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Spécialité SVT · Classe de Terminale

Le cycle du carbone et les perturbations actuelles

Flux naturels et anthropiques du carbone — programme de Spécialité SVT Terminale (Géologie et enjeux climatiques)

À propos de cette page
Ces exercices corrigés sur « Le cycle du carbone et les perturbations actuelles » en terminale permettent de s'entraîner et de vérifier ses acquis en spécialité svt. Ils suivent le programme officiel de terminale et sont classés par difficulté (facile, moyen, difficile). Au programme : Le carbone, un élément universel du vivant et de la géosphère, Les grands réservoirs de carbone, Les flux naturels du cycle court : biosphère et atmosphère, Le cycle long : lithosphère, volcanisme et sédimentation. Écris ta réponse puis clique sur « Vérifier » : la correction est immédiate et tolère majuscules, espaces et ponctuation. Cet entraînement aide à mémoriser les méthodes, repérer ses erreurs et gagner en confiance avant un contrôle. Exercices gratuits proposés par un professeur particulier à Marseille pour réviser spécialité svt en terminale.

Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.

Exercice 1 — Distinguer les notions clés du cycle du carbone

Pour chaque couple de notions, explique en deux ou trois phrases ce qui les différencie et illustre par un exemple concret.

  1. Distinguer le cycle court du cycle long du carbone (échelle de temps et réservoirs concernés).
  2. Distinguer un réservoir de carbone d'un flux de carbone (préciser les unités).
  3. Distinguer un puits de carbone d'une source de carbone.

Méthode. Pour différencier deux notions, on précise la nature de chacune (durée, sens du transfert, unité), puis on illustre par un exemple chiffré.

1. Cycle court vs cycle long. Le cycle court opère sur quelques années à quelques siècles et met en jeu des échanges rapides entre atmosphère, biosphère et hydrosphère (photosynthèse, respiration, dissolution). Le cycle long opère sur des millions d'années et met en jeu la lithosphère (sédimentation calcaire, enfouissement organique, volcanisme, altération des silicates). Exemple : la photosynthèse d'une forêt relève du cycle court ; la formation d'un calcaire à foraminifères relève du cycle long.

2. Réservoir vs flux. Un réservoir est un compartiment qui stocke du carbone, mesuré en gigatonnes de carbone (Gt C). Un flux est un transfert de carbone d'un réservoir vers un autre par unité de temps, mesuré en Gt C/an. Exemple : l'atmosphère est un réservoir (~870 Gt C) ; la respiration de la biosphère est un flux (~119 Gt C/an).

3. Puits vs source. Un puits absorbe plus de carbone qu'il n'en émet (bilan net entrant) ; une source émet plus qu'elle n'absorbe (bilan net sortant). Exemple : l'océan actuel est un puits (~2,8 Gt C/an absorbés) ; le pergélisol qui dégèle devient une source. Un même réservoir peut changer de statut selon les conditions.

Exercice 2 — Convertir carbone et dioxyde de carbone

Effectue les conversions demandées en utilisant les masses molaires M(C) = 12 g/mol et M(O) = 16 g/mol et en détaillant le facteur de conversion.

  1. Une usine émet 3 Gt de CO₂ en une année. À combien de gigatonnes de carbone (Gt C) cela correspond-il ?
  2. Les puits naturels absorbent 5,9 Gt C par an. Exprime cette masse en gigatonnes de CO₂.
  3. Justifie pourquoi il est indispensable de toujours préciser si une masse est exprimée en Gt C ou en Gt CO₂ dans un bilan carbone.

Méthode. Le facteur de conversion repose sur les masses molaires : M(CO₂) = 12 + 2×16 = 44 g/mol et M(C) = 12 g/mol. Une masse de CO₂ contient donc 12/44 ≈ 0,273 de sa masse en carbone, et inversement 1 g de C correspond à 44/12 ≈ 3,67 g de CO₂.

