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Ces exercices corrigés sur « Participation citoyenne et démocratie participative » en terminale permettent de s'entraîner et de vérifier ses acquis en spécialité hggsp. Ils suivent le programme officiel de terminale et sont classés par difficulté (facile, moyen, difficile). Au programme : Démocratie, citoyenneté, participation : définir les notions, Démocratie directe, représentative, participative : trois formes, Les fondements théoriques : de l'Antiquité à Rousseau et Tocqueville, Les outils de la participation citoyenne aujourd'hui. Écris ta réponse puis clique sur « Vérifier » : la correction est immédiate et tolère majuscules, espaces et ponctuation. Cet entraînement aide à mémoriser les méthodes, repérer ses erreurs et gagner en confiance avant un contrôle. Exercices gratuits proposés par un professeur particulier à Marseille pour réviser spécialité hggsp en terminale.
Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.
Exercice 1 — Définir les notions clés
Donnez une définition précise et nuancée de chacune des notions suivantes du thème.
- Démocratie participative
- Souveraineté populaire
- Référendum d'initiative partagée (RIP)
- Crise de la représentation
Méthode : une bonne définition donne le sens, ajoute une date ou un auteur de référence, et précise une nuance.
Démocratie participative : forme de démocratie qui complète la représentation par des dispositifs associant directement les citoyens à l'élaboration des décisions (budgets participatifs, conventions citoyennes, débats publics), sans supprimer les élus. Elle vise à réduire la défiance et à enrichir la décision.
Souveraineté populaire : principe selon lequel le pouvoir politique appartient au peuple, source de toute légitimité. Théorisé par Rousseau (Du contrat social, 1762), qui la juge inaliénable et l'exprime par la « volonté générale ».
Référendum d'initiative partagée (RIP) : procédure créée en 2008 (art. 11 de la Constitution) permettant d'organiser un référendum à l'initiative d'1/5 des parlementaires soutenus par 1/10 des électeurs inscrits. Aucune n'a abouti à un vote à ce jour, ce qui en montre les limites.
Crise de la représentation : sentiment, mesuré par la hausse de l'abstention et la défiance envers les élus, que la démocratie représentative associe mal les citoyens à la décision. Elle nourrit la demande de participation directe.
Exercice 2 — Replacer les repères chronologiques
Associez chaque date à l'expérience ou au dispositif de participation correspondant et expliquez sa portée en une phrase.
- Ve siècle av. J.-C.
- 1989
- 2008
- 2019-2020
Méthode : reliez chaque repère à un lieu, un acteur et un enjeu.
Ve siècle av. J.-C. : Athènes invente la démocratie directe (Clisthène, Périclès) ; les citoyens délibèrent à l'Ecclésia et exercent la magistrature par tirage au sort. Modèle fondateur de la participation, mais excluant femmes, métèques et esclaves.
1989 : Porto Alegre (Brésil) lance le premier budget participatif : les habitants décident d'une part du budget municipal. Modèle exporté dans le monde entier.
2008 : révision constitutionnelle créant en France le référendum d'initiative partagée (RIP), associant parlementaires et électeurs.
2019-2020 : Convention citoyenne pour le climat : 150 citoyens tirés au sort proposent 149 mesures, dont une partie est reprise dans la loi Climat et Résilience (2021). Symbole des promesses et des limites de la démocratie participative.
Exercice 3 — Identifier les auteurs et leurs apports
Pour chaque auteur, indiquez son ouvrage de référence et l'apport précis pour lequel il est cité au programme.
- Rousseau
- Montesquieu
- Tocqueville
- Périclès
Méthode : citez l'œuvre, la date et la thèse en une formule mémorisable.
Rousseau : Du contrat social (1762). Théorise la souveraineté populaire et la volonté générale ; souveraineté inaliénable, d'où sa méfiance envers la représentation (« le peuple anglais n'est libre que le jour des élections »).
Montesquieu : De l'esprit des lois (1748). Fonde la théorie de la séparation des pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire) comme garantie de la liberté ; pilier du régime représentatif libéral.
Tocqueville : De la démocratie en Amérique (1835-1840). Analyse la démocratie comme égalisation des conditions ; valorise les associations et la démocratie locale (la commune comme « école de la liberté »), mais redoute la « tyrannie de la majorité ».
Périclès : stratège athénien du Ve s. av. J.-C. ; incarne l'apogée de la démocratie directe athénienne, où la participation à la vie de la cité est un devoir civique (Oraison funèbre rapportée par Thucydide).
Exercice 4 — Comparer et raisonner sur les formes de démocratie
Répondez en quelques lignes argumentées à chacune des questions de réflexion suivantes.
- En quoi la démocratie participative se distingue-t-elle à la fois de la démocratie directe et de la démocratie représentative ?
- Pourquoi peut-on dire que l'abstention nourrit la demande de démocratie participative ?
- Quelles limites peut-on opposer à la démocratie participative ?
