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SES (2nde) · Classe de 2ⁿᵈᵉ

Quelles relations les individus entretiennent-ils avec les groupes sociaux ?

Appartenance, socialisation et identité collective — programme de SES de 2nde (lycée général)

À propos de cette page
Ce cours de ses (2nde) en seconde sur « Quelles relations les individus entretiennent-ils avec les groupes sociaux ? » suit le programme officiel de ses (2nde) de seconde. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Qu'est-ce qu'un groupe social ?, Les différents types de groupes sociaux, Le sentiment d'appartenance et l'identité sociale, La socialisation au sein des groupes. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de seconde à réussir en ses (2nde).
Au programme
1 · Qu'est-ce qu'un groupe social ?
2 · Les différents types de groupes sociaux
3 · Le sentiment d'appartenance et l'identité sociale
4 · La socialisation au sein des groupes
5 · Les inégalités entre groupes sociaux
6 · Les groupes sociaux dans la société française contemporaine
7 · Individu et groupe : entre conformisme et autonomie
1Qu'est-ce qu'un groupe social ?

En sociologie, un groupe social ne désigne pas simplement un rassemblement de personnes au même endroit (une foule dans le métro, par exemple). Pour qu'il y ait véritablement un groupe social, trois conditions doivent être réunies :

  • Des interactions régulières entre les membres (échanges, communications).
  • Des caractéristiques communes partagées (valeurs, pratiques, statut…).
  • Un sentiment d'appartenance : les membres se reconnaissent comme faisant partie du même groupe.
Définition. Un groupe social est un ensemble d'individus liés par des interactions régulières, partageant des normes ou valeurs communes, et développant un sentiment d'appartenance collectif.

Le sociologue américain Robert K. Merton distingue les groupes d'appartenance (les groupes auxquels on appartient réellement) des groupes de référence (ceux dont on adopte les valeurs et comportements sans nécessairement en faire partie).

Exemple. Un lycéen appartient à sa classe (groupe d'appartenance). Il admire et imite les pratiques d'un groupe de sportifs professionnels dont il ne fait pas partie (groupe de référence).
Astuce. Pour distinguer un groupe social d'une simple catégorie statistique : une catégorie (ex. « les femmes de plus de 40 ans ») rassemble des individus partageant une caractéristique, mais sans interaction ni sentiment d'appartenance. Ce n'est pas un groupe social au sens strict.
2Les différents types de groupes sociaux

Les sociologues ont proposé plusieurs typologies pour classer les groupes sociaux.

Groupes primaires et groupes secondaires

Le sociologue américain Charles Cooley distingue :

Groupe primaireGroupe secondaire
Relations directes, intimes, affectives (face-à-face)Relations formelles, plus impersonnelles
Petit nombre de membresGrand nombre de membres
Ex. : famille, groupe d'amis prochesEx. : entreprise, association, syndicat

Groupes formels et informels

  • Un groupe formel possède des règles écrites, une organisation officielle (ex. : une association déclarée, un parti politique).
  • Un groupe informel fonctionne sans règles explicites (ex. : un groupe d'amis, une bande de quartier).

In-group et out-group

Définition. Le sociologue William G. Sumner parle d'in-group (« nous »), le groupe auquel on s'identifie, et d'out-group (« eux »), les autres groupes perçus comme différents ou opposés. Cette distinction peut conduire à des phénomènes de méfiance voire de discrimination envers l'out-group.
3Le sentiment d'appartenance et l'identité sociale

L'identité sociale est la part de l'identité d'un individu qui provient de son appartenance à des groupes. Elle se construit en interagissant avec les autres membres et par opposition aux groupes externes.

Définition. Le sentiment d'appartenance est la conscience subjective d'un individu de faire partie d'un groupe et de partager quelque chose avec ses membres. Il génère un sentiment de solidarité, de « nous ».

Selon la Théorie de l'identité sociale (Henri Tajfel et John Turner, 1979), les individus cherchent à valoriser positivement les groupes auxquels ils appartiennent pour renforcer leur estime de soi. Cela peut conduire à :

  • La favoritisme endogroupe : avantager les membres de son propre groupe.
  • La dévalorisation de l'exogroupe : percevoir négativement les membres des autres groupes.
Attention ! L'appartenance à un groupe n'est pas figée : elle évolue au cours de la vie. On peut appartenir à plusieurs groupes simultanément (famille, groupe professionnel, groupe sportif…), et les identités multiples peuvent parfois entrer en tension.
Exemple. Une personne peut se sentir à la fois membre d'une famille, d'une communauté religieuse, d'un syndicat et d'une équipe de football. Chacune de ces appartenances contribue à son identité sociale et peut influencer ses comportements différemment selon le contexte.
4La socialisation au sein des groupes

Les groupes sociaux sont des agents de socialisation essentiels : ce sont eux qui transmettent les normes, valeurs et comportements attendus dans la société.