1. Masse de carbone = 3 × (12/44) = 3 × 0,273 ≈ 0,82 Gt C. Les 3 Gt de CO₂ ne contiennent que ~0,82 Gt de carbone.

2. Masse de CO₂ = 5,9 × (44/12) = 5,9 × 3,67 ≈ 21,6 Gt CO₂.

3. Le facteur 44/12 ≈ 3,67 entre les deux unités est important : confondre Gt C et Gt CO₂ fausse un bilan d'un facteur proche de 4. Annoncer « 10 Gt » sans préciser l'unité rend impossible toute comparaison entre émissions, absorptions et stocks. La rigueur de l'unité est donc une condition de validité de tout bilan carbone.

Exercice 3 — Restituer les flux du cycle court sur un schéma

À partir du schéma fourni et de tes connaissances, identifie chaque flux et indique son effet sur le CO₂ atmosphérique.

  1. Nomme les processus correspondant aux flux entrant et sortant entre l'atmosphère et la biosphère.
  2. Indique, pour la photosynthèse et pour la respiration, le sens du transfert de carbone et son effet (augmente ou diminue) sur le CO₂ atmosphérique.
  3. À l'échelle planétaire, la photosynthèse brute fixe environ 120 Gt C/an et la respiration plus la décomposition en restituent environ 119 Gt C/an. Que peut-on en conclure sur l'équilibre du cycle court à l'état naturel ?

Méthode. On associe chaque flèche du schéma à un processus biologique connu, puis on précise le sens du transfert de carbone et son effet sur le réservoir atmosphérique.

1. Le flux entrant dans la biosphère (atmosphère → biomasse) correspond à la photosynthèse ; le flux sortant (biomasse → atmosphère) correspond à la respiration cellulaire et à la décomposition de la matière organique morte par les décomposeurs.

2. Photosynthèse : transfert de carbone de l'atmosphère vers la biomasse → elle diminue le CO₂ atmosphérique. Respiration : transfert de la biomasse vers l'atmosphère → elle augmente le CO₂ atmosphérique. Les deux flux sont de sens opposés.

3. Les deux flux sont presque équilibrés (120 entrants contre 119 sortants), avec un très léger excédent d'absorption de ~1 Gt C/an (la PPN). À l'état naturel, le cycle court est donc quasi à l'équilibre : la biosphère ne suffit pas à elle seule à compenser un apport massif et continu de carbone fossile.

Exercice 4 — Comparer émissions volcaniques et émissions humaines

Exploite les ordres de grandeur fournis pour évaluer un argument souvent entendu sur l'origine du CO₂.

  1. Le volcanisme libère environ 0,3 Gt C/an et les activités humaines environ 10 Gt C/an. Calcule le rapport entre ces deux flux.
  2. Un commentateur affirme : « Les volcans émettent autant de CO₂ que l'humanité, le réchauffement n'est donc pas notre faute. » Réfute cet argument à l'aide du calcul précédent.
  3. Quel argument indépendant, fondé sur les isotopes du carbone, permet de confirmer que l'excès de CO₂ atmosphérique provient bien des combustibles fossiles et non du volcanisme ?

Méthode. On quantifie d'abord l'écart entre les deux flux, puis on confronte l'affirmation aux données chiffrées, et enfin on mobilise un argument géochimique indépendant.

1. Rapport = 10 / 0,3 ≈ 33. Les émissions humaines sont donc de l'ordre de plusieurs dizaines de fois supérieures aux émissions volcaniques (un facteur souvent arrondi à « ~100 fois » avec la borne basse 0,1 Gt C/an des estimations).

2. L'affirmation est fausse : les volcans émettent environ 30 fois moins de carbone que les activités humaines. Un flux aussi faible ne peut pas expliquer la hausse de 280 à plus de 420 ppm observée depuis 1850, qui suit au contraire l'augmentation de la consommation des énergies fossiles.

