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Spécialité SVT · Classe de Terminale

Les enregistrements géologiques du climat passé

Carottes de glace, sédiments marins et rapports isotopiques : lire l'histoire climatique de la Terre (programme de Spécialité SVT Terminale)

À propos de cette page
Ces exercices corrigés sur « Les enregistrements géologiques du climat passé » en terminale permettent de s'entraîner et de vérifier ses acquis en spécialité svt. Ils suivent le programme officiel de terminale et sont classés par difficulté (facile, moyen, difficile). Au programme : La nécessité de reconstituer les paléoclimats, Les carottes de glace : archives atmosphériques, Les isotopes de l'eau : le δ18O et le δD comme thermomètres, Les sédiments marins et les foraminifères. Écris ta réponse puis clique sur « Vérifier » : la correction est immédiate et tolère majuscules, espaces et ponctuation. Cet entraînement aide à mémoriser les méthodes, repérer ses erreurs et gagner en confiance avant un contrôle. Exercices gratuits proposés par un professeur particulier à Marseille pour réviser spécialité svt en terminale.

Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.

Exercice 1 — Associer chaque archive à l'information climatique qu'elle livre

Pour chaque archive géologique proposée, précisez le proxy mesuré et la variable paléoclimatique reconstituée, en justifiant brièvement le lien.

  1. Une bulle de gaz piégée dans la glace d'une carotte antarctique.
  2. La coquille calcaire d'un foraminifère benthique extrait d'un sédiment marin profond.
  3. Un cordon de moraine frontale repéré dans une vallée alpine.
  4. Une terrasse marine fossile aujourd'hui perchée à plusieurs mètres au-dessus du niveau actuel de la mer.
  5. Une stalagmite de calcite échantillonnée couche par couche dans une grotte.
Méthode : on identifie pour chaque archive (1) ce qui est physiquement mesuré (le proxy), puis (2) la variable climatique à laquelle ce proxy est calibré, et on justifie le lien causal.

1. Bulle de gaz. Proxy = composition de l'air ancien emprisonné (CO₂, CH₄, N₂O). Variable reconstituée = teneur atmosphérique passée en gaz à effet de serre. La bulle isole un échantillon direct de paléo-atmosphère : ce n'est pas un indicateur indirect mais une mesure quasi directe.
2. Coquille de foraminifère. Proxy = δ18O du test calcaire (et éventuellement les assemblages d'espèces). Variable = température de l'eau combinée au volume des glaces continentales. Le rapport isotopique incorporé lors de la biominéralisation dépend de ces deux paramètres, qu'il faut savoir distinguer.
3. Moraine frontale. Proxy = position géographique de l'extension maximale du glacier. Variable = paléo-température/avancée glaciaire régionale. La moraine marque la limite atteinte par la glace : sa position basse dans la vallée signale un climat plus froid qu'aujourd'hui.
4. Terrasse marine fossile. Proxy = altitude et âge du paléorivage. Variable = niveau marin ancien, donc volume des glaces (eustatisme). Un rivage perché signale une période de plus haut niveau marin, associée à un volume de glace plus faible.
5. Stalagmite (spéléothème). Proxy = δ18O et δ13C de la calcite, épaisseur des couches. Variable = température et pluviométrie continentales (jusqu'à ~500 000 ans). La calcite précipite à partir des eaux d'infiltration dont la signature isotopique dépend du climat de surface.

Exercice 2 — Vrai ou faux justifié sur les proxies climatiques

Indiquez si chaque affirmation est vraie ou fausse et justifiez systématiquement par une notion précise du cours.

  1. « Un proxy paléoclimatique est une mesure directe de la température du passé. »
  2. « Dans une carotte de glace polaire, plus le δ18O est négatif, plus la période était chaude. »
  3. « Le δ18O d'un foraminifère ne dépend que de la température de l'eau de mer. »
  4. « L'air contenu dans une bulle de glace a exactement le même âge que la glace qui l'entoure. »
  5. « Le réchauffement climatique actuel est de même nature et de même vitesse qu'une transition glaciaire-interglaciaire naturelle. »
Méthode : on traque les formulations exclusives (« ne dépend que de », « exactement », « même nature ») et les inversions de sens, presque toujours fausses en paléoclimatologie.

1. Faux. Un proxy est un indicateur indirect : une grandeur physico-chimique ou biologique calibrée sur une variable climatique, jamais une mesure directe de la température passée. C'est par calibration (sur le présent) qu'on remonte à la température.
2. Faux. C'est l'inverse : un δ18O plus négatif (plus appauvri en ¹⁸O) correspond à une période plus froide, car les masses d'air refroidies perdent leurs molécules lourdes avant d'atteindre les pôles. Moins négatif = plus chaud.
3. Faux. Le δ18O des foraminifères intègre deux signaux : la température de l'eau ET le volume des glaces (qui enrichit l'eau de mer en ¹⁸O). C'est précisément ce qui en fait un proxy complexe à interpréter.
4. Faux. L'air est plus jeune que la glace encaissante : les bulles ne se referment qu'à plusieurs dizaines de mètres de profondeur, lors de la firnification. Ce décalage (jusqu'à quelques milliers d'années) doit être corrigé.
5. Faux. Le réchauffement actuel est d'origine anthropique et se déroule à une vitesse 10 à 100 fois supérieure aux transitions naturelles. Le CO₂ dépasse 420 ppm, soit ~50 % au-dessus du maximum naturel des 800 000 dernières années.

