳᵉ

Les comportements responsables

Hygiène de vie, prévention et santé publique — programme d'Enseignement scientifique 1re (lycée général)

À propos de cette page
Ce cours de enseignement scientifique en première sur « Les comportements responsables » suit le programme officiel de enseignement scientifique de première. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Santé et comportements : définitions et enjeux, L'alimentation équilibrée, L'activité physique et la sédentarité, Le sommeil et la récupération. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de première à réussir en enseignement scientifique.
Au programme
1 · Santé et comportements : définitions et enjeux
2 · L'alimentation équilibrée
3 · L'activité physique et la sédentarité
4 · Le sommeil et la récupération
5 · Les addictions : tabac, alcool, drogues
6 · Mécanismes neurobiologiques de l'addiction
7 · Prévention et santé publique
1Santé et comportements : définitions et enjeux

Selon l'OMS, la santé est « un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité ». Cette définition holistique souligne que la santé dépend de nombreux déterminants, dont nos comportements quotidiens.

Définition. Un comportement responsable est une conduite individuelle ou collective qui préserve ou améliore la santé en réduisant l'exposition aux facteurs de risque.

Les principaux déterminants de santé sont :

  • les facteurs biologiques (génétique, âge, sexe) — peu modifiables ;
  • les facteurs environnementaux (pollution, accès aux soins) ;
  • les comportements individuels (alimentation, activité physique, consommations) — largement modifiables.
Astuce. Retiens l'acronyme SNAP pour les 4 grands facteurs comportementaux de risque : Sédentarité, Nutrition déséquilibrée, Alcool/tabac, Poids excessif.

En France, les maladies non transmissibles (cancers, maladies cardiovasculaires, diabète de type 2) représentent 87 % des décès et sont en grande partie liées aux comportements. La prévention est donc un enjeu de santé publique majeur.

2L'alimentation équilibrée

L'organisme a besoin chaque jour de macronutriments (glucides, lipides, protéines) pour l'énergie et la construction cellulaire, et de micronutriments (vitamines, minéraux) pour le bon fonctionnement enzymatique et hormonal.

NutrimentRôle principalApport recommandé (adulte)
GlucidesSource d'énergie rapide et différée45 – 55 % de l'AET
LipidesÉnergie, membranes cellulaires, hormones35 – 40 % de l'AET
ProtéinesConstruction et réparation des tissus10 – 20 % de l'AET

L'apport énergétique total (AET) est exprimé en kilocalories (kcal) ou kilojoules (kJ) : $1 \ \text{kcal} = 4{,}18 \ \text{kJ}$. Pour un adolescent, l'AET est d'environ 2 000 – 2 500 kcal/jour.

Attention ! Un apport calorique chroniquement supérieur aux dépenses engendre un stockage des graisses et favorise l'obésité, le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires.
Exemple. Une canette de soda (33 cl) apporte environ 35 g de sucres, soit 140 kcal — l'équivalent de 30 min de marche rapide pour un adulte de 70 kg.

Les recommandations du Programme National Nutrition Santé (PNNS) privilégient :

  • 5 portions de fruits et légumes par jour ;
  • des féculents à chaque repas (glucides complexes) ;
  • des protéines variées (animales et végétales) ;
  • la limitation des sucres ajoutés, graisses saturées et sel.
3L'activité physique et la sédentarité

L'activité physique (AP) désigne tout mouvement du corps produit par les muscles squelettiques, entraînant une dépense énergétique supérieure au repos. Elle comprend les sports, mais aussi les déplacements, les travaux ménagers, etc.

Définition. La sédentarité est caractérisée par un temps prolongé en position assise ou allongée avec une dépense énergétique proche du métabolisme de base. Elle est distincte du manque d'activité physique et constitue un facteur de risque indépendant.

L'OMS recommande pour les adolescents (10-17 ans) :

  • au moins 60 min d'AP modérée à intense par jour ;
  • des activités de renforcement musculaire et osseux au moins 3 fois par semaine ;
  • moins de 2 h de temps d'écran récréatif par jour.

Les bénéfices de l'activité physique régulière sont multiples :

  • réduction du risque cardiovasculaire (baisse de la pression artérielle, amélioration du profil lipidique) ;
  • meilleure sensibilité à l'insuline (prévention du diabète de type 2) ;
  • amélioration de la santé mentale (libération d'endorphines, réduction du stress) ;
  • renforcement osseux (prévention de l'ostéoporose).
Astuce. La formule de la dépense énergétique de base (métabolisme de base) peut être estimée par la formule de Mifflin-St Jeor. Pour un homme de 70 kg, 1,75 m, 17 ans : $MB \approx 10 \times 70 + 6{,}25 \times 175 - 5 \times 17 + 5 \approx 1\ 792 \ \text{kcal/jour}$.
4Le sommeil et la récupération

Le sommeil est une fonction biologique essentielle organisée en cycles de 90 minutes comprenant des phases de sommeil lent léger, lent profond et paradoxal (REM). Un adolescent a besoin de 8 à 10 heures de sommeil par nuit.

