À propos de cette page
Ces exercices corrigés sur « La vie, la mort et les questions éthiques » en terminale permettent de s'entraîner et de vérifier ses acquis en emc. Ils suivent le programme officiel de terminale et sont classés par difficulté (facile, moyen, difficile). Au programme : Qu'est-ce que la bioéthique ?, La dignité de la personne humaine, principe fondateur, Les grands principes du droit de la bioéthique, Les lois de bioéthique : une construction qui évolue. Écris ta réponse puis clique sur « Vérifier » : la correction est immédiate et tolère majuscules, espaces et ponctuation. Cet entraînement aide à mémoriser les méthodes, repérer ses erreurs et gagner en confiance avant un contrôle. Exercices gratuits proposés par un professeur particulier à Marseille pour réviser emc en terminale.
Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.
Exercice 1 — Définir les notions clés
Donne en une ou deux phrases la définition précise de chaque notion.
- La bioéthique
- La dignité de la personne humaine
- Le consentement libre et éclairé
Corrigé :
1. La bioéthique est l'étude des problèmes moraux et juridiques soulevés par les progrès de la biologie et de la médecine ; elle vise à fixer des limites à ce que la science rend possible, au nom de valeurs (dignité, liberté, protection de la personne). En France elle est encadrée par la loi.
2. La dignité de la personne humaine est le principe selon lequel tout être humain a une valeur inconditionnelle et doit être traité comme une fin en soi, jamais comme un simple moyen ou un objet. Elle est inaliénable.
3. Le consentement libre et éclairé est l'accord donné par une personne à un acte la concernant (notamment médical), sans contrainte (libre) et après une information complète sur les risques (éclairé) ; il est toujours révocable.
Exercice 2 — Associer chaque principe à sa conséquence
Pour chaque règle juridique, indique le principe bioéthique dont elle découle.
- On ne peut pas vendre l'un de ses reins.
- Un médecin ne peut pas opérer un patient sans son accord.
- Une compagnie d'assurance ne peut pas refuser un client à cause d'un test génétique.
Corrigé :
1. Découle du principe de non-patrimonialité du corps humain (le corps et ses éléments sont hors du commerce, ils ne peuvent être vendus) — lié aussi à la dignité humaine.
2. Découle du principe du consentement libre et éclairé : aucun acte médical sans l'accord de la personne informée. C'est aussi l'inviolabilité du corps.
3. Découle du principe de non-discrimination génétique : nul ne peut être discriminé (assurance, emploi) en raison de ses caractéristiques génétiques.
Exercice 3 — Repères chronologiques et institutions
Réponds par une date ou un nom précis, puis justifie brièvement.
- En quelle année ont été votées les premières lois de bioéthique en France ?
- Comment s'appelle l'instance indépendante qui rend des avis sur les questions éthiques, et depuis quand existe-t-elle ?
- Quelle loi de 2016 encadre la fin de vie, et quels sont ses trois apports principaux ?
Corrigé :
1. Les premières lois de bioéthique datent de 1994 (révisées ensuite en 2004, 2011 et 2021).
2. Il s'agit du Comité consultatif national d'éthique (CCNE), créé en 1983. Il rend des avis consultatifs : il éclaire le débat public et le législateur mais ne décide pas à sa place.
3. La loi Claeys-Leonetti (2016). Ses trois apports : (a) l'interdiction de l'obstination déraisonnable (acharnement thérapeutique) ; (b) la reconnaissance des directives anticipées et de la personne de confiance ; (c) le droit à la sédation profonde et continue jusqu'au décès pour les malades en phase terminale. Elle ne légalise pas l'euthanasie.
Exercice 4 — Distinguer des notions proches
Explique en une phrase la différence entre les deux notions de chaque couple.
- Sédation profonde et continue / euthanasie
- PMA / GPA
- Directives anticipées / personne de confiance
Corrigé :
1. La sédation profonde et continue (autorisée par la loi Claeys-Leonetti) endort le patient en phase terminale pour supprimer une souffrance réfractaire, sans avoir pour but de donner la mort ; l'euthanasie consiste à provoquer délibérément la mort du patient et n'est pas légalisée en France.
2. La PMA (procréation médicalement assistée) aide une personne ou un couple à concevoir un enfant (insémination, FIV) et est autorisée et encadrée ; la GPA (gestation pour autrui) fait porter l'enfant par une autre femme (« mère porteuse ») et est interdite en France.
3. Les directives anticipées sont un document écrit où l'on consigne à l'avance les soins acceptés ou refusés ; la personne de confiance est un proche désigné pour porter notre parole si l'on ne peut plus s'exprimer.
Exercice 5 — Analyse de document — un cas de fin de vie
Lis la situation, puis réponds aux questions d'analyse en mobilisant le droit et les notions du cours.
- Document. M. D., 78 ans, est atteint d'un cancer en phase terminale. Les traitements n'ont plus d'effet et il souffre de douleurs que les médicaments ne soulagent plus. Conscient, il demande à l'équipe médicale de ne pas prolonger inutilement sa vie. Il avait rédigé, deux ans plus tôt, un document précisant son refus de tout acharnement, et désigné sa fille pour parler en son nom.
Cadre juridique mobilisable :
- Identifie dans la situation les deux dispositifs prévus par la loi que M. D. a mis en place à l'avance.
- Quel droit la loi Claeys-Leonetti garantit-elle à M. D. face à des douleurs que rien ne soulage ?
- Pourquoi cette situation n'est-elle PAS une euthanasie ?
Corrigé :
1. M. D. a rédigé des directives anticipées (le document écrit refusant tout acharnement) et désigné une personne de confiance (sa fille, chargée de porter sa parole). Ce sont deux dispositifs reconnus par la loi Claeys-Leonetti.
2. La loi interdit l'obstination déraisonnable (on ne prolongera pas inutilement sa vie) et, face à une souffrance réfractaire en phase terminale, elle garantit le droit à une sédation profonde et continue jusqu'au décès pour le soulager.
3. Ce n'est pas une euthanasie car le but n'est pas de donner la mort : il s'agit de soulager la souffrance et de laisser la maladie suivre son cours en arrêtant l'acharnement. La sédation supprime la douleur ; elle ne provoque pas délibérément le décès, contrairement à l'euthanasie (non légalisée en France).
Exercice 6 — Repérer le dilemme et les valeurs en jeu
Pour chaque question éthique, nomme les deux valeurs (ou principes) qui s'opposent.
- Faut-il autoriser la modification du génome d'un embryon humain pour éviter une maladie héréditaire ?
- Faut-il rendre le don d'organe automatique (présumé) à la mort, sauf refus exprimé ?
- Faut-il légaliser l'euthanasie pour les malades en fin de vie qui le demandent ?
Corrigé : on attend l'identification d'une tension entre deux valeurs légitimes.
1. Tension entre le progrès médical / le soulagement de futures souffrances (éviter une maladie grave) et le respect de la dignité / le refus de l'eugénisme (risque de « bébés sur mesure », modification transmissible interdite en France).
2. Tension entre la solidarité / l'intérêt collectif (sauver des vies par la greffe) et la liberté individuelle / le consentement de la personne et de ses proches sur son propre corps.
3. Tension entre l'autonomie de la personne / le droit à une mort digne et la protection des plus vulnérables / la mission de soin (risque de pression, « pente glissante »).