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EMC · Classe de Terminale

Bioéthique et progrès scientifique

Encadrer les avancées des sciences du vivant : principes, lois de bioéthique et débats de société (EMC Tle, thème La bioéthique)

À propos de cette page
Ces exercices corrigés sur « Bioéthique et progrès scientifique » en terminale permettent de s'entraîner et de vérifier ses acquis en emc. Ils suivent le programme officiel de terminale et sont classés par difficulté (facile, moyen, difficile). Au programme : Qu'est-ce que la bioéthique ?, Les grands principes de la bioéthique, L'encadrement juridique : les lois de bioéthique, Les institutions et le débat démocratique. Écris ta réponse puis clique sur « Vérifier » : la correction est immédiate et tolère majuscules, espaces et ponctuation. Cet entraînement aide à mémoriser les méthodes, repérer ses erreurs et gagner en confiance avant un contrôle. Exercices gratuits proposés par un professeur particulier à Marseille pour réviser emc en terminale.

Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.

Exercice 1 — Définir les notions clés

Définis avec précision chacune des notions de bioéthique suivantes.

  1. Qu'est-ce que la bioéthique ? Pourquoi est-elle nécessaire face au progrès scientifique ?
  2. Définis le principe de non-patrimonialité du corps humain.
  3. Explique la différence entre gratuité et anonymat d'un don.
1. La bioéthique est la réflexion sur les questions morales, sociales et juridiques posées par les progrès de la biologie et de la médecine. Elle est nécessaire car le progrès technique rend possibles des actes (modifier un génome, choisir un embryon) qui ne sont pas forcément acceptables moralement : il faut fixer des limites au nom de la dignité de la personne. Le possible technique n'est pas automatiquement le permis moral.

2. La non-patrimonialité signifie que le corps humain et ses éléments (organes, sang, gamètes) sont hors du commerce : ils ne peuvent être vendus, achetés ni faire l'objet d'un contrat à but lucratif. Cela protège la personne contre la marchandisation de son corps.

3. La gratuité signifie que le don ne donne lieu à aucune rémunération (on ne vend pas son sang ou un organe). L'anonymat signifie que le donneur et le receveur ne connaissent pas leur identité respective. Ce sont deux principes distincts : un don peut rester gratuit tout en admettant des exceptions à l'anonymat (ex. accès aux origines pour les enfants issus d'un don, depuis 2021).

Exercice 2 — Les principes en application

Pour chaque situation, indique quel(s) principe(s) de bioéthique est/sont concerné(s) et s'il est respecté ou violé.

  1. Une clinique propose de payer 5 000 € à une femme pour qu'elle donne ses ovocytes.
  2. Un patient signe un formulaire après avoir reçu toutes les informations sur les risques d'une opération.
  3. Une entreprise demande le profil génétique d'un candidat avant de l'embaucher.
1. Principe de non-patrimonialité et de gratuité : violé. Le corps humain et ses éléments ne peuvent être vendus ; rémunérer un don de gamètes est interdit en France (seul le défraiement est admis). Cela ouvrirait la voie à la marchandisation du corps.

2. Principe du consentement libre et éclairé : respecté. Le patient a reçu une information complète (« éclairé ») et donne son accord sans contrainte (« libre »). C'est la condition de tout acte médical.

3. Principe de dignité et interdiction de la discrimination génétique : violé. La loi interdit d'utiliser les caractéristiques génétiques d'une personne à des fins d'embauche ou d'assurance ; ce serait une instrumentalisation discriminatoire de la personne.

Exercice 3 — Institutions et procédure démocratique

Réponds aux questions suivantes sur l'élaboration des lois de bioéthique.

  1. Quel est le rôle du CCNE ? A-t-il le pouvoir de voter la loi ?
  2. Que sont les États généraux de la bioéthique et à quoi servent-ils ?
  3. Reconstitue, dans l'ordre, les étapes qui conduisent au vote d'une loi de bioéthique.
1. Le CCNE (Comité consultatif national d'éthique, créé en 1983) rend des avis sur les questions de bioéthique. Il conseille mais n'a aucun pouvoir de décision : il ne vote pas la loi.

2. Les États généraux de la bioéthique sont une grande consultation publique (citoyens, associations, experts, professionnels de santé) organisée avant chaque révision des lois. Ils servent à recueillir l'avis de la société et à nourrir le débat démocratique sur des questions sensibles.