Pendant le sommeil :

  • le cerveau consolide les apprentissages et la mémoire (transfert hippocampe → cortex) ;
  • la sécrétion de l'hormone de croissance (GH) est maximale ;
  • le système immunitaire produit des cytokines anti-infectieuses ;
  • le cerveau élimine les déchets métaboliques via le système glymphatique.
Attention ! La lumière bleue des écrans inhibe la sécrétion de mélatonine (hormone du sommeil), retardant l'endormissement. Il est recommandé d'éviter les écrans au moins 1 h avant le coucher.
Définition. La dette de sommeil est l'accumulation d'un manque de sommeil sur plusieurs nuits. Elle provoque fatigue, baisse des performances cognitives, irritabilité et augmente le risque d'obésité et de diabète (perturbation des hormones de la faim : ghréline et leptine).
Exemple. Dormir 6 h au lieu de 8 h pendant 5 nuits consécutives provoque un déficit cognitif équivalent à une nuit blanche, selon des études de la NASA.
5Les addictions : tabac, alcool, drogues

Une addiction (ou dépendance) se caractérise par la consommation compulsive d'une substance ou la pratique d'un comportement malgré des conséquences néfastes. Elle associe :

  • une dépendance physique : l'organisme s'adapte à la substance et en a besoin pour fonctionner ;
  • une dépendance psychologique : besoin subjectif intense (craving) pour obtenir du plaisir ou soulager un malaise.
SubstanceSubstance activePrincipaux risques
TabacNicotine, goudrons, COCancer du poumon, BPCO, maladies cardiovasculaires
AlcoolÉthanolCirrhose, cancers (foie, œsophage), accidents, dépendance
CannabisTHC (tétrahydrocannabinol)Troubles de la mémoire, risque de psychose, dépendance
CocaïneCocaïneAccidents cardiovasculaires, forte dépendance psychologique

Le tabac contient plus de 4 000 composés chimiques, dont :

  • la nicotine : stimule les récepteurs nicotiniques de l'acétylcholine, déclenche la libération de dopamine ;
  • le monoxyde de carbone (CO) : se fixe à l'hémoglobine avec une affinité 200× supérieure à l'O₂, réduisant la capacité de transport de l'oxygène ;
  • des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) : mutagènes et cancérogènes.
Attention ! Il n'existe pas de seuil sans risque pour l'alcool. L'INSERM indique que toute consommation d'alcool augmente le risque de cancer, notamment du sein et du côlon.
6Mécanismes neurobiologiques de l'addiction

L'addiction repose sur le détournement du circuit de la récompense, un réseau neuronal impliquant principalement :

  • l'aire tegmentale ventrale (ATV) : source des neurones dopaminergiques ;
  • le noyau accumbens : reçoit la dopamine et génère la sensation de plaisir ;
  • le cortex préfrontal : régule les comportements et le contrôle inhibiteur.
Définition. La dopamine est un neurotransmetteur libéré dans le noyau accumbens lors d'expériences agréables (nourriture, sexe, drogues). Les substances addictives provoquent une libération massive et anormale de dopamine, bien supérieure aux stimuli naturels.

Avec la répétition des consommations, plusieurs phénomènes se produisent :

  • Tolérance : le cerveau s'adapte en réduisant le nombre de récepteurs dopaminergiques → il faut des doses croissantes pour le même effet ;
  • Sevrage : à l'arrêt, le manque de dopamine provoque anxiété, irritabilité, douleurs ;
  • Sensibilisation : les stimuli associés à la drogue (odeurs, lieux) suffisent à déclencher un craving intense.
Astuce. Les jeux vidéo, les réseaux sociaux et les achats compulsifs activent les mêmes circuits dopaminergiques : on parle d'addictions comportementales, reconnues par l'OMS depuis 2018 pour les jeux vidéo.
7Prévention et santé publique

La prévention en santé publique se décline en trois niveaux :

NiveauDéfinitionExemple
Prévention primaireÉviter l'apparition de la maladieCampagnes anti-tabac, vaccinations
Prévention secondaireDépister tôt pour traiter rapidementDépistage du cancer colorectal, VIH
Prévention tertiaireLimiter les séquelles et rechutesRéadaptation cardiaque, sevrage tabagique

En France, Santé publique France coordonne les grandes campagnes nationales :

  • le PNNS (Programme National Nutrition Santé) ;
  • le plan national de lutte contre le tabagisme (Mois sans tabac) ;
  • les plans de réduction des risques (salles de consommation à moindre risque, échange de seringues).

La prévention agit aussi via des politiques fiscales : augmentation des taxes sur le tabac et l'alcool (loi Évin). Chaque hausse de 10 % du prix du tabac entraîne une baisse de la consommation d'environ 4 % chez les adultes et 7 % chez les jeunes.

Exemple. Depuis 2018, le paquet de cigarettes coûte plus de 10 € en France. Le nombre de fumeurs quotidiens a baissé de 1,6 million entre 2016 et 2019, selon Santé publique France.
Astuce. En dissertation ou en analyse, distingue bien prévention (agir avant la maladie), dépistage (détecter la maladie) et traitement (soigner la maladie). Ce sont trois étapes distinctes de la prise en charge.
À retenir
En bref :
• La santé (OMS) est un bien-être physique, mental et social — pas seulement l'absence de maladie.
• Les comportements responsables (alimentation équilibrée, AP régulière, sommeil suffisant, absence de substances) réduisent le risque de maladies non transmissibles.
• Les macronutriments (glucides 50 %, lipides 37 %, protéines 13 %) couvrent les besoins énergétiques ; le PNNS recommande 5 fruits/légumes/jour.
• La sédentarité est un facteur de risque indépendant ; l'OMS recommande 60 min d'AP modérée/jour pour les ados.
• Le sommeil consolide la mémoire, libère l'hormone de croissance et élimine les déchets cérébraux ; la lumière bleue perturbe la mélatonine.
• Les addictions détournent le circuit dopaminergique de la récompense (ATV → noyau accumbens) et induisent tolérance et sevrage.
• La prévention est primaire (éviter), secondaire (dépister) ou tertiaire (limiter les rechutes).
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