Menaces sur la démocratie : populisme, recul des contre-pouvoirs et glissement vers l'autoritarisme (programme d'EMC de Terminale, thème « La démocratie »)
Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.
Réponds de façon précise et rédigée à chaque question.
Réponds en mobilisant les notions du cours.
Réponds de façon argumentée.
Rédige une réponse argumentée et nuancée à la question « Une majorité élue peut-elle tout décider ? », en mobilisant des arguments pour et contre et des notions du cours.
Lis la situation puis réponds aux questions.
Exercice 1 — Définitions et repères de la démocratie menacée
Corrigé : Le populisme est un discours opposant un « peuple » pur et uni à des « élites » corrompues, dont le leader prétend incarner directement la volonté populaire. Marqueurs : anti-élitisme, peuple présenté comme homogène, méfiance des contre-pouvoirs. — La démocratie désigne le fait que le peuple choisit ses dirigeants ; l'État de droit désigne la limitation du pouvoir par le droit et la garantie des libertés. — C'est Montesquieu (De l'esprit des lois, 1748) ; les trois fonctions : législative (voter la loi), exécutive (l'appliquer), judiciaire (juger).
Exercice 2 — Les contre-pouvoirs et leur rôle
Corrigé : Contre-pouvoirs (au choix) : la justice indépendante (sanctionner le pouvoir, contrôler la légalité), les médias libres / quatrième pouvoir (informer, enquêter, critiquer), l'opposition reconnue (contester légalement le gouvernement), la société civile (associations, citoyens qui alertent). — Un régime en dérive les vise en premier parce qu'ils limitent et contrôlent le pouvoir : museler la presse, soumettre les juges et marginaliser l'opposition permet de concentrer le pouvoir tout en gardant l'apparence d'une démocratie.
Exercice 3 — Comprendre l'érosion démocratique
Corrigé : La dérive est graduelle car elle procède par étapes (affaiblir la justice, puis la presse, puis l'opposition) et légale car chaque étape prend la forme d'une réforme votée ou d'une nomination régulière. C'est l'accumulation et l'intention de neutraliser les contre-pouvoirs qui révèlent la dérive, pas un coup d'État brutal. — Une « démocratie illibérale » conserve les élections mais affaiblit l'État de droit, les libertés et les contre-pouvoirs. Elle prouve que l'élection est nécessaire mais non suffisante : sans presse libre ni justice indépendante, le vote perd son sens.
Exercice 4 — Argumentation problématisée : la majorité a-t-elle toujours raison ?
Corrigé (arguments et notions attendus) : Pour : (1) la souveraineté populaire : la majorité élue tire sa légitimité de la volonté du peuple ; (2) la démocratie suppose que les décisions collectives reflètent le choix du plus grand nombre. Contre / limites : (1) le risque de tyrannie de la majorité : une majorité peut opprimer une minorité, d'où la nécessité de droits fondamentaux protégés par l'État de droit ; (2) sans contre-pouvoirs (justice indépendante, presse libre) et sans pluralisme, le pouvoir de la majorité peut glisser vers l'arbitraire et la dérive autoritaire. Nuance attendue : une vraie démocratie articule la volonté populaire (le peuple choisit) et la limitation du pouvoir (État de droit, droits des minorités) ; l'élection est nécessaire mais non suffisante. On peut citer Montesquieu (« le pouvoir arrête le pouvoir ») et le paradoxe de la tolérance de Popper. Un bon devoir argumente sans imposer un avis brutal.
Exercice 5 — Analyse de cas concret
Corrigé : Non, on ne peut plus parler de démocratie pleine : même si les élections subsistent, l'État de droit et les contre-pouvoirs sont affaiblis, donc la démocratie est vidée de son sens. C'est une érosion démocratique graduelle. — Contre-pouvoirs attaqués : la justice indépendante (nominations contrôlées), les médias libres (rachat / fermeture), la société civile et le droit de manifester (loi restrictive). On nomme ce régime une « démocratie illibérale » : encore élu, mais peu respectueux des libertés et de la séparation des pouvoirs.
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