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Spécialité HGGSP · Classe de Terminale

États défaillants, conflits intra-étatiques et désordre mondial

Faiblesse de l'État, guerres civiles et zones grises : un défi pour la sécurité et la gouvernance internationales (Spécialité HGGSP Tle, Thème 8 : Les États et le gouvernement du monde)

À propos de cette page
Cette évaluation sur « États défaillants, conflits intra-étatiques et désordre mondial » en terminale permet de faire le point sur ses connaissances en spécialité hggsp, comme lors d'un véritable contrôle. Elle suit le programme officiel de terminale et propose plusieurs exercices notés sur 20, avec un corrigé détaillé. Au programme : L'État, la souveraineté et le monopole de la violence légitime, États défaillants et États faibles : définir une notion contestée, Des guerres interétatiques aux conflits intra-étatiques, Zones grises, acteurs non étatiques et économies de guerre. Travaille seul, chronomètre-toi, puis compare tes réponses au corrigé pour identifier les points à revoir. Parfait pour mesurer ses progrès et réviser efficacement. Évaluation gratuite conçue par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale en spécialité hggsp.
Évaluation finale · Niveau difficile · Durée 120 min · Noté sur 20
120:00

Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.

Exercice 1 — Dissertation : les États défaillants, un défi pour l'ordre mondial ?

/ 10 pts
  1. Traitez le sujet de dissertation suivant en rédigeant une introduction (accroche, définition des termes, problématique, annonce du plan), un développement organisé en parties et sous-parties argumentées appuyées sur des exemples précis, et une conclusion.
  2. Sujet : « Dans quelle mesure les États défaillants et les conflits intra-étatiques constituent-ils un défi pour la gouvernance du monde ? »

Exercice 2 — Étude critique de document : un rapport de l'ONU sur la fragilité étatique

/ 10 pts
  1. Document : « Les États fragiles et touchés par des conflits abritent aujourd'hui une part croissante des personnes vivant dans l'extrême pauvreté. Dans ces contextes, l'effondrement des institutions, l'absence de sécurité et la concurrence pour les ressources entretiennent des cycles de violence. Les groupes armés y prospèrent, le terrorisme y trouve des sanctuaires et les populations fuient, alimentant des déplacements massifs. Aucune action humanitaire ou militaire ne saurait, à elle seule, restaurer durablement la paix sans la reconstruction d'un État légitime et inclusif. » — D'après un rapport des Nations unies sur la prévention des conflits, années 2010.
  2. Présentez le document (nature, auteur, contexte) et dégagez son idée principale.
  3. À l'aide du document et de vos connaissances, montrez comment la fragilité étatique nourrit le désordre mondial, puis exposez les limites des réponses internationales que le texte appelle à dépasser.
Corrigé détaillé

Exercice 1 — Dissertation : les États défaillants, un défi pour l'ordre mondial ?
Éléments attendus :
Problématique possible : en quoi la faiblesse ou l'effondrement de certains États, loin d'être un problème interne et localisé, alimente-t-il un désordre mondial que la gouvernance internationale peine à réguler ?

Introduction : accroche possible (effondrement de la Somalie en 1991, ou départ de Barkhane du Sahel en 2022). Définir État défaillant, conflit intra-étatique, gouvernance du monde. Rappeler la définition wébérienne de l'État (monopole de la violence légitime) et la souveraineté westphalienne.

Plan détaillé (proposition en trois parties) :
I. Des États qui ne remplissent plus leurs fonctions, source d'un désordre interne. Définition de l'État (Weber) et des fonctions régaliennes ; gradation de l'État solide à l'État effondré ; perte du contrôle territorial et zones grises ; multiplication des conflits intra-étatiques depuis 1991, souvent ethniques, séparatistes ou djihadistes (Somalie, Syrie, Yémen, Sahel).
II. Un désordre qui se diffuse et menace la sécurité internationale. Zones grises comme sanctuaires du terrorisme transnational (Afghanistan, Sahel) ; économies de guerre et trafics (diamants du sang, drogue, armes) ; flux de réfugiés et déplacés ; déstabilisation régionale (contagion sahélienne) ; conflits internationalisés et guerres par procuration (Yémen, Syrie) ; nouveaux acteurs (SMP comme Wagner).
III. Une gouvernance mondiale mise au défi, entre interventions et échecs. Outils : maintien de la paix (ONU, MINUSMA), droit d'ingérence et R2P (2005), state-building, interventions (Serval, Barkhane) ; mais limites et échecs (Libye 2011, Afghanistan 2021, retrait du Sahel) ; tension entre souveraineté westphalienne et protection des populations ; critique de la notion même d'État défaillant (occidentalo-centrée, instrumentalisée).

Conclusion : les États défaillants et les conflits intra-étatiques sont bien un défi majeur pour la gouvernance du monde car ils révèlent l'impuissance de la communauté internationale à concilier souveraineté et sécurité collective. Ouverture possible : la recomposition des alliances (recul occidental, montée de la Russie et de la Chine dans les zones de fragilité).

Exercice 2 — Étude critique de document : un rapport de l'ONU sur la fragilité étatique
Éléments attendus :
Présentation : il s'agit d'un extrait d'un rapport institutionnel des Nations unies consacré à la prévention des conflits, rédigé dans les années 2010. Contexte : multiplication des conflits intra-étatiques et des situations de fragilité (Sahel, Syrie, Yémen) et bilan mitigé des interventions. Idée principale : la fragilité étatique est au cœur d'un cercle vicieux de pauvreté, de violence et de désordre, et seule la reconstruction d'un État légitime et inclusif peut restaurer durablement la paix.

Analyse (la fragilité nourrit le désordre) : le texte décrit les mécanismes du désordre : « effondrement des institutions » et « absence de sécurité » renvoient à la perte des fonctions régaliennes et du monopole de la violence (Weber) ; la « concurrence pour les ressources » évoque les économies de guerre ; les « groupes armés » et le « terrorisme » qui « trouve des sanctuaires » correspondent aux acteurs non étatiques et aux zones grises (Sahel, Somalie) ; les « déplacements massifs » renvoient à la dimension transnationale (réfugiés). On peut illustrer par la Somalie, le Sahel ou le Yémen.

Portée critique et limites (à apporter par les connaissances) : le document pointe lui-même la limite des réponses : ni l'action humanitaire ni l'action militaire ne suffisent. On le confirme par les échecs : maintien de la paix sans paix à maintenir (MINUSMA), interventions débouchant sur le chaos (Libye 2011), state-building imposé de l'extérieur s'effondrant (Afghanistan 2021), retrait de Barkhane et rejet de la présence occidentale au Sahel (2022). On nuancera enfin en rappelant la critique de la notion d'État défaillant (occidentalo-centrée, instrumentalisée) et la tension avec la souveraineté. Conclusion : un texte lucide qui appelle à privilégier la reconstruction politique sur la seule réponse sécuritaire, tout en illustrant l'impuissance relative de la gouvernance mondiale.

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