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Spécialité SVT · Classe de Terminale

Dynamique des écosystèmes et biodiversité

Perturbations, successions écologiques et réponses biologiques — programme de Terminale Spé SVT

À propos de cette page
Cette évaluation sur « Dynamique des écosystèmes et biodiversité » en terminale permet de faire le point sur ses connaissances en spécialité svt, comme lors d'un véritable contrôle. Elle suit le programme officiel de terminale et propose plusieurs exercices notés sur 20, avec un corrigé détaillé. Au programme : L'écosystème : rappels et organisation, Les perturbations des écosystèmes, Les successions écologiques, La résilience des écosystèmes. Travaille seul, chronomètre-toi, puis compare tes réponses au corrigé pour identifier les points à revoir. Parfait pour mesurer ses progrès et réviser efficacement. Évaluation gratuite conçue par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale en spécialité svt.
Évaluation finale · Niveau difficile · Durée 60 min · Noté sur 20
60:00

Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.

Exercice 1 — Restitution organisée de connaissances : biodiversité et stabilité des écosystèmes

/ 6 pts

Rédigez un développement structuré (introduction, parties, conclusion) répondant à la question posée.

  1. À partir de vos connaissances, montrez comment la biodiversité d'un écosystème contribue à sa stabilité face aux perturbations, et expliquez les conséquences de son érosion. Un schéma reliant diversité, redondance fonctionnelle et résilience est attendu.

Exercice 2 — Raisonnement scientifique : restauration d'une rivière par réintroduction

/ 5 pts

Exploitez les documents pour construire un raisonnement rigoureux étayé par les données.

  1. Document 1 — Dans un parc, le castor avait disparu au début du XXe siècle. Sans lui, les berges d'une rivière s'étaient érodées, le cours d'eau s'était creusé et asséché en été, et la richesse spécifique des plantes de berge et des amphibiens y était faible. Document 2 — Après réintroduction du castor, ses barrages ont créé des zones humides permanentes, ralenti le courant et rehaussé la nappe. Un suivi sur 10 ans montre : nombre d'espèces de plantes de berge passé de 22 à 48, nombre d'espèces d'amphibiens passé de 3 à 11, retour de plusieurs espèces d'oiseaux d'eau.
  2. 1. À partir des documents, expliquez en quoi le castor se comporte comme une espèce clé de voûte.
  3. 2. Décrivez, chiffres à l'appui, l'effet de la réintroduction sur la biodiversité.
  4. 3. Reliez l'action du castor au rétablissement de services écosystémiques en nommant les services concernés.
  5. 4. Cette opération est-elle un exemple de restauration écologique ? Justifiez à l'aide des notions du cours.

Exercice 3 — Raisonnement scientifique : perturbation intermédiaire dans un récif

/ 5 pts

Analysez les documents pour expliquer une relation entre perturbation et biodiversité.

  1. Document 1 — Sur un récif corallien, on a mesuré le nombre d'espèces de coraux en fonction de la fréquence des tempêtes qui brisent localement les colonies. Résultats : tempêtes rares (1 tous les 20 ans) → 12 espèces ; tempêtes fréquentes intermédiaires (1 tous les 5 ans) → 31 espèces ; tempêtes très fréquentes (1 par an) → 8 espèces. Document 2 — Les coraux à croissance rapide (pionniers) recolonisent vite les zones brisées mais sont peu compétitifs à long terme ; les coraux à croissance lente finissent par exclure les autres en l'absence de perturbation.
  2. 1. Décrivez la relation observée entre la fréquence des tempêtes et le nombre d'espèces de coraux.
  3. 2. Expliquez, à l'aide du document 2, pourquoi une perturbation trop rare appauvrit la communauté.
  4. 3. Expliquez pourquoi une perturbation trop fréquente appauvrit aussi la communauté.
  5. 4. Nommez la théorie qui rend compte de ces résultats et formulez la conclusion générale qu'elle permet.

Exercice 4 — Mobilisation de connaissances : conservation et One Health

/ 4 pts

Mobilisez vos connaissances pour répondre de façon argumentée.

  1. 1. Distinguez la conservation in situ et la conservation ex situ, en donnant un exemple de chacune.
  2. 2. Expliquez en quoi un corridor biologique complète l'efficacité d'une aire protégée.
  3. 3. À l'aide de l'approche One Health, expliquez en quoi la destruction des écosystèmes peut menacer la santé humaine.
Corrigé détaillé

Exercice 1 — Restitution organisée de connaissances : biodiversité et stabilité des écosystèmes
Corrigé — barème indicatif : introduction et plan 1 pt, lien diversité/résistance/résilience 2,5 pts, conséquences de l'érosion 1,5 pt, schéma 1 pt.

Introduction : la biodiversité désigne la variété du vivant aux niveaux génétique, spécifique et écosystémique. Au-delà de sa valeur patrimoniale, elle joue un rôle fonctionnel : elle conditionne la capacité d'un écosystème à encaisser et surmonter les perturbations. On montre d'abord comment elle assure la stabilité, puis ce qu'entraîne sa disparition.

1. La diversité, moteur de stabilité. Une forte richesse spécifique s'accompagne d'une redondance fonctionnelle : plusieurs espèces remplissent la même fonction écologique. Lorsqu'une perturbation élimine une espèce, une autre prend le relais, ce qui limite le changement d'état (résistance) et accélère le retour à l'équilibre (résilience). Les expériences de type BEF (Biodiversity-Ecosystem Functioning) le confirment : les prairies les plus diversifiées maintiennent une productivité plus stable dans le temps et résistent mieux aux invasions et aux sécheresses, grâce à la complémentarité des niches.

