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SES (2nde) · Classe de 2ⁿᵈᵉ

Comment les individus s'inscrivent-ils dans la société ?

Socialisation, identité sociale et intégration sociale — programme de SES de Seconde (lycée général)

À propos de cette page
Ce cours de ses (2nde) en seconde sur « Comment les individus s'inscrivent-ils dans la société ? » suit le programme officiel de ses (2nde) de seconde. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : La socialisation : définition et enjeux, Les instances de socialisation, Normes et valeurs sociales, Le contrôle social. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de seconde à réussir en ses (2nde).
Au programme
1 · La socialisation : définition et enjeux
2 · Les instances de socialisation
3 · Normes et valeurs sociales
4 · Le contrôle social
5 · L'identité sociale
6 · L'intégration sociale
7 · Les inégalités sociales et la stratification
1La socialisation : définition et enjeux

La socialisation est le processus par lequel un individu acquiert les normes, les valeurs, les comportements et les pratiques culturelles qui lui permettent de vivre en société. C'est un apprentissage continu qui dure toute la vie.

Définition. La socialisation est le processus par lequel les individus intériorisent (font leurs) les façons de penser, de sentir et d'agir propres à leur groupe social. Elle permet à la fois l'intégration des individus à la société et la reproduction de cette société.

On distingue deux grandes formes de socialisation :

  • Socialisation primaire : se déroule principalement dans la petite enfance et l'enfance, au sein de la famille. Elle pose les bases de la personnalité et de l'identité.
  • Socialisation secondaire : intervient à l'adolescence et à l'âge adulte, via d'autres instances (école, groupe de pairs, travail, médias…). Elle complète et parfois remet en cause les acquis de la socialisation primaire.
Exemple. Un enfant apprend à dire « bonjour » et « merci » dès sa petite enfance (socialisation primaire). Plus tard, à l'école, il apprend à respecter des règles collectives et à collaborer avec des camarades qu'il ne connaît pas (socialisation secondaire).

La socialisation peut être explicite (apprentissage direct, règles énoncées) ou implicite (imitation, observation des comportements des autres).

2Les instances de socialisation

Les instances de socialisation sont les groupes ou institutions qui jouent un rôle dans la transmission des normes et des valeurs à l'individu.

Définition. Une instance de socialisation est un groupe ou une institution qui participe à la transmission des normes et des valeurs aux individus.

Les principales instances sont :

InstanceRôle principalExemple
FamilleSocialisation primaire, transmission des valeurs fondamentalesApprentissage de la langue, des habitudes alimentaires, des normes de politesse
ÉcoleSocialisation secondaire, transmission du savoir et des normes civiquesRespect de l'autorité, travail en groupe, connaissance des règles républicaines
Groupe de pairsSocialisation horizontale, construction de l'identité adolescenteCodes vestimentaires, goûts musicaux, langage commun
Médias / réseaux sociauxDiffusion de modèles culturels à grande échelleNormes de beauté, comportements politiques, modes de consommation
Associations / institutions religieusesTransmission de valeurs collectives spécifiquesSolidarité, engagement, pratiques rituelles
Astuce. Retenez l'acronyme FEGMA : Famille, École, Groupe de pairs, Médias, Associations — pour ne pas oublier les principales instances de socialisation.

Ces instances n'ont pas toujours le même poids ni les mêmes effets : elles peuvent se renforcer mutuellement ou, au contraire, entrer en conflit de socialisation.

Attention ! La socialisation n'est pas un simple « remplissage » de l'individu par la société. L'individu est également acteur de sa propre socialisation : il sélectionne, adapte et parfois rejette les normes qu'on lui transmet.
3Normes et valeurs sociales

Pour s'inscrire dans la société, les individus doivent connaître et respecter les normes et les valeurs de leur groupe social.

Définition — Valeur. Une valeur est un principe général qui guide les comportements et les jugements d'une société (ex : liberté, égalité, solidarité, respect…). Les valeurs sont abstraites et partagées par un grand nombre de personnes.
Définition — Norme. Une norme est une règle de conduite, explicite ou implicite, qui indique comment les individus doivent se comporter dans une situation donnée. Les normes sont la traduction concrète des valeurs.

On distingue deux grandes catégories de normes :

  • Normes formelles (ou juridiques) : écrites, officielles, sanctionnées par la loi (ex : le Code de la route, la Constitution). Elles relèvent du droit.
  • Normes informelles : non écrites, relevant de la coutume ou des usages sociaux (ex : saluer ses voisins, respecter son tour de parole en classe, tenir la porte).
Exemple. La valeur de « respect d'autrui » se traduit par des normes comme « ne pas couper la parole », « ne pas voler » (norme formelle, inscrite dans la loi), ou « dire bonjour quand on entre dans un commerce ».
Astuce. Valeur → Norme → Comportement : c'est la chaîne logique à retenir. La valeur est l'idéal, la norme est la règle, le comportement est l'action.
4Le contrôle social

La société ne se contente pas d'énoncer des normes : elle veille également à ce que les individus les respectent. C'est le rôle du contrôle social.

Définition. Le contrôle social désigne l'ensemble des mécanismes qui poussent les individus à se conformer aux normes sociales. Il peut être formel (institutions) ou informel (regard social, pression du groupe).