3. Étapes dans l'ordre : (1) avis du CCNE → (2) États généraux / consultation citoyenne → (3) rédaction d'un projet de loi → (4) débat et vote du Parlement. C'est le Parlement qui décide in fine.

Exercice 4 — PMA, don et génétique : vrai ou faux ?

Indique si chaque affirmation est vraie ou fausse, puis justifie ta réponse en une phrase.

  1. « Depuis 2021, la PMA est ouverte à toutes les femmes, y compris les femmes seules. »
  2. « La GPA (gestation pour autrui) est autorisée en France comme la PMA. »
  3. « En France, le don d'organes après la mort repose sur le consentement présumé. »
1. Vrai. La loi de bioéthique de 2021 a ouvert la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules, alors qu'elle était auparavant réservée aux couples hétérosexuels infertiles.

2. Faux. La GPA est interdite en France, au nom de la non-patrimonialité du corps et du refus de la marchandisation de la grossesse. Il ne faut pas la confondre avec la PMA, qui est autorisée.

3. Vrai. Toute personne est présumée donneuse après sa mort, sauf si elle s'est inscrite de son vivant sur le registre national des refus. Ce principe vise à augmenter le nombre de greffes possibles.

Exercice 5 — La fin de vie : distinguer les notions

Classe et distingue les notions liées à la fin de vie demandées ci-dessous.

  1. Définis les soins palliatifs et explique en quoi ils diffèrent de l'euthanasie.
  2. Qu'appelle-t-on « obstination déraisonnable » (ou acharnement thérapeutique) ? Que permet la loi ?
  3. Explique la différence entre sédation profonde et continue et euthanasie.
1. Les soins palliatifs visent à soulager la douleur et à accompagner dignement une personne en fin de vie, sans chercher à provoquer la mort. Ils diffèrent de l'euthanasie, qui consiste au contraire à donner activement la mort pour abréger les souffrances.

2. L'obstination déraisonnable est la poursuite de traitements jugés inutiles ou disproportionnés, qui ne font que prolonger artificiellement la vie. La loi (notamment la loi Leonetti de 2005 puis Claeys-Leonetti de 2016) permet de les arrêter : on cesse l'acharnement.

3. La sédation profonde et continue (autorisée en 2016) endort le patient en phase terminale jusqu'au décès pour qu'il ne souffre plus : on le laisse mourir sans douleur. L'euthanasie consiste à provoquer activement la mort. La distinction (laisser mourir / faire mourir) est au cœur du débat français.

Exercice 6 — Étude de document : analyse d'une situation

Lis le document puis réponds aux questions d'analyse.

  1. Document : « Une équipe scientifique annonce avoir modifié le génome d'embryons humains pour les rendre résistants à une maladie. Plusieurs comités d'éthique dénoncent une dérive, rappelant que la modification du génome d'un embryon destiné à naître est interdite en France. » — Identifie le progrès scientifique évoqué et la possibilité technique qu'il ouvre.
  2. Quels principes de bioéthique sont menacés par cette pratique ? Cite-en deux et justifie.
  3. Selon toi, pourquoi la loi française interdit-elle cette pratique ? Rédige une réponse argumentée de quelques lignes.
1. Le progrès évoqué est l'édition du génome (technique de modification de l'ADN, type « CRISPR »). Elle ouvre la possibilité technique de modifier les caractéristiques génétiques d'un embryon avant la naissance, et donc de transmettre ces modifications aux générations suivantes.

2. Plusieurs principes sont menacés. (a) La dignité de la personne : l'embryon devient un objet que l'on « fabrique » selon des critères choisis, ce qui peut conduire à l'eugénisme (sélection des individus). (b) Le principe de précaution : les conséquences de telles modifications sont mal connues et irréversibles, car transmissibles à la descendance. On peut aussi évoquer l'absence de consentement de l'enfant à naître.

3. Réponse argumentée attendue (exemple) : la loi française interdit cette pratique car elle pourrait conduire à une dérive eugéniste, où l'on sélectionnerait ou « améliorerait » les humains selon des critères arbitraires, rompant l'égalité entre les personnes. De plus, le principe de précaution impose la prudence face à une technique dont les effets sont irréversibles et transmissibles. Enfin, l'embryon serait instrumentalisé, réduit à un objet technique, ce qui contredit le respect de la dignité humaine. La loi protège ainsi à la fois la personne future et l'idée que l'humanité ne doit pas se fabriquer « sur mesure ».
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