Méthode : annoncez la notion, illustrez par un exemple précis, concluez sur l'enjeu.
1. La démocratie directe fait voter les lois par le peuple sans intermédiaire (Athènes) ; la démocratie représentative confie la décision à des élus ; la démocratie participative est intermédiaire : elle associe les citoyens à l'élaboration des décisions entre les élections (budgets participatifs, conventions), sans remplacer les élus. Elle complète la représentation, sans la supprimer.
2. La hausse de l'abstention et la défiance traduisent un sentiment de mauvaise représentation. Pour réconcilier citoyens et institutions, on propose de les associer directement à la décision : la participation apparaît comme un remède à la crise de la représentation (revendication du RIC par les Gilets jaunes en 2018-2019).
3. Limites : biais de mobilisation (les participants sont souvent les plus diplômés et déjà engagés, donc peu représentatifs) ; dispositifs souvent consultatifs sans pouvoir réel ; risque de consultation « alibi » (Convention climat partiellement suivie) ; lenteur, coût, et concurrence avec la légitimité des élus.
Exercice 5 — Analyse de document — la critique rousseauiste de la représentation
Lisez ce texte de Rousseau, puis répondez aux questions d'analyse.
- Document : Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social, Livre III, chap. XV, 1762 (extrait adapté).
« La souveraineté ne peut être représentée, par la même raison qu'elle ne peut être aliénée ; elle consiste essentiellement dans la volonté générale, et la volonté ne se représente point. [...] Les députés du peuple ne sont donc ni ne peuvent être ses représentants, ils ne sont que ses commissaires ; ils ne peuvent rien conclure définitivement. Toute loi que le peuple en personne n'a pas ratifiée est nulle ; ce n'est point une loi. Le peuple anglais pense être libre ; il se trompe fort, il ne l'est que durant l'élection des membres du parlement : sitôt qu'ils sont élus, il est esclave, il n'est rien. »
- Présentez le document (auteur, nature, date, contexte) et dégagez son idée principale.
- Expliquez ce que Rousseau reproche à la démocratie représentative.
- En quoi ce texte éclaire-t-il les débats actuels sur la démocratie participative ? Apportez vos connaissances.
Méthode (analyse de document) : présenter, expliquer, puis ouvrir avec ses connaissances ; ne jamais paraphraser.
Présentation : texte de philosophie politique, extrait du Contrat social de Jean-Jacques Rousseau (1762), ouvrage fondateur de la pensée démocratique, écrit au siècle des Lumières. Idée principale : la souveraineté du peuple ne peut être déléguée, donc la représentation trahit la démocratie.
Critique de la représentation : pour Rousseau, la souveraineté « consiste dans la volonté générale » et « la volonté ne se représente point » : un député ne peut décider à la place du peuple, il n'est qu'un « commissaire ». Une loi non ratifiée par le peuple est « nulle ». La formule sur le « peuple anglais » libre « seulement le jour des élections » dénonce une liberté intermittente : entre deux scrutins, le citoyen serait « esclave ».
Ouverture : ce texte éclaire les débats contemporains. La revendication d'un RIC par les Gilets jaunes (2018-2019), le succès des budgets participatifs (Porto Alegre, Paris) et des conventions citoyennes (Climat 2019-2020) prolongent cette critique : il s'agit de redonner au peuple un pouvoir continu, au-delà du vote. La démocratie participative et l'idée de « démocratie continue » répondent ainsi à l'intuition rousseauiste, même si, en pratique, ces dispositifs restent le plus souvent consultatifs.
Exercice 6 — Démocratie participative : débat de synthèse
Construisez une réponse argumentée et nuancée à la question posée, en présentant les deux thèses.
- La démocratie participative peut-elle réconcilier les citoyens avec la démocratie ? Présentez les arguments favorables et les critiques, puis nuancez.
Méthode : thèse / antithèse / nuance, avec exemples datés.
Arguments favorables : la participation rapproche les citoyens de la décision et réduit la défiance ; elle apporte l'expertise et le vécu des habitants (Convention climat, 2019-2020) ; elle forme à la citoyenneté (la commune comme « école de la liberté » chez Tocqueville) ; elle légitime la décision publique (budget participatif de Porto Alegre, 1989, exporté dans le monde).
Critiques : la participation réelle est faible et biaisée (les participants sont souvent les plus diplômés et déjà engagés) ; beaucoup de dispositifs sont seulement consultatifs et peuvent servir d'« alibi » démocratique (sentiment que la Convention climat n'a été que partiellement suivie) ; le RIP (2008) n'a jamais abouti ; la participation peut entrer en concurrence avec la légitimité des élus.
Nuance : la démocratie participative ne remplace pas la démocratie représentative mais la complète. Bien encadrée et dotée d'effets réels (participation décisionnelle, non simplement consultative), elle peut atténuer la crise de la représentation ; mal conçue, elle risque de l'aggraver en décevant les attentes. L'enjeu est d'articuler représentation, participation et égalité d'accès.