Socialisation primaire et secondaire

Socialisation primaireSocialisation secondaire
MomentEnfanceAdolescence et âge adulte
Agent principalFamilleÉcole, groupe de pairs, médias, travail
MécanismesImitation, inculcation, affectionApprentissage formel, pression sociale
RésultatValeurs fondamentales, langage, habitudesRôles sociaux, identités secondaires

Le sociologue Pierre Bourdieu parle d'habitus pour désigner l'ensemble des dispositions (manières de penser, sentir, agir) incorporées par l'individu au travers de la socialisation. Ces dispositions sont durables et guident les comportements de façon souvent inconsciente.

Définition (Bourdieu). L'habitus est un système de dispositions durables, acquis au fil de la socialisation, qui oriente les pratiques et représentations des individus sans qu'ils en aient toujours conscience.
Astuce. La socialisation n'est pas une simple « copie » : l'individu est acteur de sa propre socialisation. Il peut intérioriser, rejeter ou négocier les normes qu'on lui transmet.
5Les inégalités entre groupes sociaux

Les groupes sociaux n'occupent pas tous la même position dans la société. Il existe des inégalités sociales entre groupes qui se manifestent notamment selon :

  • Le revenu et le patrimoine (inégalités économiques)
  • L'accès aux diplômes et au capital culturel
  • Les conditions de vie, de santé, de logement
  • Le genre, l'origine ethnique ou la classe sociale
Définition. Les inégalités sociales sont des différences d'accès aux ressources (économiques, culturelles, sociales) qui désavantagent certains groupes par rapport à d'autres de façon systématique et durable.

On distingue les inégalités de situation (différences observables à un moment donné) des inégalités de destin (les chances de mobilité sociale).

Exemple. En France, le taux de chômage des personnes sans diplôme est environ 5 fois supérieur à celui des diplômés du supérieur. Cela illustre comment l'appartenance à un groupe (par niveau d'études) structure les inégalités d'insertion professionnelle.
6Les groupes sociaux dans la société française contemporaine

La sociologie française a longtemps analysé la société à travers le prisme des classes sociales. Aujourd'hui, les analyses se diversifient.

Les classes sociales

Pour Marx, les classes sociales se définissent par la place dans les rapports de production (propriétaires des moyens de production vs. travailleurs). Pour Weber, elles se définissent aussi par le statut social (prestige) et le pouvoir politique.

La nomenclature française officielle, les PCS (Professions et Catégories Socioprofessionnelles) de l'INSEE, classe la population en grandes catégories :

Vers une société plus fragmentée ?

Certains sociologues (comme Henri Mendras) parlent d'une société en « constellation centrale » avec une vaste classe moyenne, mais d'autres (comme Louis Chauvel) alertent sur une remise en cause de cette moyennisation depuis les années 1990, avec une polarisation croissante entre hauts et bas revenus.

Attention ! Les classes sociales ne sont pas des groupes sociaux au sens strict (on n'y interagit pas tous). Ce sont plutôt des catégories analytiques qui permettent d'identifier des situations communes et des intérêts partagés.
7Individu et groupe : entre conformisme et autonomie

L'appartenance à un groupe crée des pressions sociales qui peuvent conduire au conformisme, mais l'individu conserve une marge d'autonomie.

Définition. Le conformisme est le fait de se conformer aux normes, valeurs et comportements du groupe, même lorsqu'ils vont à l'encontre de ses convictions personnelles, sous l'effet de la pression sociale.

Les expériences de Asch (1951)

Le psychosociologue Solomon Asch a montré expérimentalement que des individus peuvent affirmer une réponse manifestement fausse sous la pression d'un groupe. Environ 75 % des participants se sont conformés à la majorité au moins une fois, même en se trompant visiblement.

Exemple. Si tous tes amis portent le même type de vêtements ou écoutent la même musique, tu seras incité à faire pareil pour t'intégrer au groupe, même si ce n'est pas ta préférence initiale.

La déviance comme résistance

À l'inverse, certains individus ou sous-groupes résistent aux normes dominantes. Le sociologue Howard Becker montre que la déviance n'est pas un attribut intrinsèque d'un acte mais le résultat d'un étiquetage social : c'est la réaction des autres groupes qui qualifie un comportement de déviant.

Astuce. Pour le bac, rappelle-toi que socialisation et individualisation ne s'opposent pas totalement : la socialisation crée des individus différenciés. Les groupes nous forment tout en nous laissant une part de liberté.
À retenir
En bref :
• Un groupe social implique interactions régulières, caractéristiques communes et sentiment d'appartenance.
• On distingue groupes primaires/secondaires, formels/informels, in-group/out-group.
• L'identité sociale se construit par l'appartenance à des groupes et par opposition aux autres groupes.
• La socialisation primaire (famille) et secondaire (école, pairs, travail) transmettent normes et valeurs.
• L'habitus (Bourdieu) désigne les dispositions durables acquises par socialisation.
• Les groupes sont traversés par des inégalités sociales (revenus, diplômes, conditions de vie).
• Les PCS de l'INSEE permettent de décrire la structure socioprofessionnelle française.
• L'individu oscille entre conformisme (pression du groupe) et autonomie (capacité à résister aux normes).
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