3. L'analyse isotopique : la matière organique végétale, et donc les combustibles fossiles qui en dérivent, est appauvrie en ¹³C. Le CO₂ atmosphérique s'appauvrit en ¹³C parallèlement à l'augmentation de sa concentration : cette signature isotopique « fossile » désigne la combustion des hydrocarbures, et non le volcanisme dont la signature est différente.

Exercice 5 — Établir le bilan carbone anthropique annuel

À l'aide des données du tableau, calcule le bilan net du carbone atmosphérique et déduis la hausse de concentration correspondante.

  1. Calcule le total des émissions anthropiques annuelles.
  2. Calcule le total absorbé par les puits naturels, puis le bilan net qui s'accumule dans l'atmosphère.
  3. Sachant que 1 ppm de CO₂ correspond à environ 2,1 Gt C, déduis l'augmentation annuelle de la concentration atmosphérique en ppm.
  4. Indique quelle proportion des émissions humaines reste finalement dans l'atmosphère.

Méthode. Bilan atmosphérique net = somme des émissions − somme des absorptions, puis conversion en ppm avec le facteur 2,1 Gt C/ppm, et enfin calcul du ratio reste atmosphérique / émissions totales.

1. Émissions totales = 9,0 + 1,5 = 10,5 Gt C/an.

2. Absorption totale par les puits = 2,8 + 3,1 = 5,9 Gt C/an. Bilan net accumulé dans l'atmosphère = 10,5 − 5,9 = 4,6 Gt C/an.

3. Augmentation = 4,6 / 2,1 ≈ 2,2 ppm/an, valeur cohérente avec les ~2 à 2,5 ppm/an observés actuellement.

4. Proportion restant dans l'atmosphère = 4,6 / 10,5 ≈ 0,44, soit environ 44 % des émissions humaines. Les puits naturels n'absorbent donc qu'un peu plus de la moitié des émissions, le reste s'accumulant durablement.

Exercice 6 — Raisonner sur l'évolution des puits de carbone

À partir de la courbe de la fraction des émissions absorbée par les puits et de tes connaissances, construis une analyse argumentée.

  1. Décris l'évolution de la fraction des émissions absorbée par les puits naturels entre 1960 et 2020 d'après le document.
  2. Cite deux mécanismes physiques ou biologiques qui peuvent expliquer une diminution de l'efficacité du puits océanique avec le réchauffement.
  3. En supposant que les émissions restent constantes mais que les puits affaiblissent leur absorption, explique pourquoi la concentration atmosphérique de CO₂ augmenterait alors plus vite. Relie ce raisonnement à la notion de rétroaction.

Méthode. On lit la tendance du document, on mobilise les mécanismes physico-chimiques du puits océanique, puis on raisonne sur l'effet d'un affaiblissement des puits en termes de bilan et de rétroaction.

1. La fraction des émissions absorbée par les puits naturels passe d'environ 60 % en 1960 à environ 54 % en 2020 : elle diminue lentement mais régulièrement. Les puits absorbent donc une part de plus en plus faible des émissions, même si la masse absorbée en valeur absolue continue d'augmenter.

2. Mécanismes affaiblissant le puits océanique : (a) la solubilité du CO₂ diminue quand la température de l'eau augmente, donc un océan plus chaud dissout moins de CO₂ ; (b) l'acidification fragilise les organismes calcifiants et la pompe biologique, réduisant l'export de carbone vers les profondeurs. On peut ajouter la saturation progressive des eaux de surface en carbone dissous.

3. À émissions constantes, si les puits absorbent une fraction décroissante, la part qui reste dans l'atmosphère augmente : le bilan net atmosphérique s'accroît et la concentration en CO₂ monte plus vite. Or cette hausse de CO₂ renforce le réchauffement, qui à son tour affaiblit encore les puits : c'est une rétroaction positive qui amplifie la perturbation initiale. « Positive » désigne ici l'amplification, et non un effet bénéfique.

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