Commerce international, libre-échange, protectionnisme et FMN — programme de Spécialité SES 1re (lycée général)
Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.
| Pays | PIB (Mds $) | Export (Mds $) | Import (Mds $) |
|---|---|---|---|
| Belgique | 590 | 510 | 500 |
| France | 2 800 | 620 | 770 |
| États-Unis | 25 000 | 2 100 | 3 200 |
| Chine | 18 000 | 3 600 | 2 700 |
| Pays | Textiles (unités) | Logiciels (licences) |
|---|---|---|
| Pays A | 20 | 10 |
| Pays B | 12 | 8 |
Exercice 1 — Analyse de document statistique
Corrigé :
1. Taux d'ouverture France = (620 + 770) / (2 × 2 800) × 100 = 1 390 / 5 600 × 100 ≈ 24,8 %.
2. Solde commercial Chine = 3 600 – 2 700 = +900 Mds $ → excédentaire.
3. Taux d'ouverture Belgique ≈ (510+500)/(2×590)×100 ≈ 85,6 %. Taux d'ouverture USA ≈ (2100+3200)/(2×25000)×100 ≈ 10,6 %. La Belgique est un petit pays très intégré dans les CVG européennes et son marché intérieur est limité. Les États-Unis ont un grand marché intérieur qui réduit leur dépendance aux échanges extérieurs et disposent d'une grande diversité de ressources.
Exercice 2 — Avantage comparatif et gains à l'échange
Corrigé :
1. Pays A produit 20 textiles > 12 (B) et 10 logiciels > 8 (B) → A détient l'avantage absolu dans les deux biens.
2. Coût d'opportunité d'une licence logicielle :
— Pays A : pour produire 10 logiciels, on renonce à 20 textiles → 1 logiciel coûte 20/10 = 2 textiles.
— Pays B : 1 logiciel coûte 12/8 = 1,5 textiles.
3. B a le coût d'opportunité le plus faible pour les logiciels (1,5 < 2) → B a l'avantage comparatif dans les logiciels. Par symétrie, le coût d'opportunité d'un textile est 1/2 = 0,5 logiciel pour A et 1/1,5 ≈ 0,67 logiciel pour B → A a l'avantage comparatif dans les textiles. Conclusion : A se spécialise dans les textiles, B dans les logiciels, et les deux pays gagnent à l'échange (résultat ricardien).
Exercice 3 — Les firmes multinationales et les chaînes de valeur mondiales
Corrigé :
1. Une FMN est une entreprise qui possède ou contrôle des filiales dans au moins deux pays. Elle se distingue d'une simple exportatrice car elle ne se contente pas de vendre à l'étranger : elle produit à l'étranger, réalisant des IDE (prise de participation ≥ 10 %). Elle coordonne ses activités à l'échelle mondiale (R&D, production, distribution réparties selon les avantages de chaque pays).
2. Une CVG est l'ensemble des étapes de la production d'un bien réparties dans différents pays. Exemple : l'iPhone — conçu aux États-Unis (Apple, Cupertino), les puces conçues en Grande-Bretagne (ARM), fabriquées à Taiwan (TSMC), les écrans produits en Corée du Sud (Samsung), l'ensemble assemblé en Chine (Foxconn), puis distribué mondialement. Chaque pays intervient à l'étape pour laquelle il a un avantage comparatif.
Exercice 4 — Libre-échange, protectionnisme et régulation internationale
Corrigé :
1. Les États-Unis ont imposé des droits de douane (barrières tarifaires) sur l'acier et l'aluminium. Ces taxes renchérissent les importations, protègent les producteurs américains de la concurrence étrangère et peuvent générer des recettes fiscales pour l'État.
2. La réaction de l'UE est appelée mesure de rétorsion ou de riposte commerciale. Cette dynamique est dangereuse car elle risque de déclencher une guerre commerciale : chaque partie prend des représailles, ce qui réduit les échanges mondiaux, affecte les consommateurs (hausses de prix) et nuit à la croissance globale. Les entreprises des deux côtés souffrent (ex. Harley-Davidson a envisagé de délocaliser sa production pour contourner les taxes européennes).
3. L'OMC joue le rôle d'arbitre : via son organe de règlement des différends (ORD), elle examine si les mesures respectent les règles commerciales internationales. Elle peut autoriser des sanctions si les mesures sont jugées contraires aux engagements pris par les membres. Toutefois, son efficacité est limitée si les grandes puissances refusent de se plier à ses décisions.
Exercice 5 — Dissertation courte : les effets de la mondialisation sur les inégalités
Corrigé :
I. La mondialisation réduit certaines inégalités
— Convergence des pays émergents : la Chine, grâce aux exportations industrielles et aux IDE, a sorti 800 millions de personnes de la pauvreté depuis 1980. L'indice de Gini mondial (entre pays) a baissé.
— Diffusion technologique : les IDE permettent aux pays en développement d'accéder à des technologies avancées et à des savoir-faire.
— Baisse des prix à la consommation : la concurrence internationale réduit le coût de nombreux biens de consommation, bénéficiant aux ménages à revenus modestes dans les pays développés.
II. La mondialisation génère ou accentue d'autres inégalités
— Inégalités intra-nationales dans les pays développés : l'effet Stolper-Samuelson prédit une pression à la baisse sur les salaires des travailleurs peu qualifiés en concurrence directe avec les pays à bas salaires (désindustrialisation en France).
— Inégalités entre pays en développement : tous ne bénéficient pas également de la mondialisation (Afrique subsaharienne moins intégrée dans les CVG).
— Effets négatifs des FMN : évasion fiscale, captation de la valeur par les actionnaires des FMN (pays riches) au détriment des travailleurs des pays hôtes.
Conclusion : La mondialisation est ambivalente : elle réduit les inégalités entre nations mais peut les creuser à l'intérieur de chaque pays, justifiant des politiques de redistribution et de régulation.
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