Exercice 3 — Calculs autour des isotopes et du niveau marin

À partir des données fournies, effectuez chaque calcul en détaillant les étapes et en interprétant le résultat.

  1. Dans une carotte du Groenland, le δ18O passe de −35 ‰ (actuel) à −42 ‰ au dernier maximum glaciaire. Sachant que la relation est d'environ 0,7 ‰ par °C, estimez l'écart de température correspondant.
  2. Calculez le pourcentage d'augmentation de la concentration en CO₂ entre l'interglaciaire naturel (280 ppm) et la valeur actuelle (420 ppm).
  3. Une carotte EPICA de 3 270 m couvre 800 000 ans. En supposant un taux d'accumulation moyen constant, calculez l'épaisseur de glace moyenne déposée par siècle.
  4. Pendant une glaciation, le niveau marin baisse de 120 m. Si l'océan a une surface d'environ 3,6 × 10⁸ km², estimez l'ordre de grandeur du volume d'eau stocké dans les calottes (en km³).
Méthode : on pose chaque relation proportionnelle, on applique les valeurs, puis on contrôle l'ordre de grandeur et le sens physique du résultat.

1. Variation de δ18O = −42 − (−35) = −7 ‰. Écart de température = 7 / 0,7 = 10 °C. La période glaciaire était donc environ 10 °C plus froide localement au Groenland (les variations polaires sont amplifiées par rapport à la moyenne globale).
2. (420 − 280) / 280 × 100 = 140 / 280 × 100 = 50 %. La concentration actuelle dépasse de moitié le maximum naturel des 800 000 dernières années.
3. 3 270 m = 3 270 000 mm pour 800 000 ans, soit 800 000 / 100 = 8 000 siècles. Épaisseur moyenne par siècle = 3 270 000 / 8 000 ≈ 409 mm/siècle, soit environ 4 mm/an (ordre de grandeur cohérent pour un site polaire à faible accumulation ; en réalité la glace ancienne est très comprimée).
4. Volume ≈ surface × hauteur = 3,6 × 10⁸ km² × 0,120 km = 4,32 × 10⁷ km³, soit de l'ordre de 4 × 10⁷ km³ d'eau. Ce volume colossal, stocké sous forme de glace continentale, illustre l'ampleur des grandes calottes glaciaires (Laurentide, Fennoscandie).

Exercice 4 — Analyser la covariation CO₂–température dans une carotte de glace

Exploitez le document puis répondez aux questions en mobilisant les notions de proxy, de forçage et de rétroaction.

  1. Décrivez la relation entre la courbe de CO₂ et la courbe d'anomalie de température sur l'ensemble de la période.
  2. Précisez quel proxy fournit la température et quel proxy fournit le CO₂, puis justifiez pourquoi un décalage temporel doit être pris en compte entre ces deux courbes.
  3. À la sortie de la dernière glaciation, la température remonte avant le CO₂. Que peut-on en déduire sur le rôle respectif du forçage initial et du CO₂ ?
  4. Expliquez par quel mécanisme de rétroaction la hausse du CO₂ amplifie ensuite le réchauffement amorcé.
Méthode : on décrit d'abord les données chiffrées (sans interpréter), puis on identifie les proxies, et enfin on raisonne sur la chronologie pour distinguer cause (forçage) et amplification (rétroaction).

1. Les deux courbes varient de façon couplée et de même sens : elles atteignent leur minimum vers −20 000 ans (CO₂ ≈ 185 ppm, anomalie ≈ −8 °C, période glaciaire) et leur maximum en interglaciaire (CO₂ ≈ 280 ppm, anomalie ≈ 0 à +1 °C). Forte corrélation positive CO₂–température.
2. La température est reconstituée par le δD de la glace ; le CO₂ est mesuré dans les bulles de gaz. Un décalage doit être pris en compte car le gaz, piégé lors de la firnification, est plus jeune que la glace qui l'entoure (jusqu'à quelques milliers d'années) : comparer directement les deux profondeurs sans correction fausserait la chronologie.
3. Puisque la température commence à remonter avant le CO₂, ce n'est pas le CO₂ qui déclenche la déglaciation : c'est un forçage orbital (insolation estivale, cycles de Milanković) qui amorce le réchauffement. Le CO₂ suit, il joue le rôle d'amplificateur et non de cause initiale.
4. Le réchauffement initial réduit la solubilité du CO₂ dans l'océan, qui en relâche vers l'atmosphère ; la hausse du CO₂ renforce l'effet de serre, ce qui accentue le réchauffement, libérant encore plus de CO₂ : c'est une rétroaction positive CO₂ qui amplifie le signal amorcé par le forçage orbital.

