Fondements, institutions et enjeux de la solidarité organisée par l'État (programme de 1re — thème La société)
Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.
| Branche | Risque couvert | Exemple de prestation |
|---|---|---|
| Maladie | … | … |
| Retraite | … | … |
| Famille | … | … |
Exercice 1 — Définitions et distinctions fondamentales
Corrigé :
1. L'État social (ou Welfare State) est un État qui, au-delà de ses fonctions régaliennes (défense, justice, police), organise et finance la protection des citoyens contre les risques sociaux. L'État gendarme, lui, se limite aux fonctions régaliennes sans intervenir dans le domaine social.
2. L'assurance sociale est conditionnée à des cotisations préalables : on bénéficie des prestations parce qu'on a cotisé (ex. : pension de retraite, allocation chômage). L'assistance sociale est accordée sans condition de cotisation, en fonction de la situation de besoin (ex. : RSA, APA).
Exercice 2 — Les branches de la Sécurité sociale et leur financement
Corrigé :
Tableau :
• Maladie : risque maladie/invalidité → remboursement des soins (CPAM).
• Retraite : vieillesse → pension de retraite (CNAV).
• Famille : charges familiales → allocations familiales (CAF).
Logiques : Le modèle bismarckien finance les prestations par des cotisations sur les salaires (droits liés au travail). Le modèle beveridgien finance par l'impôt et ouvre les droits à tous les résidents. La France est hybride car elle combine cotisations (héritage bismarckien) et CSG, impôt universel sur tous les revenus (logique beveridgienne).
Exercice 3 — Solidarité horizontale et solidarité verticale
Corrigé :
Définitions :
• Solidarité horizontale : transferts entre individus d'un même groupe, mutualisant un risque (ex. : bien-portants pour malades). Pas de redistribution de richesse en soi.
• Solidarité verticale : redistribution des revenus des plus aisés vers les plus modestes, réduisant les inégalités.
Application :
a) L'assurance maladie universelle : solidarité horizontale — les bien-portants cotisent pour couvrir les malades.
b) Le RSA : solidarité verticale — prestation ciblée sur les personnes sans ressources, financée par l'impôt.
c) La retraite par répartition : solidarité horizontale (intergénérationnelle) — les actifs financent les retraités actuels.
Exercice 4 — Analyse d'un enjeu contemporain
Corrigé (éléments attendus) :
Introduction : La France consacre environ 32 % de son PIB à la protection sociale. Assurer son financement durable est un défi central.
Argument 1 — Vieillissement démographique : L'allongement de la vie et la baisse de natalité alourdissent les dépenses (retraites, santé, dépendance) tandis que la base des cotisants actifs se réduit. Cela crée un déséquilibre entre recettes et dépenses ('trou de la Sécu', réforme des retraites 2023).
Argument 2 — Nouveaux risques et évolutions économiques : La précarité, l'ubérisation (travailleurs de plateformes peu couverts), le chômage structurel et les nouvelles dépendances (numérique) créent des besoins que le système conçu pour le plein emploi salarial ne couvre pas bien. Cela pose la question d'une réforme structurelle des modes de financement (élargissement de l'assiette de cotisation, fiscalisation accrue).
Conclusion : Le financement de l'État social engage des valeurs (solidarité, égalité) et des choix politiques (universalité vs. ciblage, cotisations vs. impôt). Il est au cœur du débat démocratique.
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