On distingue :

  • Contrôle social formel : exercé par des institutions officielles (police, justice, école, administration). Les sanctions sont codifiées (amendes, emprisonnement…).
  • Contrôle social informel : exercé par l'entourage (famille, amis, voisins). Les sanctions sont symboliques (regard désapprobateur, exclusion du groupe, honte…).

Le contrôle social utilise des sanctions, qui peuvent être :

  • Positives : encouragent les comportements conformes (félicitations, récompenses, distinctions).
  • Négatives : découragent les comportements déviants (réprimandes, amendes, emprisonnement, exclusion).
Attention ! La déviance ne désigne pas forcément un comportement immoral : c'est tout comportement qui s'écarte des normes sociales en vigueur dans un groupe donné. La déviance est donc relative à la société et à l'époque (ce qui est déviant ici peut être normal ailleurs).
5L'identité sociale

La participation à la vie sociale conduit chaque individu à construire une identité sociale, c'est-à-dire une image de lui-même par rapport aux autres.

Définition. L'identité sociale est l'ensemble des caractéristiques par lesquelles un individu se définit et est défini par les autres, en lien avec ses appartenances à des groupes sociaux (profession, genre, nationalité, religion, âge…).

L'identité sociale résulte de la combinaison de deux dimensions :

  • L'identité pour soi (ou identité subjective) : comment l'individu se perçoit lui-même, ses valeurs, ses aspirations.
  • L'identité pour autrui (ou identité attribuée) : comment les autres nous catégorisent et nous définissent (étiquetage social).
Exemple. Une jeune femme peut se définir comme « étudiante en médecine » (identité pour soi), mais être étiquetée par certains comme « une femme dans un métier d'hommes » (identité pour autrui). Ces deux dimensions peuvent coexister ou entrer en tension.

L'identité sociale n'est pas figée : elle évolue tout au long de la vie en fonction des expériences et des appartenances sociales successives.

Astuce. Le sociologue Erving Goffman a montré que les individus « jouent un rôle » en société : ils adaptent leur présentation d'eux-mêmes selon le contexte (c'est la gestion des impressions). On ne se comporte pas de la même façon avec ses amis, en famille ou dans un entretien d'embauche.
6L'intégration sociale

L'intégration sociale désigne le processus par lequel un individu trouve sa place dans la société, participe à la vie collective et développe un sentiment d'appartenance.

Définition. L'intégration sociale est le processus par lequel un individu est reconnu comme membre à part entière d'une société, partage ses normes et valeurs, et participe à ses activités collectives.

Plusieurs facteurs favorisent l'intégration sociale :

  • L'emploi : source de revenus, de statut social et de liens sociaux.
  • La famille : réseau de solidarité et de soutien affectif.
  • L'école : lieu de socialisation et d'acquisition de qualifications reconnues.
  • La vie associative : participation à des projets collectifs, création de liens sociaux.

À l'inverse, certaines situations fragilisent l'intégration sociale : le chômage, la précarité, l'isolement, la discrimination, l'exclusion scolaire…

Attention ! Ne pas confondre intégration et assimilation : l'intégration respecte les particularités culturelles de chaque individu, tandis que l'assimilation implique l'abandon de son identité d'origine pour adopter totalement celle de la société d'accueil.
7Les inégalités sociales et la stratification

L'inscription dans la société n'est pas identique pour tous les individus : les inégalités sociales et la stratification sociale jouent un rôle majeur.

Définition — Inégalité sociale. Une inégalité sociale est une différence durable entre individus ou groupes sociaux dans l'accès aux ressources (revenus, éducation, santé, pouvoir…), qui avantage les uns et désavantage les autres.
Définition — Stratification sociale. La stratification sociale désigne la division de la société en couches (ou strates) hiérarchisées selon des critères économiques, sociaux ou culturels.

On peut analyser la stratification à travers plusieurs approches :

  • Les classes sociales (Marx, Weber, Bourdieu) : groupes définis par leur position économique et leurs intérêts communs.
  • La nomenclature PCS (Professions et Catégories Socioprofessionnelles) : outil statistique de l'INSEE qui classe la population en 8 grandes catégories (agriculteurs, artisans-commerçants, cadres, professions intermédiaires, employés, ouvriers, retraités, inactifs).
Exemple. En France, selon l'INSEE, les 10 % des ménages les plus aisés gagnent environ 4 fois plus que les 10 % les plus modestes. Ces inégalités de revenus se cumulent souvent avec des inégalités d'espérance de vie, d'accès à l'éducation et à la santé.
Astuce. Retiens bien la distinction entre inégalité (différence hiérarchisée, avantage/désavantage) et différence (distinction sans hiérarchie de valeur). Porter la main gauche ou la main droite est une différence ; avoir plus ou moins de revenus est une inégalité.
À retenir
En bref :
• La socialisation est le processus d'acquisition des normes et valeurs sociales : primaire (enfance, famille) et secondaire (vie adulte, école, pairs…).
• Les principales instances de socialisation sont : famille, école, groupe de pairs, médias, associations.
• Les normes (règles de conduite) traduisent concrètement les valeurs (principes abstraits).
• Le contrôle social (formel ou informel) veille au respect des normes via des sanctions positives ou négatives.
• L'identité sociale résulte de la combinaison de l'identité pour soi et de l'identité pour autrui.
• L'intégration sociale dépend de l'emploi, de la famille, de l'école et de la vie associative.
• Les inégalités sociales et la stratification (classes sociales, PCS) structurent l'inscription des individus dans la société.
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