Lycée · Terminale · Enseignement scientifique
L'immunologie et les vaccins
Réaction immunitaire, mémoire immunitaire et principe de la vaccination — thème « Une histoire du vivant » (programme d'enseignement scientifique de Tle générale)
À propos de cette page
Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.
Exercice 1 — Vocabulaire de l'immunologie
Pour chaque définition, donne le terme exact du cours qui lui correspond.
- Molécule reconnue comme étrangère par l'organisme et capable de déclencher une réponse immunitaire.
- Protéine en forme de Y, produite par les plasmocytes, qui se fixe spécifiquement sur une molécule étrangère.
- Cellule immunitaire qui ingère et digère un agent pathogène lors de l'immunité innée.
1. Un antigène : c'est par définition une molécule reconnue comme étrangère (non-soi) qui déclenche une réponse immunitaire.
2. Un anticorps (ou immunoglobuline) : protéine soluble en forme de Y possédant un site de reconnaissance spécifique d'un antigène.
3. Un phagocyte (granulocyte ou macrophage) : il réalise la phagocytose, mécanisme central de l'immunité innée.
Exercice 2 — Inné ou adaptatif ?
Pour chaque caractéristique, indique si elle relève de l'immunité innée ou de l'immunité adaptative, et justifie en quelques mots.
- Réponse immédiate, en quelques minutes à quelques heures, identique chez tous les individus.
- Réponse spécifique d'un antigène donné, mettant en jeu des lymphocytes.
- Réponse dotée d'une mémoire, plus efficace lors d'un second contact.
1. Immunité innée : elle est immédiate, non spécifique et identique chez tous les individus (réaction inflammatoire, phagocytose), sans contact préalable nécessaire.
2. Immunité adaptative : la spécificité vis-à-vis d'un antigène et l'intervention des lymphocytes (B et T) la caractérisent.
3. Immunité adaptative : seule elle possède une mémoire immunitaire (lymphocytes mémoire), à l'origine d'une réponse secondaire plus efficace.
Exercice 3 — Les quatre signes de l'inflammation
À partir de la situation suivante, identifie le mécanisme immunitaire en jeu et explique-le.
- Après une écharde dans le doigt, la zone devient rouge, chaude, gonflée et douloureuse. Nomme cette réaction et indique à quel type d'immunité elle appartient.
- Cite les quatre signes cliniques caractéristiques de cette réaction.
- Explique l'origine de la rougeur et du gonflement en t'appuyant sur l'action des médiateurs chimiques de l'inflammation.
1. Il s'agit de la réaction inflammatoire, qui appartient à l'immunité innée (réaction immédiate, non spécifique).
2. Les quatre signes : rougeur, chaleur, gonflement (œdème) et douleur.
3. Les cellules sentinelles libèrent des médiateurs chimiques (ex. histamine) qui provoquent une vasodilatation des vaisseaux : l'afflux de sang explique la rougeur et la chaleur. L'augmentation de la perméabilité des vaisseaux laisse sortir du plasma dans les tissus, ce qui crée l'œdème (gonflement). Cet afflux attire aussi les phagocytes sur le site de l'infection.
Exercice 4 — Lecture d'une courbe de taux d'anticorps
Le graphique ci-dessous donne le taux d'anticorps d'un individu lors de deux injections successives d'un même antigène ; réponds aux questions.
- Document. Évolution du taux d'anticorps après une première injection (J0) puis une seconde injection du même antigène (J30) :
- Décris la réponse obtenue après la première injection (délai, intensité).
- Compare la réponse après la seconde injection à la première, sur trois critères : rapidité, intensité, durée.
- Quel mécanisme immunitaire explique cette différence entre les deux réponses ?
1. Après la première injection (J0), la réponse — dite primaire — est lente (le taux ne s'élève qu'à partir de J10 environ) et de faible intensité (maximum modeste, environ 25 u.a.), puis le taux redescend.
2. Après la seconde injection (J30), la réponse — dite secondaire — est nettement plus rapide (le taux monte dès quelques jours), beaucoup plus intense (pic autour de 300 u.a., soit plus de dix fois la réponse primaire) et plus durable (le taux reste élevé plus longtemps).
3. C'est la mémoire immunitaire : la première rencontre a produit des lymphocytes mémoire à longue durée de vie ; lors du second contact avec le même antigène, ils déclenchent une réponse secondaire plus rapide, plus forte et plus longue. C'est le fondement de la vaccination.
Exercice 5 — Le principe de la vaccination
Réponds aux questions sur le fonctionnement d'un vaccin.
- Pourquoi un vaccin contient-il un antigène rendu inoffensif et non l'agent pathogène actif ?
- Explique pourquoi la vaccination protège lors d'un contact futur avec l'agent pathogène réel.
- À quoi servent les injections de rappel ?
1. Le vaccin doit déclencher une réponse immunitaire (et donc une mémoire) sans provoquer la maladie. On utilise donc un antigène inoffensif : agent atténué, inactivé, fragment, ou ARN messager codant l'antigène. Un agent actif risquerait de déclencher la maladie.
2. Le vaccin provoque une réponse primaire et la formation de lymphocytes mémoire. Lors d'un contact ultérieur avec l'agent pathogène réel, ces cellules déclenchent une réponse secondaire rapide et intense qui élimine l'agent avant l'apparition des symptômes.
3. Les rappels relancent une réponse secondaire et entretiennent un taux d'anticorps protecteur élevé ainsi que le pool de lymphocytes mémoire, dont l'efficacité peut diminuer avec le temps.
Exercice 6 — Analyse de document scientifique — vaccination et éradication d'une maladie
À partir du document, réponds aux questions de lecture et d'interprétation.
- Document. Dans un pays, une campagne de vaccination contre la rougeole est lancée à partir de 2005. On suit la couverture vaccinale (part des enfants vaccinés) et le nombre annuel de cas de rougeole :
- Décris l'évolution de la couverture vaccinale et celle du nombre de cas entre 2003 et 2013.
- Établis le lien entre ces deux courbes.
- La notion d'immunité collective permet-elle d'expliquer la quasi-disparition des cas ? Justifie.
1. La couverture vaccinale augmente fortement, passant d'environ 20 % en 2003 à 96 % en 2013. Dans le même temps, le nombre de cas de rougeole chute, passant d'environ 90 000 à 1 000 cas par an.
2. Les deux courbes évoluent en sens inverse : à mesure que la couverture vaccinale augmente, le nombre de cas diminue. La vaccination apparaît donc corrélée à la baisse de la maladie, ce qui est cohérent avec son rôle protecteur (immunité individuelle).
3. Oui : au-delà d'un certain seuil de couverture (très élevé pour la rougeole, très contagieuse, de l'ordre de 95 %), la circulation du virus est interrompue car il ne trouve plus assez d'individus sensibles. C'est l'immunité collective : elle protège aussi les non-vaccinés et explique la quasi-disparition des cas une fois la couverture proche de 95 %.
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