Exercice 5 — Identifier les périodicités d'un signal paléoclimatique

Exploitez le tableau de périodicités relevées dans des séries de δ18O de sédiments marins pour relier chaque signal à un paramètre orbital.

  1. Reliez chacune des trois périodicités (≈ 23 000, ≈ 41 000, ≈ 100 000 ans) au paramètre orbital de Milanković correspondant.
  2. Nommez la transition qui marque le passage d'une périodicité dominante de ~41 000 ans à ~100 000 ans, et situez-la dans le temps.
  3. Le fait de retrouver simultanément les trois périodicités dans le signal sédimentaire constitue un argument fort en faveur de la théorie de Milanković. Expliquez pourquoi.
  4. Précisez quelle grandeur, plutôt que l'insolation totale, est considérée comme le véritable déclencheur des glaciations, et pourquoi.
Méthode : on mémorise le triplet excentricité ~100 ka / obliquité ~41 ka / précession ~23 ka, puis on relie l'observation des mêmes périodicités dans les archives à une démonstration de causalité.

1. ≈ 100 000 ans → excentricité (forme de l'orbite) ; ≈ 41 000 ans → obliquité (inclinaison de l'axe entre 22,1° et 24,5°) ; ≈ 23 000 ans → précession des équinoxes.
2. Il s'agit de la Mid-Pleistocene Transition (MPT), située entre environ 1,2 et 0,7 Ma : les cycles dominés par l'obliquité (41 ka) laissent place à des cycles de ~100 ka, plus amples (glaciations plus longues et intenses).
3. Retrouver dans un enregistrement indépendant (le δ18O des foraminifères) exactement les périodicités prédites par les calculs astronomiques de Milanković établit une concordance entre cause calculée et effet observé. C'est la confirmation apportée dès les années 1970 (étude SPECMAP) : le forçage orbital module bien l'insolation et donc le climat.
4. Le déclencheur est l'insolation estivale aux hautes latitudes nord (~65°N), là où se forment les grandes calottes. Quand cette insolation estivale est faible, la neige ne fond pas l'été, s'accumule d'année en année et les glaciers croissent (renforcés par la rétroaction albédo). C'est la persistance estivale de la neige, et non l'énergie totale reçue sur l'année, qui pilote l'entrée en glaciation.

Exercice 6 — Croiser les proxies : reconstituer le dernier maximum glaciaire

À partir des indices fournis par différentes archives, justifiez l'intérêt de la méthode multi-proxy et reconstituez un tableau cohérent du climat passé.

  1. Pour chaque archive, indiquez la variable climatique qu'elle documente (température, niveau marin, végétation, CO₂…).
  2. Montrez que les différents indices convergent vers une même conclusion d'ensemble sur le climat de cette période.
  3. L'un de ces proxies, le δ18O des foraminifères, est ambigu car il dépend de deux facteurs. Expliquez en quoi le croisement avec les autres archives permet de lever cette ambiguïté.
  4. Rédigez en deux ou trois phrases la synthèse paléoclimatique de cette période obtenue par la méthode multi-proxy.
Méthode : on attribue à chaque archive sa variable propre, on vérifie que tous les indices pointent dans le même sens, puis on explique la valeur ajoutée du croisement (multi-proxy) avant de synthétiser.

1. Carotte de glace → température polaire (δ18O) + teneur en CO₂ (bulles) ; foraminifères → température des eaux de surface ; pollens → végétation et température continentales ; moraines → extension glaciaire/température régionale ; terrasses marines → niveau marin, donc volume des glaces.
2. Tous les indices convergent vers un climat nettement plus froid qu'aujourd'hui : δ18O très négatif et CO₂ bas (glaciaire), foraminifères de mer froide, végétation steppique (froide et sèche), glacier alpin très étendu, niveau marin bas (eau stockée dans les calottes). La cohérence des signaux indépendants renforce la fiabilité de la reconstitution.
3. Le δ18O des foraminifères dépend à la fois de la température de l'eau et du volume des glaces, et ne permet pas seul de séparer les deux. Mais ici, les terrasses marines (−120 m) attestent indépendamment d'un fort volume de glace, et les pollens/moraines attestent indépendamment du froid : on peut donc démêler les deux contributions. C'est tout l'intérêt du multi-proxy, qui lève les ambiguïtés propres à chaque indicateur.
4. Synthèse : il y a ~21 000 ans, lors du dernier maximum glaciaire, le climat était environ 4 à 7 °C plus froid en moyenne globale, le CO₂ atmosphérique tombait à ~180 ppm, d'immenses calottes abaissaient le niveau marin d'environ 120 m, et la végétation européenne était de type steppique. Cette image cohérente résulte de la convergence de proxies issus d'archives très différentes.
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