Mesurer et réduire les inégalités : fondements, enjeux et politiques publiques (programme de 1re générale)
Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.
Exercice 1 — Définitions et distinctions
Corrigé :
Justice sociale (2 pts) : Idéal selon lequel tous les membres de la société bénéficient de droits égaux et d'une répartition équitable des ressources, des opportunités et des responsabilités. Trois dimensions : (1) Justice distributive : répartition des biens et des charges ; (2) Justice procédurale : règles du jeu équitables et impartiales ; (3) Justice de reconnaissance : dignité et identité de chaque groupe social.
Égalité vs équité (2 pts) : L'égalité traite tous les individus de façon identique (ex. : le même budget par élève dans toutes les écoles). L'équité adapte le traitement à la situation de chacun pour corriger des inégalités de départ (ex. : les REP/REP+ allouent plus de ressources aux établissements défavorisés). 1 pt par notion correctement définie et illustrée.
Exercice 2 — Analyse d'indicateurs
Corrigé :
Coefficient de Gini (2 pts) : Le Gini varie de 0 (égalité parfaite) à 1 (inégalité maximale). Un Gini de 0,29 indique une inégalité modérée : la France est parmi les pays relativement égalitaires de l'OCDE, ce qui s'explique notamment par l'ampleur de la redistribution (impôts progressifs, minima sociaux, services publics). Rapport D9/D1 (2 pts) : Ce rapport compare le revenu des 10 % les plus riches à celui des 10 % les plus pauvres. Un rapport de 3,4 signifie que les ménages les plus aisés disposent d'un revenu environ 3,4 fois supérieur à celui des ménages les plus modestes. Ce chiffre est mesuré après redistribution : avant redistribution, l'écart serait beaucoup plus élevé (environ 7).
Exercice 3 — Théories de la justice
Corrigé :
Rawls (2 pts) : Rawls propose de définir la justice derrière un voile d'ignorance : ignorant leur place dans la société, des individus rationnels choisiraient (1) le principe d'égale liberté (mêmes libertés fondamentales pour tous) et (2) le principe de différence (les inégalités ne sont acceptables que si elles profitent aux plus défavorisés). Il fonde ainsi une justice redistributive : les avantages des plus riches doivent bénéficier aux plus pauvres.
Sen (2 pts) : Sen critique l'accent mis sur les seules ressources. Ce qui compte, ce sont les capabilités : les libertés réelles de mener la vie que l'on valorise. Deux individus avec les mêmes ressources peuvent avoir des capabilités très différentes (en raison d'un handicap, d'une maladie, de discriminations). La justice sociale doit garantir les capabilités réelles, pas seulement distribuer des biens.
Complémentarité (2 pts) : Rawls fournit le cadre normatif (principes de justice, priorité aux plus défavorisés) ; Sen raffine l'analyse en insistant sur la diversité des situations individuelles. Ensemble, ils justifient des politiques ciblées qui vont au-delà de la redistribution monétaire : investir dans la santé et l'éducation pour développer les capabilités des plus vulnérables (ex. : REP+, couverture maladie universelle).
Exercice 4 — Discrimination et mécanismes de lutte
Corrigé :
Discrimination directe (1 pt) : Traitement explicitement défavorable fondé sur un critère prohibé. Exemple : refuser un entretien à un candidat en raison de son prénom à consonance étrangère (démontré par des études de testing).
Discrimination indirecte (1 pt) : Règle apparemment neutre qui désavantage en pratique un groupe particulier. Exemple : exiger un diplôme d'une grande école pour un poste accessible à d'autres formations, ce qui exclut indirectement certains milieux sociaux.
Discrimination systémique (1 pt) : Inégalités inscrites dans les structures et pratiques institutionnelles, sans intention délibérée. Exemple : les biais dans les algorithmes de recrutement qui reproduisent les préjugés historiques des décisions humaines passées.
Exercice 5 — Question de réflexion : débats sur la justice sociale
Corrigé :
Thèse (1 pt) : L'égalité des chances formelle (accès identique à l'école, aux concours, aux emplois) est un progrès réel mais reste insuffisante pour assurer la justice sociale.
Arguments (1 pt) : (1) Les inégalités de départ (capital culturel, économique, réseau familial) faussent la compétition méritocratique. Des sociologues comme Bourdieu montrent que le système scolaire reproduit les inégalités sociales malgré l'égalité formelle. (2) Rawls souligne que les inégalités persistantes doivent profiter aux plus défavorisés, ce que l'égalité des chances seule ne garantit pas. (3) Sen montre que sans capabilités réelles (santé, éducation de qualité), l'égalité formelle reste vide.
Nuance / contre-argument (1 pt) : Certains libéraux défendent que l'égalité des chances bien assurée (école de qualité pour tous, lutte contre les discriminations) est suffisante pour respecter la liberté individuelle. La question du point de bascule entre égalité des chances et égalité des résultats reste un débat central en démocratie. Mention d'un exemple contemporain apprécié (REP+, discrimination positive, débat sur les quotas).
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