2. Le rôle des perturbations. Des perturbations d'intensité intermédiaire (théorie de Connell) entretiennent même la diversité en empêchant la dominance d'une seule espèce. Mais au-delà d'un seuil critique (point de bascule), l'écosystème peut basculer vers un autre état stable difficilement réversible (eutrophisation, désertification).

3. Les conséquences de l'érosion. L'érosion de la biodiversité (causes HIPPO) réduit la redondance fonctionnelle : l'écosystème devient moins résistant et moins résilient, plus vulnérable aux perturbations et aux invasions. La perte d'espèces clés de voûte peut provoquer un effondrement en cascade. À terme, les services écosystémiques (régulation du climat, pollinisation, ressources) sont compromis.

Conclusion : la biodiversité n'est pas un simple inventaire d'espèces mais le socle de la stabilité des écosystèmes ; sa préservation est donc indissociable du maintien des fonctions et des services dont dépendent les sociétés humaines.

Schéma attendu : Forte biodiversité → redondance fonctionnelle → [résistance : peu de changement sous perturbation] + [résilience : retour rapide à l'équilibre] → stabilité et maintien des services. En miroir : érosion de la biodiversité → perte de redondance → baisse de résistance/résilience → risque de point de bascule → effondrement des services.

Exercice 2 — Raisonnement scientifique : restauration d'une rivière par réintroduction
Corrigé — barème indicatif : Q1 1,5 pt, Q2 1 pt, Q3 1,5 pt, Q4 1 pt.

1. Le castor exerce, par ses barrages, un effet structurant sur tout l'écosystème (création de zones humides, remontée de la nappe, modification du cours d'eau) sans être abondant : son rôle est disproportionné par rapport à sa biomasse. Sa disparition avait dégradé l'écosystème, son retour le réorganise : c'est une espèce clé de voûte (espèce ingénieure de l'écosystème).

2. La biodiversité augmente nettement : les plantes de berge passent de 22 à 48 espèces (×2,2), les amphibiens de 3 à 11 espèces (×3,7), et plusieurs oiseaux d'eau reviennent. La richesse spécifique de plusieurs groupes est donc fortement restaurée.

3. En recréant des zones humides et en rehaussant la nappe, le castor rétablit des services de régulation : régulation du cycle de l'eau (stockage, soutien d'étiage en été, atténuation des crues), épuration de l'eau. Indirectement, il restaure aussi des services de soutien (habitats, cycle des nutriments) et des services culturels (paysage, observation de la faune).

4. Oui : la restauration écologique vise à réhabiliter un écosystème dégradé. Ici, la réintroduction d'une espèce clé relance des processus naturels (succession des communautés humides) qui reconstruisent un écosystème diversifié et fonctionnel, plutôt que d'agir directement sur chaque espèce. On exploite la dynamique écologique pour ramener l'écosystème vers un état stable et riche.

Exercice 3 — Raisonnement scientifique : perturbation intermédiaire dans un récif
Corrigé — barème indicatif : Q1 1 pt, Q2 1,5 pt, Q3 1,5 pt, Q4 1 pt.

1. La richesse spécifique varie de façon non monotone : faible quand les tempêtes sont rares (12 espèces), maximale pour une fréquence intermédiaire (31 espèces à 1 tempête tous les 5 ans), puis de nouveau faible quand les tempêtes sont très fréquentes (8 espèces). La courbe a une forme en cloche.

2. Quand les tempêtes sont rares, l'absence de perturbation laisse les coraux à croissance lente, plus compétitifs, exclure progressivement les espèces pionnières par exclusion compétitive. La communauté se réduit à quelques espèces dominantes, d'où une faible richesse.

3. Quand les tempêtes sont très fréquentes, seules les espèces pionnières à croissance rapide ont le temps de se réinstaller entre deux destructions ; les espèces à développement lent n'atteignent jamais la maturité. La communauté est bloquée à un stade pionnier pauvre, d'où une faible richesse.

4. Ces résultats illustrent la théorie des perturbations intermédiaires (Connell, 1978) : la biodiversité est maximale pour des perturbations de fréquence et d'intensité modérées, car elles empêchent à la fois l'exclusion compétitive et la domination des seules pionnières, permettant la coexistence d'un grand nombre d'espèces.

Exercice 4 — Mobilisation de connaissances : conservation et One Health
Corrigé — barème indicatif : Q1 1,5 pt, Q2 1,5 pt, Q3 1 pt.

1. La conservation in situ protège les espèces dans leur milieu naturel (ex. parc national, réserve naturelle, site Natura 2000) ; la conservation ex situ protège les espèces hors de leur milieu (ex. banque de semences du Svalbard, conservatoires botaniques, programmes d'élevage en zoo). L'in situ préserve les interactions et la dynamique évolutive, l'ex situ sert de secours et de réservoir génétique.

2. Une aire protégée isolée fonctionne comme une « île » : ses populations subissent dérive et risque d'extinction locale. Un corridor biologique relie plusieurs aires, rétablit les flux génétiques et la dispersion des espèces, permet la recolonisation après une perturbation locale et autorise le déplacement des espèces face au changement climatique. Il transforme des fragments isolés en réseau fonctionnel, augmentant la résilience de l'ensemble.

3. L'approche One Health (« Une seule santé ») reconnaît l'interdépendance des santés humaine, animale et des écosystèmes. La destruction des écosystèmes (déforestation, fragmentation) rapproche les humains des réservoirs animaux de pathogènes et favorise l'émergence de zoonoses (Covid-19, Ebola, grippe aviaire). Préserver la biodiversité et les milieux naturels constitue donc aussi une stratégie de prévention sanitaire.

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